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COMMUNIQUÉ DE PRESSE
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La production de minerai de fer a atteint un niveau record en 2011, confirmant la reprise amorcée après la récession de 2009
Selon une nouvelle étude, la production et le commerce mondiaux affichent des records mais l’incertitude qui pèse sur les prix et la baisse de la concentration des entreprises laissent entrevoir une conjoncture difficile pour les années à venir

UNCTAD/PRESS/PR/2012/028
Geneva, Suisse, (30 juillet 2012)

Un rapport de la CNUCED intitulé The Iron Ore Market 2011-2013 révèle que le marché mondial du minerai de fer a atteint en 2011 un record absolu de production de 1,92 milliard de tonnes, soit 4,7 % de plus qu’en 2010.

La version en ligne du rapport a été publiée en juin. Une version papier, publiée par le Fonds d’affectation spéciale de la CNUCED pour la publication d’informations sur le minerai de fer (UNCTAD/SUC/2012/2), est désormais disponible.

La production mondiale de minerai de fer a continué de croître à la faveur de la reprise progressive de l’industrie sidérurgique après la crise, les nouvelles capacités extractives opérationnelles depuis mai 2011 ayant livré 125 millions de tonnes. La production de cette matière première, indispensable à la fabrication de l’acier, s’est accrue dans la plupart des régions et des pays sauf en Europe (y compris dans les pays de la CEI), où elle est restée stable. Parmi les principaux fournisseurs, l’Australie a vu sa production augmenter de 12,7 %, le Brésil de 5,1 % et la Chine de 2,1 %. En Inde, la production est tombée selon les estimations à 196 millions de tonnes en 2011, soit une baisse de 7,5 %.

En 2011, le commerce international du minerai de fer a atteint un record de 1,115 milliard de tonnes grâce à l’accroissement des exportations pour la dixième année consécutive. Les pays en développement ont représenté 49,5 % du total, leurs exportations de minerai de fer ayant augmenté de 104,8 % depuis 2002.

La reprise mondiale de la fabrication d’acier brut depuis la crise financière est due essentiellement à la Chine, où la production a renoué avec la hausse en novembre 2008, et où la production mensuelle avait déjà retrouvé ses niveaux antérieurs en avril 2009. Par la suite, les importations chinoises de minerai de fer ont augmenté de 11 % en 2011 par rapport à 2010, s’établissant à 686,7 millions de tonnes, et le pays a absorbé 60,1 % des importations mondiales. La production d’acier dans les autres pays était également à la hausse mais n’avait pas encore regagné à la fin de 2011 les niveaux d'avant la crise. Au Japon, les importations de minerai ont chuté de 4,4 %, tombant à 128,4 millions de tonnes. Les importations de la République de Corée ont augmenté de 15,3 % pour atteindre 64,9 millions de tonnes. Celles de l’Europe (à l’exclusion des pays de la CEI) ont augmenté de 16,8 % en 2011, atteignant 156,4 millions de tonnes, soit légèrement plus de 13,7 % des importations mondiales.

D’après le rapport, les prix du minerai de fer ont continué à monter presque toute l’année 2011, étant donné que la demande chinoise se redressait et que les producteurs chinois de minerai ne parvenaient pas à y répondre. Vers la fin de 2011, toutefois, les prix ont fléchi en raison d’un ralentissement de la croissance chinoise et de l’assombrissement des perspectives économiques pour les pays européens. Au premier semestre 2012, les prix sont restés à peu près constants à un niveau qui, bien qu’élevé d’un point de vue historique, permet tout juste à la production à coût élevé, comme en Chine, d’être rentable.

Selon l’étude annuelle, étant donné que presque tous les producteurs de minerai et toutes les aciéries ont abandonné le système de prix de référence en vertu duquel les prix étaient fixés pour l’année, une confusion générale règne désormais sur le marché. Il existe trois indices de prix concurrents (Metal Bulletin, Platts et The Steel Index (TSI)),  d'autres prix étant publiés à titre officieux. L’incidence totale des nouveaux mécanismes de fixation des prix n’est pas encore claire mais le rapport estime que les nouveaux modèles ne vont probablement pas influer beaucoup sur le niveau des prix. L’étude prévoit toutefois que l’instabilité des prix sera plus grande que dans le système précédent, étant donné que les nouvelles pratiques en matière de fixation des prix varient considérablement et qu’il existe un grand nombre de prix et d’indices publiés, chacun portant sur un produit particulier.

Parallèlement, les possibilités d’opérations de couverture pour le minerai sont en progression. Le groupe CME, SGX (Singapore Exchange), London Clearing House (LCH Clearnet), NOS Group et ICEX (Indian Commodities Exchange) compensent tous des contrats d’échange (swaps) fondés sur des données du TSI concernant les transactions sur le minerai de fer. Malgré la croissance rapide de la gamme de dérivés commerciaux possibles, les sociétés d’extraction et les aciéries ont jusqu’à présent été assez lentes à utiliser des produits de couverture des risques, BHP Billiton étant semble-t-il le seul grand producteur à recourir au marché des swaps. En 2011, le volume des swaps sur le minerai de fer n’a pas dépassé 10 % du marché du disponible. Toutefois, à la lumière de l’évolution d’autres marchés, il est probable que des instruments modernes de gestion des risques liés au prix joueront un rôle grandissant sur le marché du minerai de fer.

D’après le rapport, les trois plus grosses sociétés productrices de minerai de fer, Vale, Rio Tinto et BHP Billiton (ces deux dernières ayant l’essentiel de leur production en Australie) assuraient ensemble 34,7 % de la production mondiale en 2011. La part de marché de ces trois géants a diminué légèrement puisqu’elle était de 35 % en 2010, et elle demeure plus faible que le record de 36,4 % atteint en 2005. Dans le commerce maritime total, la part des trois grandes sociétés est tombée de 60 % en 2009 à 58 % en 2010, puis à 57,3 % en 2011. Vale, dont le siège est au Brésil, reste le premier producteur mondial de minerai de fer avec 323 millions de tonnes en 2011, de nouveau un record historique. Malgré l’augmentation de la production de Vale, sa part de marché en 2011 était inférieure au pic de 18,8 % enregistré en 2007. La concentration des entreprises dans le secteur du minerai de fer à tous les niveaux, s’agissant de la plus grande, des trois plus grandes et des dix plus grandes, a diminué. Tous ces reculs de part de marché tiennent au fait que, dans de nombreux pays, de nouvelles installations de production sont mises en exploitation par des petites ou moyennes entreprises.

En mai 2012, on prévoyait que 796 millions de tonnes environ des nouvelles capacités de production seraient livrées entre 2012 et 2014. Sur ce total, quelque 270 millions de tonnes étaient «certaines», 220 millions de tonnes «probables» et 310 millions de tonnes «possibles». Environ 28 % de ces nouveaux projets sont situés en Océanie (Australie), 15 % en Amérique latine, 14 % en Afrique, 20 % en Europe, 10 % en Amérique du Nord et 12 % en Asie.

Si la relation entre la demande de minerai de fer et la production d’acier brut demeure inchangée, le minerai utilisé passerait, selon le rapport, de 1,92 milliard de tonnes en 2011 à 2 milliards environ en 2012 et à 2,08 millions en 2013. Par ailleurs, le marché mondial du minerai de fer sera caractérisé par des tensions pendant plusieurs années, encore que les prix vont baisser à mesure que l’offre s’adaptera progressivement à une augmentation continue de la demande grâce à la mise en œuvre de nouvelles capacités de production. Tout en baissant lentement à partir de 2013, les prix demeureront néanmoins à des niveaux qui doivent être considérés comme élevés d’un point de vue historique, avec un minimum d’environ 120 dollars par tonne livrée en Chine.

Le projet de Fonds d’affectation spéciale pour la publication d’informations sur le minerai de fer a été lancé en juin 1989 afin de poursuivre le travail de collecte et de diffusion d’informations sur le minerai de fer qui était assuré jusqu’alors par l’Association des pays exportateurs de minerai de fer. Le Fonds d’affectation spéciale est administré par le secrétariat de la CNUCED et financé par le revenu des ventes de ses publications et par des contributions des Gouvernements du Brésil, du Canada, des États-Unis d’Amérique et de la Suède.

Depuis 2002, les rapports du Fonds d’affectation spéciale sont élaborés par le secrétariat de la CNUCED en collaboration avec la société Raw Materials Group (Suède).

Pour obtenir des renseignements sur le Fonds d’affectation spéciale ou sur ses publications, s’adresser au Directeur de projet, M. Alexei Mojarov, tél.: + 41 22 917 5782, ou à Mme Amelie Zethelius Mermet, tél.: + 41 22 917 2664, télécopie: + 41 22 917 0509, CNUCED, Palais des Nations, CH-1211 Genève 10 (Suisse), courriel: ironore@unctad.org. Pour obtenir des renseignements sur la société Raw Materials Group, voir le site Web www.rmg.se.


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