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COMMUNIQUÉ DE PRESSE
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Quatre-vingts pour cent du commerce a lieu au sein de «chaînes de valeur» coordonnées par des sociétés transnationales, dit la CNUCED
La part du commerce en valeur ajoutée des pays en développement en rapide hausse

EMBARGO
Le contenu de ce communiqué et du présent Rapport ne doit pas être cité ni résumé par la presse écrite, la radio, la télévision et les médias électroniques avant le 27 février 2013, 18:00

UNCTAD/PRESS/PR/2013/001
Genève, Suisse, (26 février 2013)

Le commerce mondial se caractérise par la complexité et la sinuosité croissantes du parcours des biens et des services au fur et à mesure de leur élaboration, indique la CNUCED dans une nouvelle étude. Ces «chaînes de valeur mondiales» (CVM), coordonnées pour la majeure partie par les sociétés transnationales (STN) sont certes des voies d’accès aux marchés internationaux pour les pays pauvres mais, en même temps, elles rendent les statistiques commerciales peu lisibles pour les économistes.

Les liens toujours plus complexes entre l’investissement et le commerce, qui font que les matières premières extraites dans un pays peuvent être exportées vers un autre pour y être transformées, puis exportées à nouveau vers une usine située dans un troisième pays, qui, à son tour, exportera le produit final vers une quatrième destination, sont le thème de la nouvelle étude de la CNUCED intitulée: GVCs and Development: Investment and Value Added Trade in the Global Economy.

Dans cette étude publiée aujourd’hui, la CNUCED dit que les échanges au sein des chaînes de valeur coordonnées par les STN représentent 80 % des 20 000 milliards de dollars auxquels se monte le commerce mondial chaque année.

De plus, parce que les biens et les services circulent d’un pays à l’autre pour les besoins de la transformation, la valeur des échanges, qui est comptabilisée à chaque passage de frontière, est surévaluée de quelque 28 %, soit environ 5 000 milliards de dollars. Un exemple: la valeur d’exportation du minerai de cuivre extrait dans un pays est comptabilisée une première fois dans le produit intérieur brut (PIB) de ce pays, puis dans celui de chacun des pays où il passe pour les différentes phases de sa transformation jusqu’au produit final.

Les principales constatations de l’étude sont les suivantes:

 L’investissement et le commerce sont indissociablement mêlés dans les réseaux internationaux de production. Cela est particulièrement vrai s’agissant des STN qui réalisent des investissements productifs à travers le monde, gérant la circulation des intrants et des extrants au sein de chaînes de valeur internationales souvent très complexes. Ces chaînes (intragroupe ou intergroupes, régionales ou mondiales, couramment appelées «chaînes de valeur mondiales» ou «CVM») dont le fonctionnement est déterminé par les STN représentent environ 80 % du commerce mondial.

• Les CVM sont à l’origine du double comptage des flux commerciaux internationaux. Les nouvelles données montrent que 28 % environ des exportations brutes sont de la valeur ajoutée importée pour la production de biens ou de services destinés à l’exportation. Ainsi, en 2010, sur des exportations mondiales brutes s’élevant à un total de 19 000 milliards de dollars, 5 000 milliards de dollars étaient le résultat d’un double comptage.

• Les CVM sont très consommatrices de services. Si la part des services dans les exportations mondiales brutes n’est que de 20 % environ, près de la moitié (46 %) de la valeur ajoutée dans les exportations est constituée par les services qui entrent dans la production de la plupart des articles manufacturés exportés (services d’ingénierie, logiciels, services liés à la commercialisation). En fait, les réseaux mondiaux de production des STN sont largement axés sur la fourniture de services, plus de 60 % de l’investissement étranger direct (IED) étant orientés vers ce secteur. En comparaison, 26 % de ces investissements s’orientent vers le secteur manufacturier et 7 % vers le secteur primaire, ces chiffres étant assez similaires pour les pays développés et pour les pays en développement.

• La plupart des pays en développement, y compris les plus pauvres d’entre eux, participent de plus en plus aux CVM. La part des pays en développement dans le commerce mondial en valeur ajoutée est passée de 20 % en 1990 à 30 % en 2000, pour s’établir à plus de 40 % aujourd’hui. Là encore, les STN jouent un rôle décisif, étant donné que les pays accueillant le plus d’IED par rapport à la taille de leur économie ont tendance à afficher une plus forte participation à ces chaînes et à dégager relativement plus de valeur ajoutée intérieure du commerce.

• Dans les pays en développement, les liens établis avec les CVM peuvent fortement contribuer à la croissance économique. La valeur ajoutée intérieure − capacité accrue d’un pays de produire une gamme plus étendue de biens et des biens plus complexes − créée par le commerce lié aux chaînes de valeur mondiales peut être très importante rapportée à la taille de l’économie locale. Dans les pays en développement, le commerce en valeur ajoutée représente en moyenne quelque 28 % du PIB, contre 18 % dans les pays développés. De plus, on observe une corrélation positive entre la participation aux CVM et les taux de croissance du PIB par habitant. Les pays dont la participation aux CVM augmente le plus vite affichent des taux de croissance du PIB par habitant d’environ 2 points de pourcentage supérieurs à la moyenne.

• Les CVM offrent aux pays en développement plusieurs possibilités de se développer, que ce soit par la participation, la progression au sein de la chaîne, le saut technologique ou l’accès concurrentiel aux marchés. C’est sans doute en renforçant leur participation aux CVM tout en mettant l’accent sur la hausse de la valeur ajoutée intérieure que les pays en développement obtiendront les meilleurs résultats. En effet, les pays qui, dans les vingt dernières années, ont réussi à progresser sur ces deux terrains en même temps ont enregistré une croissance du PIB par habitant de 3,4 %, contre 2,2 % pour ceux qui avaient seulement amélioré leur participation sans augmentation simultanée de la valeur ajoutée intérieure.

Ces conclusions ont des incidences importantes sur les politiques. Le Secrétaire général de la CNUCED, Supachai Panitchpakdi, décrit la situation en ces termes: «Les CVM sont omniprésentes. Elles montrent que l’investissement et le commerce vont de pair. Les décideurs politiques doivent peser ces deux éléments lorsqu’ils pensent croissance et développement».

Les CVM peuvent être un bon moyen pour les pays en développement de renforcer leurs capacités productives, notamment par la diffusion de la technologie et le renforcement des compétences, Elles peuvent aussi leur permettre d’engager une modernisation industrielle. Toutefois, leurs effets bénéfiques potentiels à long terme pour le développement ne sont pas automatiques. Les gouvernements doivent se doter, en matière de commerce et d’investissement − de développement en général −, de stratégies ciblées et synergiques qui favorisent le renforcement de leurs capacités productives.

L’étude qui paraît aujourd’hui marque le lancement d’une nouvelle base de données mise au point par la CNUCED pour cartographier la répartition de la valeur ajoutée dans le commerce mondial. La Base de données UNCTAD-EORA GVC − qui fait partie du système d’information sur l’IED, les STN et les CVM − apporte des perspectives nouvelles sur la place des liens commerciaux entre les pays dans la relation commerce-développement. La base de données porte notamment sur la répartition de la valeur ajoutée, sur le revenu et l’emploi liés au commerce et sur la manière dont l’investissement au niveau mondial détermine l’évolution du commerce en valeur ajoutée. La base de données compte 187 pays, dont la quasi-totalité sont des pays en développement, et fournit des chiffres sur un grand nombre de secteurs, importants pour les pays en développement.

La CNUCED développe l’analyse préliminaire des nouvelles données présentés dans cette étude dans le World Investment Report 2013 où elle examine les mécanismes qui permettraient aux CVM de contribuer au développement (accès aux marchés, création d’emplois, renforcement des capacités productives), ainsi que les risques qu’elles représentent pour les pays en développement (défis sociaux, problèmes environnementaux, risque de rester prisonnier d’activités à faible valeur ajoutée).

Pour bien prendre la mesure des perspectives et des risques liées aux CVM, les gouvernements doivent engager des débats éclairés sur la contribution des CVM au développement, dit la CNUCED qui espère que la nouvelle base de données encouragera ce débat et qu’elle y contribuera en apportant de nouvelles informations sur la nature évolutive des réseaux de production mondialisés.

Quelle valeur ajoutée le commerce mondial produit-il réellement?
Valeur ajoutée dans les exportations mondiales, 2010
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Dans quels secteurs les chaînes de valeur sont-elle les plus segmentées?
Part de valeur ajoutée à l’étranger dans les exportations, 15 premiers secteurs, 2010
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Quelle est la contribution du commerce en valeur ajoutée au PIB des pays?
Valeur ajoutée intérieure du commerce en part du PIB, par région, 2010
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Quel rôle jouent les STN dans l’évolution du commerce en valeur ajoutée?
Commerce mondial (exportations de marchandises et de services), par type, 2010
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Quelle est l’influence de l’IED sur la participation des pays aux CVM?
Principaux indicateurs du commerce en valeur ajoutée (valeurs médianes), par quartile du stock d’IED par rapport au PIB, 2010
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Quel est l’impact du commerce en valeur ajoutée et des CVM sur le développement?
Taux de croissance du PIB par habitant par quartile, selon la participation aux CVM − pays en développement seulement
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Quel est l’impact du commerce en valeur ajoutée et des CVM sur le développement?
Taux de croissance du PIB par habitant pour les pays affichant un fort/faible accroissement de leur participation aux CVM et une forte/faible croissance de la part de valeur ajoutée intérieure, 1990-2010
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