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COMMUNIQUÉ DE PRESSE
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Recul de l’investissement étranger direct vers l’Asie Occidentale pour la quatrième année consécutive
Les incertitudes politiques et l’atonie de la croissance mondiale affectent la région, indique la CNUCED dans son nouveau rapport

EMBARGO
Le contenu de ce communiqué et du présent Rapport ne doit pas être cité ni résumé par la presse écrite, la radio, la télévision et les médias électroniques avant le 26 juin 2013, 19:00

UNCTAD/PRESS/PR/2013/025
Geneva, Suisse, (26 juin 2013)

En 2012, les flux d’investissement étranger direct (IED) à destination de l’Asie occidentale ont poursuivi le mouvement de recul amorcé en 2009.  Ils ont diminué de 4 % en 2012, à 47 milliards de dollars, soit la moitié du montant atteint en 2008, indique la CNUCED dans le Rapport sur l’investissement dans le monde 2013 : Les chaînes de valeur mondiales: l’investissement et le commerce au service du développement1 qui paraît aujourd'hui (en anglais).

L’incertitude politique croissante qui règne dans la région, conjuguée à la morosité des perspectives économiques mondiales, décourage ou empêche les investisseurs d’investir dans la région.

Les chiffres globaux dissimulent néanmoins d’importantes disparités entre les pays, note la CNUCED. C’est ainsi que les flux d’IED ont chuté dans les deux pays qui en étaient jusqu’alors les principaux bénéficiaires − la Turquie (-23 %, à 12,4 milliards de dollars) et l’Arabie saoudite (-25 %, à 12,2 milliards de dollars). Ces pays néanmoins attirent 52 % des investissements entrants de la région. Pour la première fois depuis 2006, l’Arabie saoudite a cédé sa place de premier bénéficiaire à la Turquie (fig.1).

Malgré le recul considérable enregistré par l’Arabie saoudite, l’IED à destination des pays du Conseil de coopération du Golfe, pris dans leur ensemble, est demeuré au même niveau en 2012 (26 milliards de dollars, fig. 1), en raison de la forte augmentation des flux vers tous les autres pays du groupe. L’IED à destination des Émirats arabes unis – troisième pays bénéficiaire de la région − a augmenté de 25 %, à 9,6 milliards de dollars, poursuivant sur la lancée amorcée en 2010 mais demeurant en dessous des 14 milliards de dollars reçus en 2007. Le niveau élevé des dépenses publiques engagées par Abou Dhabi et les bons résultats économiques affichés par les secteurs autres que le secteur des hydrocarbures à Dubaï ont contribué à ranimer l’intérêt des investisseurs étrangers pour ce pays. À eux seuls, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont capté 83 % des entrées d’IED dans les pays du Conseil de coopération du Golfe. L’IED à destination du Koweït a plus que doublé pour atteindre 1,9 milliards de dollars, sous l’impulsion du groupe de télécommunication qatari QTel qui a augmenté sa participation dans le capital de Wataniya, numéro deux du secteur au Koweït, à 92,1 %. Les flux d’IED ont aussi progressé à Bahreïn, en Oman et au Qatar, indique le rapport.

En revanche, les IED à destination des pays de la région non membres du Conseil de coopération du Golfe ont baissé de 9 %, à 21 milliards de dollars, en raison surtout du recul important des flux vers la Turquie. Une croissance mondiale en berne et le maintien des politiques d’austérité budgétaire dans l’Union européenne, premier marché de la Turquie, ont entraîné une baisse de la demande de produits turcs d’exportation qui se répercute sur les IED à vocation exportatrice.

Pourtant, la plupart des pays non membres du Conseil de coopération du Golfe ont vu augmenter leurs entrées d’IED, note la CNUCED. C’est le cas de l’Iraq, où elles ont progressé en 2012 pour la deuxième année consécutive, gagnant 22 %, à 2,5 milliards de dollars, attirées par la croissance économique vigoureuse (+8,4 %) qui a fait suite à une forte hausse des dépenses publiques. Avec ses richesses pétrolières et gazières, une population importante et des besoins immenses en infrastructures, l’Iraq offre beaucoup de possibilités aux investisseurs qui peu à peu se mettent à investir malgré l’instabilité politique et les problèmes de sécurité qui sévissent dans le pays.

Au Liban également, les entrées d’IED ont progressé (+9 %), en raison des acquisitions étrangères dans le secteur de l’assurance et des services immobiliers.

Au Yémen, les flux d’IED sont redevenus positifs en 2012 (349 millions de dollars) après le règlement de la crise politique qui a été perçu comme un signe encourageant par les investisseurs. En Jordanie, par contre, ils ont baissé de 5 %.

Les investisseurs étrangers, en particulier ceux des pays développés, sont réticents à investir dans la région, surtout dans des projets de grande envergure, indique la CNUCED dans le rapport. Certaines entreprises d’État ont donc été contraintes d’agir seules; par exemple, le projet de raffinerie de Jizan en Arabie saoudite, qui porte sur un montant de 4,6 milliards de dollars et qui à l’origine devait être une coentreprise entre la société d’État Aramco et des entreprises étrangères, a finalement été confié à Aramco. Il en va de même du projet pétrochimique de Ras Laffan au Qatar (5,5 milliards de dollars) pour lequel Qatar Petroleum a préféré créer un partenariat avec l’une de ses filiales plutôt qu’avec un géant étranger. Toutefois, un certain nombre de projets menés en coopération avec des sociétés étrangères − par exemple, la Sadara Chemical Company et la raffinerie de Yanbu, toutes deux en Arabie saoudite − ont démarré ou redémarré en 2012.

Les sorties d’IED d’Asie occidentale ont diminué de 9 %, à 24 milliards de dollars, en 2012, mettant un coup d’arrêt au mouvement de redressement amorcé l’année précédente. Si les pays du Conseil de coopération du Golfe continuent d’être à l’origine de la majeure partie des sorties d’IED de la région, la Turquie est aussi un gros investisseur (fig. 2), avec des investissements étrangers directs qui ont augmenté de 74 %, pour atteindre le montant record de 4,1 milliards de dollars. Cette montée en flèche est due principalement au groupe turc Anadolu Efes qui a fait l’acquisition des activités russes et ukrainiennes du brasseur SABMiller pour un montant de 1,6 milliard de dollars.


Rapport complet en anglais : http://unctad.org/en/PublicationsLibrary/wir2013_en.pdf

Figure 1 : Les cinq premiers bénéficiaires d’IED en Asie occidentale, 2011 et 2012
(En milliards de dollars)
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Source: CNUCED, Rapport sur l’investissement dans le monde 2013

Figure 2 : Les cinq premiers investisseurs d’Asie occidentale, 2011 et 2012
(En milliards de dollars)
PR13025f2_en.gif
Source: CNUCED, Rapport sur l’investissement dans le monde 2013


End Notes
  1. Le rapport (no de vente: E.13.II.D.5, ISBN-13: 978-92-1-112868-0) peut être obtenu auprès du Bureau des ventes et de la commercialisation des publications des Nations Unies à l’adresse ci-dessous ou auprès des revendeurs des publications des Nations Unies dans le monde. au prix de 85 dollars des États-Unis (avec une réduction de 50 % pour les résidents des pays en développement, et de 75 % pour les résidents des pays les moins avancés). Les commandes ou les demandes de renseignements sont à adresser à: United Nations Publications Sales and Marketing Office, 300 E 42nd Street, 9th Floor, IN-919J New York, NY 10017 (États-Unis d’Amérique), tél.: +1 212 963 8302, télécopie: +1 212 963 3489, courriel: publications@un.org, https://unp.un.org.


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