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COMMUNIQUÉ DE PRESSE
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Stimuler les capacités productives, le crédit, les infrastructures, le secteur privé, pour créer des emplois
D’après le Rapport 2013 sur les pays les moins avancés, la stratégie économique des pays les plus pauvres doit évoluer pour tenir compte de l’ampleur et de l’augmentation des besoins en matière d’emploi

EMBARGO
Le contenu de ce communiqué et du présent Rapport ne doit pas être cité ni résumé par la presse écrite, la radio, la télévision et les médias électroniques avant le 20 novembre 2013, 18:00

UNCTAD/PRESS/PR/2013/046
Geneva, Suisse, (20 novembre 2013)

Les 49 pays les plus pauvres du monde devraient prendre des mesures décisives pour améliorer les infrastructures nationales, élargir sensiblement l’accès au crédit, améliorer l’éducation, et − plus spécialement − libérer le potentiel des entreprises locales et des entrepreneurs locaux, pour favoriser la création d’emplois.

Selon le Rapport 2013 sur les pays les moins avancés1 , intitulé "Une croissance créatrice d’emplois pour un développement équitable et durable", une forte augmentation de l’investissement, l’amélioration de services (fourniture d’électricité, transports, et autres mesures du même ordre) devant permettre aux PMA d’accroître la diversité et la valeur de leurs biens et services − processus dénommé expansion des capacités productives − sont indispensables pour créer au moins 16 millions d’emplois nouveaux par an, alors que de plus en plus de jeunes dans ces pays arrivent en âge de travailler (voir le communiqué de presse UNCTAD/PRESS/PR/2013/44).

Si ces emplois ne sont pas créés, le monde risque d’être confronté à une aggravation de la pauvreté dans les PMA, à des troubles sociaux et des migrations internationales massives, prévient la CNUCED. Certaines conséquences négatives de ces tendances se font déjà sentir.

Les politiques économiques poursuivies par la plupart des PMA et leurs partenaires de développement ont privilégié la stabilité macroéconomique, l’efficacité économique et la libéralisation pour aider les PMA à s’intégrer plus efficacement dans l’économie mondiale. Elles ont largement été déconnectées des politiques sociales, axées sur la réduction de la pauvreté. Cette stratégie a entraîné un accroissement des flux internationaux de biens, de services et de capitaux au cours des vingt dernières années, note les économistes de la CNUCED, mais elle n’a pas réussi à générer les emplois, en nombre et en qualité, rendus nécessaires par l’accroissement démographique dans les PMA. La création d’emplois a été insuffisante même pendant les années «d’expansion» de 2002 à 2008, au cours desquelles les PMA ont enregistré un taux de croissance économique annuel de 8 % en moyenne. Considérant que la réduction de la pauvreté a été lente, une nouvelle stratégie doit être adoptée pour stimuler l’emploi, la croissance économique dans les PMA s’étant ralentie suite à la crise financière mondiale (voir le communiqué de presse UNCTAD/PRESS/PR/2013/45).

D’après le Rapport de la CNUCED, pour éviter ces risques, les PMA doivent adopter de nouvelles  politiques afin de promouvoir le développement des capacités productives de façon à obtenir une croissance «riche en emplois». Les politiques nationales devraient encourager la transformation structurelle de l’économie pour créer des secteurs d’activité nouveaux et plus modernes capables de procurer de meilleurs emplois, et améliorer la productivité et les revenus du travail dans les secteurs traditionnels.

Le Rapport 2013 sur les pays les moins avancés avance les recommandations suivantes:

• Les politiques budgétaires dans les PMA devraient viser à accélérer les investissements publics d’infrastructure et à accroître les dépenses d’éducation et de formation. L’investissement public est particulièrement important pour créer des conditions favorables à l’investissement privé, par exemple en améliorant l’accès à des services (approvisionnement en électricité, transports, communications et irrigation). Ces services font cruellement défaut dans les PMA, d’après le Rapport, et freinent la création d’entreprises susceptibles de procurer des emplois. Accroître l’investissement public impose toutefois de renforcer les capacités gouvernementales de mobiliser et administrer les recettes budgétaires, intérieures et extérieures.
• Une politique de crédit plus libérale est d’une importance cruciale dans les PMA, en particulier pour les micro, petites et moyennes entreprises, qui ont souvent difficilement accès au crédit. Les banques publiques de développement peuvent jouer un rôle important en la matière lorsque les institutions financières privées se dérobent. «Le développement du secteur privé est une condition indispensable de la création d’emplois à grande échelle dans les PMA, étant donné qu’il crée la plus grande partie des emplois, tant ceux d’aujourd’hui que ceux de demain», note le Secrétaire général de la CNUCED, M. Mukhisa Kituyi, dans l’Aperçu général du Rapport.
• Les politiques industrielles devraient viser à promouvoir une transformation structurelle de l’économie des PMA conduisant à des activités à plus forte productivité. Le Rapport indique deux stratégies que les PMA peuvent mettre en œuvre pour stimuler l’intensité en emplois de la croissance. La première est de s’appuyer sur des activités/secteurs bénéficiant déjà d’un avantage comparatif, en encourageant les relations industrielles verticales et la modernisation technologique dans ces secteurs, dont celui des ressources naturelles. Les PMA pourraient s’efforcer d’ajouter la production de produits en cuivre à l’exploitation minière du cuivre, par exemple. De même, dans le secteur de l’agriculture, ils pourraient développer des industries d’aval − telles que des industries agroalimentaires − produisant principalement pour les marchés intérieurs et régionaux. Le deuxième type de stratégie viserait à favoriser l’investissement dans des activités à forte intensité de main-d’œuvre. Quelques PMA seront en mesure de profiter de la délocalisation probable par la Chine de ses activités manufacturières les plus basiques, note le Rapport. Les PMA peuvent s’efforcer d’intégrer leurs entreprises nationales dans les chaînes de valeur mondiales du secteur manufacturier et d’attirer des investissements étrangers directs pour élargir leurs secteurs industriels. Au niveau national, une telle stratégie devrait être complétée par des politiques de regroupement et de modernisation technologique des entreprises locales, de promotion des exportations et de limitation des coûts du travail. Les coûts de main d’œuvre peuvent rester compétitifs moyennant une offre adéquate de biens et services salariaux − en particulier alimentation, transports, logement, etc. − d’après le Rapport;
• Améliorer l’accès des micro et petites entreprises urbaines au capital et aider ces entreprises à accéder au secteur formel constituent des mesures efficaces pour stimuler leur développement. Il faut élargir l’accès de ces entreprises au financement proposé par les banques nationales de développement ou les banques commerciales. Les institutions financières publiques et privées devraient sélectionner les micro et petites entreprises à fort potentiel de croissance, est-il recommandé dans le Rapport;
• Les PMA doivent beaucoup investir dans les infrastructures rurales − en particulier, irrigation, électricité, transports, entreposage, technologies de la communication. Cela permettrait de stimuler la productivité rurale et d’associer davantage les exploitations agricoles à des activités à plus forte valeur ajoutée − filières agroalimentaires par exemple. Des services de vulgarisation agricole doivent être mis en place ou rénovés pour fournir conseils et formation sur les techniques culturales, la gestion de l’eau, le choix des semences ou des cultures, l’entreposage, l’amélioration de la qualité des terres et l’accès à l’eau, les moyens d’éviter la dégradation des sols et l’adoption de techniques permettant de répondre aux exigences des marchés. Fournir aux producteurs ruraux un accès au capital et au crédit signifie proposer un financement aussi bien saisonnier qu’à long terme aux exploitants agricoles et aux agents économiques ruraux non agricoles. Ce devrait être de la responsabilité des banques de développement agricole, des banques d’État, des services financiers postaux, des coopératives de crédit communautaire (qui ont une meilleure connaissance de la solvabilité des emprunteurs) et des banques commerciales;
• Si la majeure partie des efforts à déployer pour obtenir une croissance riche en emplois relève de l’initiative nationale, les PMA ont néanmoins besoin du soutien de leurs partenaires de développement. La CNUCED préconise l'instauration de mesure internationale d’appui pour promouvoir la création d’entreprises innovantes par les jeunes, avec le soutien et la collaboration de donateurs et de gouvernements nationaux. Un soutien technique et financier pourrait être fourni à ces entreprises, jusqu’à ce qu’elles deviennent viables;
• Au-delà de la participation du secteur privé, l’État lui-même doit contribuer à la création d’emplois, directement ou indirectement, en particulier dans les premières étapes du développement. Le Rapport recommande que les gouvernements adoptent des processus de production à forte intensité de main-d’œuvre pour leurs travaux d’infrastructure, dont la plus grande partie est généralement financée dans ces pays par le secteur public. En matière d’amélioration des infrastructures, des techniques à forte intensité de main-d’œuvre présentent un certain nombre d’avantages par rapport à des technologies à forte intensité de capital: elles créent davantage d’emplois, elles sont d’un moindre coût, elles peuvent contribuer au développement des entreprises locales et au renforcement des capacités, elles peuvent économiser des devises et elles permettent d’assurer plus facilement des services d’entretien et de réparation.

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Rapport complet: http://unctad.org/en/PublicationsLibrary/ldc2013_en.pdf (seulement en anglais)

 

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End Notes
  1. Le Rapport (numéro de vente: E.13.II.D.1, ISBN : 978-92-1-112864-2) peut être obtenu auprès du Bureau des ventes et de la commercialisation des publications des Nations Unies à l’adresse ci-dessous ou auprès des revendeurs des publications des Nations Unies dans le monde, au prix de 55 dollars des États-Unis (avec une réduction de 50 % pour les résidents des pays en développement, et de 75 % pour les résidents des pays les moins avancés). Les commandes ou les demandes de renseignements doivent être adressées à: United Publications Sales and Marketing Office, 300 E 42nd Street, 9th Floor, IN 919J New York, NY 10017 (États-Unis d’Amérique), tél.: +1 212 963 8302, télécopie: +1 212 963 3489, courriel: publications@un.org , https://unp.un.org .


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