unctad.org | Des chefs d’état débattent des causes économiques des troubles sociaux
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Pour l'utilisation des médias d'information - Ce n'est pas un document officiel
Des chefs d’état débattent des causes économiques des troubles sociaux
Similitudes entre les mouvements de protestation dans la région arabe et dans les pays développés et rôle des inégalités croissantes de revenu

UNCTAD/PRESS/PR/Doha/2012/002
Genève, Suisse, (29 mars 2012)

Les carences des politiques économiques menées dans les pays riches comme dans les pays pauvres et le mécontentement populaire face aux séquelles de la crise financière de 2008 feront l’objet d’un débat entre des chefs d’État et de gouvernement, organisé le 21 avril (17 h 30 à 20 heures) dans le cadre de la treizième session de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED XIII). Le thème de ce débat de haut niveau est : «Croissance économique et équité sociale: nouvelles perspectives après la crise économique mondial.

Ils examineront dans quelle mesure des facteurs économiques, tels que la pénurie d’emplois et les inégalités de revenu, ont contribué aux récents mouvements populaires dans la région arabe. Leur réflexion portera aussi sur les similitudes observées avec le mécontentement qui s’exprime ailleurs, par exemple lors des récents mouvements de protestation sociale dans des pays développés. La question de savoir quelles sont les mesures à prendre pour refondre les politiques économiques de sorte que les bénéfices engendrés soient plus équitablement répartis sera au cœur des discussions.

Pour la CNUCED, beaucoup d’éléments indiquent que le mécontentement populaire dans la région arabe n’est pas seulement lié à des questions de gouvernance. Il tient tout autant à un phénomène plus général, observé dans de nombreux pays : le progrès économique n’ayant pas entraîné de hausse globale du niveau de vie, les salaires dans les classes pauvres et les classes moyennes ont baissé ou stagné.

Ces vingt dernières années, dans les pays arabes producteurs de pétrole (pays à excédent) comme dans les pays économiquement plus diversifiés (pays à déficit), la croissance n’a pas été équitablement partagée. Même avec des taux élevés de croissance, on constate souvent une stagnation des salaires. Si de nombreux pays arabes ont enregistré des taux annuels moyens de croissance économique réelle supérieurs à 5 % au cours des deux dernières décennies, l’accroissement de la productivité ne s’est pas accompagné d’une hausse des salaires réels et du niveau de vie pour la majorité de la population. Il n’a pas non plus nourri une expansion continue de la demande intérieure. En dépit de la modération des salaires, le chômage est resté élevé dans la plupart des pays arabes au cours de la dernière décennie, à plus de 10 % même dans les pays économiquement les plus diversifiés.

Le ralentissement mondial, qui commencé en 2008 et a entraîné une forte hausse du chômage, en particulier parmi les jeunes, a mis brutalement en lumière un accroissement des inégalités. Les économistes de la CNUCED insistent sur l’urgence de mener une nouvelle réflexion en mettant davantage l’accent sur une croissance durable et équitable. Dans sa «note thématique» (TD/454), le secrétariat de la CNUCED préconise avec insistance des réformes pour éviter une «décennie perdue pour le développement».

Depuis l’éclatement de la crise financière en 2008, les conceptions traditionnelles du fonctionnement de l’économie ont été remises en cause. Partout dans le monde, des mouvements populaires s’en sont pris aux gouvernements qui n’avaient pas su répondre aux aspirations au développement de leurs populations et avaient toléré une aggravation des inégalités sociales et économiques. Des appels vibrants ont été lancés pour que de nouvelles orientations économiques soient prises afin d’atténuer la pauvreté, de créer des plus d'emplois et de meilleure qualité, d’améliorer la protection sociale, de garantir l’accès aux services de base et aux denrées de première nécessité à des prix abordables, et d’instaurer une répartition plus équitable du revenu national.

Pour la CNUCED, l'heure est venue de renouveler le contrat social entre l’État et les citoyens et de remettre en question les résultats d’une mondialisation «financière». Le thème de CNUCED XIII - «Une mondialisation centrée sur le développement» - appelle à cibler et à gérer au mieux le commerce, l’investissement, le transfert de technologie et l’entreprenariat pour qu’ils conduisent à une expansion de l’emploi et à une amélioration des conditions de vie de tous. Il s’agit de profiter de ce moment de transformation politique pour tirer les enseignements des échecs passés et identifier d’autres voies susceptibles de mener un développement équitable et durable.

La réunion-débat, animée par des chefs d’État, mettra en lumière quelques-unes des problématiques fondamentales que pose une telle réévaluation, en mettant fortement l’accent sur la situation dans la région arabe. La note thématique souligne, toutefois, que «le mouvement qui s’est amorcé dans la région devrait être considéré comme faisant partie d’un débat plus large sur les effets de la libéralisation commerciale et financière et sur la faillite de l’État dans son rôle de garant de l’équité sociale et du développement pour tous».

Dans sa note, le secrétariat de la CNUCED soulève plusieurs questions en vue d’éclairer le débat à travers une évaluation des incidences en termes de politique économique que posent ces défis pour la région. Conjointement aux préoccupations primordiales liées aux situations politiques et aux droits de l’homme, quel rôle les défaillances de la gouvernance socioéconomique ont-elles joué dans le déclenchement des soulèvements arabes? L’ampleur et la conduite de la libéralisation économique ont-elles par ailleurs contribué à l’incapacité des politiques économiques en vigueur d’assurer une croissance et un développement soutenus ? Les participants sont invités à envisager de nouvelles approches de la politique du développement qui permettent aux gouvernements de répondre à la montée du mécontentement social sans compromettre les fragiles gains de croissance de ces dernières années.

 

Pour plus d'informations, veuillez contacter:
Unité de Communication et d'information de la CNUCED
T: +41 22 917 5828
T: +41 79 502 43 11
E:
unctadpress@unctad.org
Web:
http://unctad.org/press


Loading..

Please wait....

Charlie Hebdo