COMMUNIQUÉ DE PRESSE
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Statistiques de la CNUCED pour la région arabe : après une période de forte hausse, l’investissement étranger subit les effets de la crise financière mondiale

UNCTAD/PRESS/PR/Doha/2012/010
Genève, Suisse, (29 mars 2012)

Les statistiques de la CNUCED montrent que l’investissement étranger direct (IED) à destination et en provenance des pays arabes a beaucoup augmenté au début des années 2000, avant d’accuser une forte baisse en 2009 lorsque la crise financière mondiale s’est confirmée.

L’instabilité politique qui s’est propagée dans plusieurs pays arabes et les incertitudes croissantes qui planent quant aux perspectives économiques mondiales depuis le second semestre de 2011 risquent fort de peser sur les projets des investisseurs étrangers dans la région, expliquent les économistes de la CNUCED.

La prochaine - et treizième - session de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement, qui aura lieu du 21 au 26 avril 2012 à Doha (Qatar), est organisée pour la première fois au Moyen-Orient. C’est l’occasion d’analyser en détail  la structure des investissements et du commerce dans la région.

Au début des années 2000, stimulé par une croissance élevée et une vague de réformes économiques et de privatisations, l’IED s’est envolé dans cette région du monde. Il a en effet atteint le montant record de 96 milliards de dollars en 2008, les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG)1 constituant les principaux pôles d’attraction. Pour la période 2001-2010, le montant cumulé des entrées d’IED dans les pays arabes s’est élevé à 284 milliards de dollars, dont 58 % pour les pays du CCG, 28 % pour les pays d’Afrique du Nord et 14 % pour d’autres pays de la région. Les principaux bénéficiaires ont été l’Arabie saoudite (154 milliards de dollars), les Émirats arabes unis (75 milliards de dollars) et l’Égypte (53 milliards de dollars).

Si l’on considère uniquement les fusions-acquisitions internationales, les investisseurs étrangers se sont portés acquéreurs d’entreprises arabes pour un montant total de 58 milliards de dollars entre 2001 et 2010, dont 42 % en Égypte. Les transactions intra-arabes ont représenté 30 % de la valeur des opérations de rachat.

L’IED en provenance des pays arabes a également explosé, dopé par les excédents financiers importants dégagés du commerce du pétrole. Ces investissements, qui ont totalisé 169 milliards de dollars dans la période 2001-2010, ont été réalisés à 82 % par les pays du CCG. Les Émirats arabes unis (54 milliards de dollars), le Koweït (40 milliards de dollars) et le Qatar (26 milliards de dollars) ont été les principaux investisseurs à l’extérieur de la région. Ces opérations d’investissement direct à l’étranger s’inscrivent dans les politiques de diversification menées par les pays du CCG pour s’orienter vers des activités économiques autres que la seule exploitation pétrolière et gazière. Les fonds souverains, les entreprises publiques et d’autres entités contrôlées par l’État jouent un rôle clé dans ces opérations.

Dans la période 2001-2010, les acquisitions d’entreprises étrangères par des investisseurs arabes ont atteint un montant total de 156 milliards de dollars. La grande majorité de ces transactions ont été conclues par des entreprises basées dans des pays du CCG, en particulier aux Émirats arabes unis (65 milliards de dollars) et en Arabie saoudite (32 milliards de dollars). Elles ont visé à 72 % des entreprises de pays développés et à 14 % des entreprises de pays en développement d’Asie. Enfin, 14 % des transactions ont eu lieu entre partenaires arabes.

Toutefois, depuis 2009, les entrées comme les sorties d’IED ont fortement chuté sous l’effet de la crise financière mondiale. Les flux entrants sont tombés de 96 milliards de dollars en 2008 à 65 milliards de dollars en 2010, à cause de l’assèchement du marché du crédit qui a frappé de plein fouet les grands projets de développement faisant appel à de gros investissements étrangers. Pour leur part, les flux sortants se sont contractés, passant de 46 milliards de dollars en 2008 à 15 milliards de dollars en 2010, lorsque les entités contrôlées par les États des pays du CCG ont réduit leurs investissements à l’étranger pour se recentrer sur leurs propres économies frappées par la crise.

 

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End Notes
  1. Arabie saoudite, Bahreïn, Émirats arabes unis, Koweït, Oman et Qatar


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