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COMMUNIQUÉ DE PRESSE
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Investissement étranger direct : des perspectives mitigées dans la plupart des régions
Les investissements étrangers directs atteignent des niveaux record dans l'Asie en développement, mais s'effondrent dans les économies en ‘transition

EMBARGO
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21 juin 2016, 19:00
à Genève

UNCTAD/PRESS/PR/2016/014
Genève, Suisse, (21 juin 2016)

De nouvelles données sur les flux des investissements étrangers directs (IED), publiées dans le Rapport sur l’investissement dans le monde 2016 souligne les différences entre les régions. Les perspectives restent mitigées dans la plupart de ces régions. Le rapport, sous-titré La nationalité des investisseurs : Défis pour les politiques d’investissement, montre que l’Asie en développement reste la plus grande région bénéficiaire d’IED dans le monde, tandis que les flux ont chuté dans les économies en transition d’Europe du Sud-Est et de la Communauté des États Indépendants (CEI).

Afrique
Les flux d'IED vers l’Afrique ont reculé à 54 milliards de dollars en 2015, soit une baisse de 7 % par rapport à l’année précédente (tableau 1). Une reprise de l’investissement en Afrique du Nord a été plus que compensée par la diminution des flux vers l’Afrique sub-saharienne, en particulier en Afrique occidentale et centrale. La faiblesse des prix des produits de base a poussé vers le bas les entrées d’IED dans les économies basées sur les ressources naturelles.

Les flux dynamiques vers l’Egypte ont stimulé l’IED en Afrique du Nord. Les entrées d’IED au Kenya ont atteint un niveau record, s'établissant à 1,4 milliard de dollars en 2015, ceci, grâce à un regain de confiance des investisseurs découlant d'un bon climat des affaires et d’un marché de la consommation intérieure en plein essor. En Afrique australe, les entrées en Angola ont atteint 8,7 milliards de dollars, principalement en raison des prêts intragroupe, tandis que des performances économiques ternes ont fait reculer l’IED en Afrique du Sud à 1,8 milliard de dollars - son niveau le plus bas depuis 10 ans.

En 2016, les flux d’IED vers l’Afrique devraient revenir à une trajectoire de croissance positive grâce aux mesures de libéralisation et de privatisation des entreprises d’État annoncées. Cette augmentation se profile déjà dans les projets de création de capacités (« greenfield ») annoncés au premier trimestre 2016.

Asie
Avec des entrées d’IED atteignant 541 milliards de dollars - une augmentation de 16 % - l’Asie en développement est resté la plus grande région bénéficiaire d’IED dans le monde (tableau 1). Sa croissance a été principalement tirée par l’augmentation de l’IED dans les économies d’Asie de l’Est et du Sud. En Asie de l’Est, l’IED a augmenté de 25 % à 322 milliards de dollars, reflétant d’importants investissements de capitaux actionnaires liés à une restructuration d’entreprise à Hong Kong (Chine) et des flux d’IED dynamiques dans le secteur des services de la Chine.

En Asie du Sud-Est, les flux d’IED vers les économies à faible revenu tels que le Myanmar et le Viet Nam ont grimpé en flèche, mais cela a été compensé par la faible performance des flux vers des pays à revenu élevé, y compris Singapour, l’Indonésie et la Malaisie. La performance positive de l’IED en Inde et au Bangladesh a poussé les flux vers l’Asie du Sud à 50 milliards de dollars, soit une augmentation de 22 % par rapport à 2014. En Asie de l’Ouest, la hausse des entrées en Turquie a compensé en partie l’impact négatif des prix des matières premières et des tensions géopolitiques sur les IED vers les économies productrices de pétrole.

Affecté par le ralentissement économique mondial et régional actuel, les flux d’IED vers l’Asie en développement vont probablement baisser d’environ 15 % en 2016, revenant à leur niveau de 2014. Cette projection à la baisse s’appuie sur les données des fusions-acquisitions internationales et des projets dans la création de capacités annoncés. Cependant, certaines économies asiatiques telles que la Chine, l’Inde, le Myanmar et le Viet Nam pourraient enregistrer une augmentation modérée des entrées d’investissement en 2016.

Malgré une baisse de 17 % à 332 milliards de dollars en 2015, l’IED sortant de l’Asie en développement est resté à un niveau qui est le troisième plus élevé jamais enregistré. L’IED sortant d’un certain nombre d’économies asiatiques, dont la Chine et la Thaïlande, a augmenté. Avec les sorties d’une valeur de 128 milliards de dollars, la Chine reste le troisième plus grand pays investisseur dans le monde, après les États-Unis et le Japon.

Amérique latine et les Caraïbes
L’IED en Amérique latine et dans les Caraïbes - à l’exclusion des centres financiers offshores des Caraïbes - est resté stable en 2015 (168 milliards de dollars). Cependant, l’Amérique centrale et du Sud présentent des performances contrastées. Les flux d’IED vers l’Amérique centrale ont augmenté de 14 % à 42 milliards de dollars, grâce à d’importants flux vers le Mexique et le dynamisme de l’IED dans le secteur manufacturier de la sous-région. Les flux d’IED vers l’Amérique du Sud, d’autre part, se sont contractés de 6 % à 121 milliards de dollars, ce qui reflète le ralentissement de la demande intérieure et la détérioration des termes de l’échange causée par la chute des prix des matières premières. Les flux d’IED au Brésil, principal pays récepteur de la région, ont chuté de 12 % à 65 milliards de dollars. La baisse des prix des matières premières a également fortement affecté les flux vers la Bolivie, le Chili, la Colombie et le Pérou.

Les flux d’IED vers la région pourraient continuer leur ralentissement en 2016 en raison de la persistance d'une situation macroéconomique difficile. En 2015, la valeur des projets dans la création de capacités a chuté de 17 % par rapport à 2014, tirée par une baisse de 86 % dans l’industrie extractive. Des valeurs plus faibles des projets annoncés ont également été enregistrées dans le secteur des services. Côté positif, la dépréciation des monnaies nationales pourrait motiver les acquisitions d’actifs. Au cours du premier trimestre de 2016 les fusion-acquisitions internationales ont enregistré une forte hausse grâce à l’augmentation des ventes au Brésil, au Chili et en Colombie.

Les sorties d’IED de la région ont augmenté de 5 % à 33 milliards dollars en 2015. Au Brésil l’IED sortant a bondi de 38 % ; cette forte augmentation reflète principalement une réduction significative de l’investissement inverse par les filiales étrangères des multinationales brésiliennes. Au Chili, les sorties d’IED ont augmenté de 31 % à 16 milliards de dollars.

Économies en transition
Les flux d’IED vers les économies en transition dans leur ensemble ont chuté de 38 %, mais la performance de ces économies est nuancée selon les sous-groupes observés : en Europe du Sud-Est, les entrées d’IED ont augmenté de 6 % à 4,8 milliards de dollars grâce à l’amélioration des conditions macro-économiques et aux processus d’adhésion à l’Union européenne qui continuent d’améliorer la perception du risque des investisseurs. En revanche, les flux d’IED vers la Communauté des États Indépendants (CEI) et la Géorgie ont diminué de 42 % à 30 milliards de dollars dans un contexte de prix des produits de base bas, des faiblesses des marchés intérieurs, des changements réglementaires et de l’impact direct et indirect des tensions géopolitiques. Les flux à destination de la Fédération de Russie ont chuté pour se positionner à 9,8 milliards de dollars. Les nouveaux investissements ont presque totalement flétri en raison de la mise en place de réductions des opérations des multinationales étrangères et une série de désinvestissements. La crise économique et les changements réglementaires dans le pays ont également réduit l’ampleur et la portée de l’IED circulaire (« round-tripping »).

Après la baisse importante enregistrée en 2015, les flux d’IED vers les pays en transition devraient augmenter légèrement en 2016, sauf si une nouvelle escalade des tensions géopolitiques vient détériorer les perspectives d’affaires dans la région. Dans la CEI, plusieurs pays, dont le Kazakhstan, la Fédération de Russie et l’Ouzbékistan, ont annoncé de grands projets de privatisation qui, si réalisés, ouvriront de nouvelles avenues pour l’investissement étranger.

Les entreprises multinationales des économies en transition ont vu leur flux d’IED vers l’étranger diminuer de plus de moitié en 2015. Les tensions géopolitiques, des dépréciations fortes des monnaies locales et les contraintes d’accès aux marchés de capitaux ont réduit les sorties d’IED à 31 milliards de dollars - valeur enregistrée pour la dernière fois en  2005.

Pays développés
Après trois années consécutives de contraction, les flux d’IED vers les pays développés ont rebondi fortement à leur plus haut niveau depuis 2007. Des valeurs exceptionnellement élevées des fusions-acquisitions internationales entre les économies développées ont été le principal facteur de ce rebondissement. Les considérations stratégiques, mais aussi l’optimisation fiscale, ont mené aux acquisitions et aux restructurations des entreprises dans des secteurs tels que l’industrie pharmaceutique. Le niveau des projets dans la création de capacités annoncés est également resté élevé.

Les flux vers l’Europe ont augmenté à 504 milliards de dollars, ce qui représente 29 % des flux mondiaux. Ce rebond a été tiré par une forte augmentation des IED en Irlande, en Suisse et au Pays-Bas. Les autres principaux bénéficiaires ont été la France et l’Allemagne ; tous deux ont vu une augmentation de l’IED par rapport à des niveaux très bas en 2014. Les entrées dans le Royaume-Uni sont tombées à 40 milliards de dollars, mais le pays est resté parmi les pays-hôtes les plus importants en Europe. En 2015, les flux d’IED vers l’Amérique du Nord ont atteint 429 milliards de dollars, dépassant le niveau record de 2000. L’IED vers les États-Unis a presque quadruplé, mais à partir d’un niveau historiquement bas en 2014.

Sauf une nouvelle vague de fusions-acquisitions internationales et reconfigurations des entreprises, la reprise de l’activité des IED enregistrée en 2015 ne pourra être soutenue au même niveau en 2016. Des mesures réglementaires récentes destinées à freiner l’inversion des impôts pourraient décourager les fusions-acquisitions internationales et les reconfigurations des entreprises. En outre, la croissance économique observée dans certains grands pays développés a ralenti  fin 2015.

En 2015, les multinationales des économies développées ont investi 1 100 milliards de dollars à l’étranger - une augmentation de 33 % par rapport à l’année précédente. L’Europe est devenue la plus grande région investisseur dans le monde en raison d’un fort rebond des acquisitions internationales de ses multinationales. Les investissements étrangers par les multinationales de l’Amérique du Nord sont restés stables, une augmentation significative des investissements sortants du Canada étant compensée par une baisse modérée des flux provenant des États-Unis. Les entreprises multinationales japonaises ont continué de rechercher des opportunités de croissance à l’étranger, en investissant plus de 100 milliards de dollars pour la cinquième année consécutive.

Pays les moins développés
Les flux d’IED vers les pays les moins avancés (PMA) ont augmenté de 33 % à un niveau record de 35 milliards de dollars. En Asie, les perspectives de l’intégration économique dans la région de l’ANASE ont stimulé l’IED du Myanmar et de la République démocratique populaire Lao. Les flux d’IED au Bangladesh ont atteint un niveau record. Des entreprises chinoises sont devenues les plus gros détenteurs de stock d’IED dans les PMA, devant les États-Unis. L’IED dans le groupe des PMA devrait diminuer en 2016. Ceci reflète une accalmie des IED dans un grand nombre d’économies africaines qui dépendent fortement des ressources naturelles.

Les pays en développement sans littoral
Les entrées d’IED dans les pays en développement sans littoral ont diminué pour la quatrième année consécutive à 24,5 milliards de dollars - soit une baisse de 18 %.  Cette baisse est due à la chute des IED dans les économies en transition sans littoral, en particulier le Kazakhstan, où les flux ont diminué de moitié. Malgré des prix des produits de base faibles, les entreprises d’Etat asiatiques ont été de plus en plus impliquées dans le secteur primaire de l’Asie centrale. Des investisseurs des pays en développement, en particulier de la Chine, détiennent une part croissante du stock d’IED dans les pays en développement sans littoral, tout comme dans le cas des économies des PMA. Les flux d’IED vers les pays en développement sans littoral, notamment les flux vers le sous-groupe des économies en transition, devraient augmenter si les plans de privatisations à grande échelle se matérialisent.

Les petits États insulaires en développement
Les flux d’IED vers des petits États insulaires en développement ont plongé de 32 % à un niveau le plus bas depuis cinq ans : à 4,8 milliards de dollars. Une réduction des investissements par les entreprises dans le secteur de l’énergie a contribué à une contraction des flux d’IED vers Trinité-et-Tobago, le plus grand pays-hôte de l’IED du groupe. En Afrique, les flux d’IED à destination de l’île Maurice ont chuté de 50 %, tandis qu’en Asie et en Océanie, la baisse des IED aux Maldives et à Fidji était moins importante. Les économies en développement et en transition représentent désormais la majorité des 10 premiers investisseurs dans les petits États insulaires en développement. Les perspectives d’IED dans ces petits États insulaires en développement restent faibles, en raison du manque d’opportunités d’investissements à grande échelle dans les industries extractives et la construction.

Flux d'IED par région, 2013-2015
(en milliards de dollars et en pour cent)

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Source : CNUCED, Rapport sur l’investissement dans le monde 2016
 



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