unctad.org | Conférence de presse de M. Supachai Panitchpakdi à la veille de l’ouverture de la treizième Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
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Conférence de presse de M. Supachai Panitchpakdi à la veille de l’ouverture de la treizième Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement
Le Secrétaire général de la CNUCED et le Président de l’Assemblée générale prônent le multilatéralisme et l’inclusion pour mieux guider l’économie mondiale

UNCTADXIII/DOHA/DPI/1
Doha, Qatar, (19 avril 2012)

Quelques heures à peine avant le coup d’envoi des travaux de la treizième édition de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED XIII), le Secrétaire général de la CNUCED a posé un diagnostic sans appel sur l’état économique du monde: « nous sommes à un tournant dangereux de l’évolution des choses en matière de développement ».  Le danger? « La financiarisation de l’économie mondiale », a précisé M. Supachai Panitchpakdi, en expliquant pourquoi il a voulu que la CNUCED XIII se tienne sur le thème: « Une mondialisation centrée sur le développement: vers une croissance et un développement équitables et durables ».

 
« Nous sommes vraiment à un tournant », a-t-il insisté cet après-midi, au cours de la conférence de presse qu’il a tenue aujourd’hui à Doha, au Qatar, lieu où se tiendra, du 21 au 26 avril, la CNUCED XIII.  Nous voyons, a-t-il dit, des changements de direction dans une économie dominée par les marchés financiers.  Compte tenu des crises à répétition qui affectent le monde et de leur impact négatif sur les acquis, « nous devons rechercher une voie alternative pour le développement », a souligné Supachai Panitchpakdi. 
 
Aux côtés du Président de l’Assemblée générale de l’ONU, M. Nassir Abdulaziz Al-Nasser, le Secrétaire général de la CNUCED a dressé les torts infligés à un monde marqué par la croyance, démentie aujourd’hui, que les marchés sont toujours favorables à l’économie et au développement et qu’ils peuvent s’autoréguler.  Il a dénoncé un monde où l’État est réduit à sa plus simple expression, fonctionnant sur le mode selon lequel « les profits sont privés et les pertes publiques ».
 
Les dogmes de la finance, a-t-il lancé, ne devraient pas être érigés en maîtres du développement.  La finance devrait au contraire contribuer à mobiliser l’épargne pour la création d’emplois et d’activités productives.  
 
À crise financière mondiale, solution globale, a lancé M. Supachai, avant de dessiner, en cinq traits, les contours d’une mondialisation centrée sur le développement.  La naissance de ce type de mondialisation exige d’abord que l’on corrige la dichotomie entre un commerce international fortement réglementé et un secteur financier qui aujourd’hui échappe à toute règle.  Il nous faut tout simplement inventer une architecture financière internationale, car aujourd’hui, elle n’existe pas, a-t-il tranché.
 
Il a ensuite appelé à une gouvernance mondiale de la mondialisation.  L’ONU et son Conseil économique et social (ECOSOC) ont été créés pour cela, il reste à comprendre pourquoi les États n’ont pas voulu exploiter ce potentiel, a feint de s’étonner le Secrétaire général de la CNUCED.
 
M. Supachai a aussi jugé urgent que l’on fasse de la création d’emplois la priorité de toutes les politiques de développement.  Il faut d’autre part, a-t-il ajouté, accorder aux États une marge de manœuvre politique.  Tout le monde en a besoin, a-t-il insisté, en rappelant que personne n’a eu l’idée de critiquer les pays développés lorsqu’ils ont usé de leur souveraineté et de leur espace politique pour sauver leurs banques. 
 
Il a plaidé pour la mise en place d’États « développementistes » capables de mobiliser leurs ressources intérieures, de renforcer leurs capacités productives et d’assurer une répartition équitable des gains.  Il faut enfin disposer, a-t-il conclu, d’un mécanisme international d’appui au développement pour accélérer la promotion d’outils aussi importants que le transfert de technologie.
 
M. Supachai a espéré que la CNUCED XIII réfléchira à ces questions et que forte des leçons apprises cette dernière décennie, elle donnera des indications sur la manière de travailler sur les Objectifs du Millénaire pour le développement après la date butoir de 2015.
 
La CNUCED doit réfléchir à la manière dont elle travaille, a-t-il ajouté avec encouragement.  Elle doit résolument adopter une approche intégrée.  On ne peut ignorer les liens intrinsèques existant entre commerce, investissements, entreprenariat et accès aux marchés.  On ne peut parler de commerce sans parler de taux de change, a insisté le Secrétaire général de la CNUCED. 
 
Cette treizième édition de la CNUCED est une occasion unique offerte à la communauté internationale, car c’est la première Conférence après la crise financière et économique, a fait observer le Président de l’Assemblée générale des Nations Unies.  Il a jugé qu’il est de l’intérêt des pays développés de soutenir la CNUCED puisque les fruits du développement bénéficieront à tous. 
 
Le Président de l’Assemblée a annoncé qu’il sera lui-même modérateur du débat de haut niveau que les chefs d’État et de gouvernement tiendront demain dans le cadre de la CNUCED XIII.
 
Il a rappelé qu’il convoquera au mois de mai prochain, à New York, un autre débat de haut niveau sur l’état de l’économie mondiale.  Il a promis que des idées pratiques et créatives seront avancées pour aider la communauté internationale à coordonner son action face aux crises multiples.   Toujours en mai, en prévision de la Conférence sur le développement durable de Rio, l’Assemblée, a annoncé son Président, tiendra un débat sur le thème « La route menant à Rio ». 
 
M. Al-Nasser s’est dit convaincu que les Nations Unies et l’Assemblée générale doivent jouer un rôle plus important dans la gouvernance économique mondiale car jusqu’ici, « elles ont été marginalisées ».  L’Assemblée est le forum le plus inclusif, et elle peut donner des directives pour assurer la cohérence et l’efficacité de l’action internationale, a-t-il conclu.

 


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