unctad.org | TDR-La finance sauvage continue d’alimenter l’instabilité et l’inégalité, selon un rapport de l’ONU
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Pour l'utilisation des médias d'information - Ce n'est pas un document officiel
TDR-La finance sauvage continue d’alimenter l’instabilité et l’inégalité, selon un rapport de l’ONU

EMBARGO
Le contenu de ce communiqué et du présent Rapport ne doit pas être cité ni résumé par la presse écrite, la radio, la télévision et les médias électroniques avant le
14 septembre 2017, 19:00
à Genève

UNCTAD/PRESS/PR/2017/031
Genève, Suisse, (14 septembre 2017)

La finance déréglementée reste au cœur du monde hypermondialisé actuel. L'incapacité à la maîtriser et à remédier aux inégalités bien enracinées qu’elle a créées compromet les efforts accomplis pour rendre l’économie inclusive, selon un rapport de l’ONU.

Dans le Rapport sur le commerce et le développement, 2017 : Au-delà de l’austérité − Vers une nouvelle donne mondiale, la CNUCED souligne que, bien qu’on n’ait cessé de répéter suite à la crise que des réformes majeures étaient urgentes et que certains affirment depuis peu que le système financier est enfin devenu plus sûr, plus simple et plus équitable, les mesurettes prises jusqu’à présent n’ont de loin pas interrompu la course folle de la finance. Les nouvelles réglementations n'ont abouti à guère plus qu’à imposer une modeste augmentation des fonds propres des banques et à un faible recul des opérations réalisées dans l’ombre.

« Les deniers publics ont été généreusement mis à contribution pour éviter le naufrage du secteur financier en 2007-2008, mais les causes profondes de l’instabilité financière ont été négligées aux niveaux national et mondial », a estimé le Secrétaire général de la CNUCED, Mukhisa Kituyi.

Ces dernières décennies, la finance a resserré l’emprise qu’elle exerce sur l’ensemble de l’économie de divers pays, comme en témoignent plusieurs indicateurs. Depuis les années 1990, les actifs totaux du secteur bancaire ont plus que doublé dans la plupart des pays, correspondant à plus de 300 % du produit intérieur brut (PIB) dans certains pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) (voir fig. 1). Il est estimé que le secteur bancaire des pays développés représente aujourd’hui 100 000 milliards de dollars, chiffre supérieur au revenu total mondial. De même, on constate que les actifs du secteur bancaire dépassent 200 % du PIB dans certains pays en développement et pays en transition.

 
La fragilité du système financier mondial

La concentration du secteur bancaire reste alarmante et constitue l’un des thèmes du rapport. Dans beaucoup de pays, les bilans consolidés des cinq premières banques représentent au total un montant supérieur au revenu national. Souvent, la somme des actifs et des passifs extérieurs du secteur privé est elle aussi plus élevée que le PIB. « Cela place le système financier mondial dans une situation très précaire », a affirmé M. Kituyi.

La financiarisation s’est accompagnée de l’accroissement de l’endettement dans les secteurs non financiers, qui a atteint 188 % du PIB mondial avant la crise. Bien que la trajectoire de croissance alimentée par la dette se soit interrompue en 2008 avec des conséquences désastreuses, cet indicateur a atteint en 2016 le niveau record de 230 % du PIB. Au vu de l’augmentation de l’endettement des ménages et de la réduction de la part des salaires dans le revenu (voir fig. 2), il devient de plus en plus difficile de fermer les yeux sur les liens entre endettement et insécurité.

Les inégalités de revenus se creusent encore

Dans le rapport, la CNUCED examine les rapports étroits entre ces tendances et l’aggravation des inégalités. Elle montre que l’écart de revenu entre les 10 % de la population au revenu le plus élevé et les 40 % au revenu le plus faible s’est creusé avant quatre des cinq crises financières observées dans le monde depuis la fin des années 1970. Dans deux pays sur trois, l’inégalité a également continué d’augmenter après la crise. Les mécanismes à l’œuvre sont complexes et varient d’un pays à l’autre, mais peuvent se résumer comme suit : la « grande échappée » des revenus les plus élevés favorise la sous-consommation, l’endettement privé et l’investissement spéculatif dans un contexte où l’emprise des intérêts fortunés sur les agendas politiques et réglementaires se renforce, rendant ainsi le système financier plus vulnérable, d’où les crises. Pendant la reprise, ce sont les pauvres qui subissent les conséquences des ajustements (perte de revenus et d’emplois) dans un contexte aggravé par les politiques d’austérité.

Figure 1 : La financiarisation : actifs bancaires totaux
(En pourcentage du PIB)
PR17031_fig 1_TDR_financialization_fr.jpg
Source : Secrétariat de la CNUCED.
Note : Les pays de l’OCDE pris en compte sont l’Allemagne, l’Espagne, les États-Unis d’Amérique, la France, l’Italie, le Japon, la République de Corée et le Royaume-Uni. Les pays en développement et pays en transition sont l’Afrique du Sud, le Brésil, le Chili, la Chine, la Fédération de Russie, l’Inde, le Mexique, la Thaïlande et la Turquie.

Figure 2 : Endettement dans les secteurs non financiers et part du travail dans le revenu
(En pourcentage du PIB)
PR17031_fig 2_TDR_financialization_fr.jpg
Source : Secrétariat de la CNUCED.
Note : Les pays pris en compte sont indiqués dans la note de la figure 1.



Pour plus d'informations, veuillez contacter:
Unité de Communication et d'information de la CNUCED
T: +41 22 917 5828
T: +41 79 502 43 11
E: unctadpress@unctad.org
Web: unctad.org/press


Loading..

Please wait....

Charlie Hebdo