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Transports maritimes : une mauvaise connectivite rend plus vulnérables les pays économiquement faibles

EMBARGO
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25 octobre 2017, 19:00
à Genève

UNCTAD/PRESS/PR/2017/036
Genève, Suisse, (25 octobre 2017)

​Dans un monde interdépendant, le commerce, la communication et la finance sont tributaires de la possibilité pour les individus, les entreprises et les sociétés d’établir des relations, et le fossé se creuse entre les pays qui sont le mieux connectés et ceux qui le sont le moins, lit on dans un nouveau rapport de l’ONU.

Selon l’Étude sur les transports maritimes 2017, publiée aujourd’hui par la CNUCED, la connectivité insuffisante des transports maritimes continue de compromettre l’accès des petits pays économiquement faibles aux marchés mondiaux. La solution de ce problème passe par la modernisation des port maritimes et des systèmes de cabotage et la réforme des procédures douanières et des autres procédures d’importation et d’exportation de ces pays.

Beaucoup de pays en développement sans littoral, de petits États insulaires en développement et de pays les moins avancés, qui ont accès à des liaisons de transport moins nombreuses, moins fréquentes, moins fiables et plus coûteuses que les autres, comptent parmi les pays les plus pénalisés par cette situation.

« Nos études montrent qu’il est possible d’améliorer sensiblement la planification et les prévisions si l’on tient compte des données relatives aux réseaux de transport maritime dans l’élaboration des politiques générales pertinentes, par exemple dans le cadre de la négociation des accords commerciaux et des plans de développement des infrastructures de transport », a fait observer le Secrétaire général de la CNUCED, Mukhisa Kituyi, avant la publication du rapport.

Les lignes maritimes régulières nationales, régionales et intercontinentales devraient, dans la mesure du possible, être connectées entre elles. Aujourd’hui, dans de nombreux pays, les services de cabotage maritime sont protégés de la concurrence étrangère. Ces limitations du marché peuvent conduire à des inefficiences évitables et à un affaiblissement de la connectivité maritime.

Des politiques bien pensées autorisant − sous certaines conditions précises − les compagnies maritimes internationales à transporter des cargaisons destinées au marché intérieur ou des cargaisons internationales à partir de navires collecteurs peuvent améliorer la compétitivité des ports maritimes d’un pays et l’accès des importateurs et des exportateurs aux services internationaux de transport maritime.

« Il est important de favoriser la concurrence entre les ports si l’on veut que les exploitants portuaires maximisent l’efficacité et fassent bénéficier leurs clients des gains d’efficacité », a affirmé Shamika N. Sirimanne, Directrice de la Division de la technologie et de la logistique de la CNUCED.

Cette concurrence ne devrait pas s’exercer uniquement entre les ports maritimes d’un pays ; elle devrait aussi concerner les ports des pays voisins. Pour améliorer la connectivité maritime, il faut donc également garantir un accès effectif à l’arrière pays grâce aux liaisons de transport intérieur et de transport multimodal. Des marchés régionaux de transports routiers, des voies navigables intérieures, des infrastructures ferroviaires et routières et des régimes de transit efficaces constituent d’importants outils qui peuvent servir à renforcer la concurrence entre les ports.

Le transit peut être facilité conformément aux normes et recommandations internationales, notamment celles qui ont été formulées par l’ONU, l’Organisation mondiale des douanes et l’Organisation mondiale du commerce.

Les administrations douanières et les autres organismes présents aux frontières doivent se moderniser en permanence pour accélérer la circulation des marchandises. Les travaux que la CNUCED mène pour aider les pays à automatiser leurs procédures douanières et à intégrer d’autres procédures administratives relatives au commerce montrent que de telles mesures peuvent réduire les coûts de transaction, diminuer le temps de séjour des marchandises dans les ports et accroître la transparence. 
 
Champions régionaux

Les principaux nœuds du réseau mondial de transport maritime sont Malacca, Panama, le détroit de Gibraltar et le canal de Suez, et le trafic est généralement plus dense dans l’hémisphère nord, exception faite des zones situées autour de Maurice, de l’Afrique du Sud et de Santos (Brésil).

Sur la côte ouest de l’Amérique du Sud, le Panama est le pays le mieux connecté de la sous région, en partie grâce au canal de Panama qui a favorisé la création de ports de transbordement.

Sur la côte est de l’Amérique du Sud, l’Argentine, le Brésil et l’Uruguay sont desservis par les mêmes compagnies. Bien que l’Uruguay soit un pays beaucoup plus petit, il accueille les mêmes services, non seulement pour ses propres importations et exportations, mais également pour les marchandises en transit du Paraguay et les services de transbordement vers l’Argentine et le Brésil, où les restrictions en matière de cabotage limitent le potentiel de transbordement des ports nationaux.

En Afrique, les pays les mieux connectés sont l’Égypte, le Maroc et l’Afrique du Sud, qui bénéficient de leur situation aux extrémités du continent.

Dans la péninsule arabique, les Émirats arabes unis, qui possèdent un port d’éclatement à Dubaï, affichent toujours l’indice de connectivité des transports maritimes réguliers le plus élevé de la sous région.

En Asie du Sud, Sri Lanka a surpassé ses voisins. À Colombo, de grands porte conteneurs assurent la liaison entre l’Asie et l’Europe et offrent certains services en Afrique et en Amérique du Sud.

En Asie du Sud Est, Singapour et la Malaisie sont dans une large mesure desservies par les mêmes compagnies pour ce qui est des liaisons Asie Europe, et leur indice de connectivité des transports réguliers évolue généralement de la même façon.

En Asie de l’Est, c’est la Chine qui affiche le meilleur indice de connectivité des transports réguliers, ses ports comptant parmi les principaux sites de chargement du monde. 

Liaisons manquantes

Plus de 80 % des paires de pays ne sont pas reliées directement. Cela vaut notamment pour les grands pays commerçants situés de part et d’autre du même océan, comme le Brésil et le Nigéria.

« L’une des grandes questions qui se pose aux analystes du commerce et des transports est celle de savoir si l’absence de liaison directe entre deux pays est due à l’insuffisance de la demande ou si les échanges commerciaux entre deux partenaires sont peu nombreux faute de liaison adéquate », a dit Jan Hoffmann, Chef du Service de la logistique commerciale de la CNUCED.

L’absence de liaison maritime directe avec un partenaire commercial, lit on dans le rapport, est associée à une valeur des exportations plus faible − la différence pouvant atteindre 40 % lorsqu’un transbordement supplémentaire est nécessaire − et les paires de pays peuvent réduire les coûts commerciaux de 9 % en créant une nouvelle liaison maritime directe.

La CNUCED mène les travaux de recherche concernant la connectivité des transports maritimes depuis la première édition, en 2004, de son indice de connectivité des transports maritimes réguliers.


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