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LDC - Le progrès des pays les moins avances passe par l’accès a des services énergétiques modernes

EMBARGO
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22 novembre 2017, 18:00
à Genève

UNCTAD/PRESS/PR/2017/037
Genève, Suisse, (22 novembre 2017)

Selon le Rapport 2017 sur les pays les moins avancés de la CNUCED : L’accès à l’énergie comme vecteur de transformation, il est indispensable de développer l’accès à des sources énergétiques modernes adéquates, abordables et fiables pour permettre aux pays les plus pauvres du monde de se libérer du piège de la pauvreté.

D’après le rapport, qui est publié aujourd’hui, les 47 pays les moins avancés (PMA)1 sont en train de prendre un retard considérable par rapport au reste du monde en développement pour ce qui est de l’accès des ménages et des entreprises à l’énergie. Malgré les progrès importants qu’ils ont réalisés ces dernières années, ces pays devraient augmenter leur taux d’électrification de 350 % par an pour atteindre l’objectif mondial de l’accès universel à l’énergie d’ici à 2030.

« La réalisation de l’objectif de développement durable no 7 n’est pas seulement une question de satisfaction des besoins énergétiques de base des ménages ; bien sûr, elle améliorerait déjà considérablement le bien-être de la population », a dit M. Mukhisa Kituyi, Secrétaire général de la CNUCED, avant la publication du rapport, mardi, à Genève. « Pour que l’électrification ait un effet véritablement transformateur sur les économies des PMA, elle doit reposer sur des services d’approvisionnement en énergie modernes qui stimulent la productivité et la production de biens et de services. »

« L’utilisation productive de l’énergie est le facteur qui transforme l’accès à cette énergie en développement économique et qui garantit la viabilité économique des investissements d’infrastructure correspondants. Mais, pour parvenir à ce résultat, il faut aller au-delà de la satisfaction des besoins des ménages et donner un accès qui soit transformateur, c’est-à-dire qui réponde aux besoins des producteurs en leur offrant un approvisionnement énergétique adéquat, fiable et abordable », a ajouté M. Kituyi.

Cette relation à deux sens entre utilisation productive de l’énergie et développement économique, appelée « couple énergie-transformation » dans le rapport, est très faible dans les PMA. Plus de 40 % des entreprises sont freinées dans leur activité de production par un approvisionnement en électricité inadéquat, peu fiable et trop coûteux. Chaque mois, les entreprises subissent en moyenne 10 coupures de courant d’une durée approximative de cinq heures chacune, qui leur coûtent 7 % de leur chiffre d’affaires.

Alors que dans les autres pays en développement 10 % de la population en moyenne n’ont pas accès à l’électricité, ce taux reste supérieur à 60 % dans les PMA. En outre, la capacité de production d’électricité par habitant de ces pays en tant que groupe ne représente que 8 % de celle des autres pays en développement, et à peine 2 % de celle des pays les plus riches. 
 
Il est grand temps pour les donateurs d’honorer leurs engagements en matière d’aide

Il sera onéreux pour les PMA de se doter de l’accès universel à l’énergie moderne d’ici à 2030. En effet, sur la base des estimations mondiales, le rapport indique qu’il devrait leur en coûter entre 12 milliards de dollars et 40 milliards de dollars par an. Or, pour que l’énergie devienne un vecteur de transformation, les dépenses seront encore supérieures.

D’après le rapport, les ressources actuellement disponibles sont loin de suffire. Le montant total de l’aide publique au développement affectée au secteur énergétique s’élève à seulement 3 milliards de dollars par an ; de plus, la plupart des PMA n’ont que peu de ressources intérieures à consacrer aux investissements publics et doivent limiter leurs emprunts pour éviter le surendettement.

Les investisseurs privés n’ont guère d’appétit pour les investissements dans les infrastructures électriques des PMA, à cause des coûts irréversibles élevés, de la durée des cycles de projet et de la lenteur du retour sur investissement. En outre, la plupart des PMA sont considérés comme des pays à relativement haut risque, même si l’existence d’instruments permettant d’atténuer ces risques, tels les produits d’assurance et de garantie, pourrait aider à renforcer la confiance.

Les gouvernements pourraient lever des capitaux en développant leur marché obligataire intérieur ou en faisant appel à de nouvelles sources de financement telles que les investisseurs à impact, les fonds d’infrastructure et, dans certains PMA, à la population vivant à l’étranger.

Le mieux serait encore, d’après le rapport, que les donateurs internationaux respectent l’engagement qu’ils ont pris de longue date dans le cadre du Programme d’action d’Istanbul en faveur des pays les moins avancés pour la décennie 2011-2020 d’allouer au moins 0,15 % à 0,20 % de leur revenu national à l’aide aux PMA. Les niveaux actuels de l’aide apportée chaque année aux PMA sont inférieurs à cet objectif d’un montant compris entre 33 milliards de dollars et 50 milliards de dollars.
 
Les PMA auront besoin d’appui pour exploiter le potentiel des énergies renouvelables

Les énergies renouvelables, telles que l’énergie solaire et l’énergie éolienne, pourraient avoir un effet révolutionnaire dans les zones rurales des PMA, où 82 % des habitants n’ont pas accès à l’électricité, et contribuer à lever les obstacles traditionnels à l’électrification des campagnes.

Cependant, jusqu’à présent, l’électricité renouvelable non hydraulique repose essentiellement sur des technologies à petite échelle, telles que les lampes solaires ou les installations autonomes alimentant les logements de particuliers. Si ces technologies ont apporté certaines améliorations, elles sont encore tout à fait insuffisantes pour permettre aux PMA de transformer leur économie.

Il est essentiel de déployer rapidement des technologies à usage collectif fondées sur les énergies renouvelables, capables d’alimenter les réseaux et les miniréseaux, qui sont indispensables non seulement pour les foyers mais également pour les entreprises et le secteur industriel. Néanmoins, pour parvenir à cet objectif, les PMA doivent surmonter d’importants obstacles technologiques, économiques et institutionnels. À cette fin, des politiques nationales appropriées et un appui international plus solide seront nécessaires.

Bien que le potentiel des PMA en matière d’énergies renouvelables soit considérable, les énergies éolienne et solaire ne peuvent suffire, à elles seules, à répondre à tous leurs besoins. À cet égard, l’énergie hydraulique joue un rôle prépondérant, puisqu’elle produit actuellement la moitié de l’électricité totale utilisée dans les PMA ; les combustibles fossiles continueront souvent aussi de jouer un rôle important, compte tenu du passage progressif à des énergies moins carbonées telles que le gaz naturel.

Étant donné que, dans le secteur énergétique, les technologies, et plus particulièrement les technologies fondées sur les énergies renouvelables, sont en constante évolution, il est essentiel que les PMA aient accès à celles qui sont adaptées à leur situation particulière et qu’ils renforcent les capacités d’assimilation du secteur.

La Banque de technologies pour les pays les moins avancés, qui a été récemment créée, pourrait contribuer à ces activités, mais les pays développés pourraient y contribuer encore davantage en respectant les obligations de transfert de technologies qu’ils ont contractées en signant la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques et le Protocole de Kyoto.



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End Notes
  1. Afghanistan, Angola, Bangladesh, Bénin, Bhoutan, Burkina Faso, Burundi, Cambodge, Comores, Djibouti, Érythrée, Éthiopie, Gambie, Guinée, Guinée-Bissau, Haïti, Îles Salomon, Kiribati, Lesotho, Libéria, Madagascar, Malawi, Mali, Mauritanie, Mozambique, Myanmar, Népal, Niger, Ouganda, République centrafricaine, République démocratique du Congo, République démocratique populaire lao, République-Unie de Tanzanie, Rwanda, Sao Tomé-et-Principe, Sénégal, Sierra Leone, Somalie, Soudan, Soudan du Sud, Tchad, Timor-Leste, Togo, Tuvalu, Vanuatu, Yémen et Zambie.


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