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COMMUNIQUÉ DE PRESSE
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Le «juste» commerce: d’après des experts, réduire la pauvreté et augmenter les capacités économiques exige un changement d’approche de la part des pays en développement
L’ouverture au commerce ne suffit pas; la structure de l’économie doit changer, les gouvernements doivent donner les orientations nécessaires

UNCTAD/PRESS/PR/Doha/2012/023
Doha, Qatar, (21 avril 2012)

Réduire la pauvreté, en particulier dans les pays les plus pauvres, passe par une action déterminée et bien conçue des gouvernements pour que le commerce aide l’économie à créer des emplois et à produire des biens plus diversifiés et plus élaborés, ont déclaré ce matin un certain nombre d’experts.

Une réunion-débat sur «Commerce et réduction de la pauvreté: les chaînons manquants», organisée le deuxième jour de la treizième session de la Conférence, a mis en lumière un dilemme auquel étaient confrontés les économistes et les pays en développement avant même que la récente crise économique mondiale ne rende encore plus difficile toute hausse du niveau de vie dans ces pays.

Le problème: même lorsque ces pays ont enregistré des taux élevés de croissance économique entre 2001 et 2007, beaucoup n’ont obtenu que de médiocres résultats en matière de réduction de la pauvreté.

Réduire les obstacles au commerce et faire confiance aux forces du marché ne suffit pas, ont expliqué les intervenants, faisant observer que les 48 pays les moins avancés (PMA) avaient enregistré un taux moyen de croissance économique de 7,1 % par an entre 2011 et 2008, sans que l’extrême pauvreté ne diminue sensiblement, quand elle n’avait pas augmenté. En 1990, par exemple, 18 % des personnes vivant dans l’extrême pauvreté se trouvaient dans des PMA; en 2007, le chiffre était de 36 %.

Les participants ont dit que l’ouverture du commerce dans certains pays avait entraîné une dépendance nationale croissante à l’égard d’un nombre limité d’exportations, le plus souvent des produits de base - denrées agricoles de base ou ressources naturelles brutes. De tels produits ont toujours été vulnérables à de brutales variations de prix, n’ont qu’un impact limité sur la création d’emplois, et n’aide pas à promouvoir, au sein de l’économie intérieure, une diversification de la production susceptible de contribuer à la création de richesse. Dans quelques PMA, les années d’expansion 2001-2007 ont en fait été marquées par une baisse de la production industrielle alors même que les exportations de produits de base augmentaient.

«Il y a développement à la fois par défaut et à dessein», a déclaré Mme Dorcas Makgato-Malesu, Ministre du commerce et de l’industrie du Botswana, en expliquant comment son pays comptait sur le commerce pour stimuler une croissance économique stable. La découverte de gisements de diamants et de diverses autres ressources naturelles ouvrait des perspectives, a-t-elle ajouté, mais le Gouvernement s’était attaché à concevoir des politiques qui s’appuieraient sur le commerce de ces produits pour le plus grand profit de l’ensemble de la population.

Mme Heidi Hautala, Ministre finlandaise du développement international, a instamment demandé aux pays en développement d’inciter le secteur privé à créer des emplois décents afin de se libérer de la dépendance à l’égard de l’aide. Elle a également demandé aux autres partenaires de développement de renforcer leur appui à l’Initiative d’aide au commerce dans l’optique de renforcer les capacités productives et de réduire les inégalités de revenus dans les PMA.

Pan Sorasak, Secrétaire d’État du Cambodge, a évoqué l’expérience de son pays en matière d’institutionnalisation du commerce en tant que stratégie de développement. La diversification des exportations, le perfectionnement des compétences et la réduction de la dépendance liée au commerce restaient d’importants défis.

Mme Siti Kassim, Ministre comorienne de l’emploi, a souligné que pour promouvoir une croissance équitable et durable, son pays devait diversifier sa production et ses exportations et améliorer sa compétitivité de façon que l’expansion du commerce intra-insulaire, régional et international contribue à la création d’emplois.

Mme Nada Al-Nashif, Sous-Directrice générale et Directrice régionale pour les États arabes du Bureau international du Travail, a dit que pour que le commerce ait de larges effets positifs, il fallait placer au cœur des stratégies nationales de développement des politiques équitables de protection sociale et de création d’emplois.

M. Ransford Smith, Secrétaire général adjoint du Secrétariat du Commonwealth, a dit que la qualité de l’intégration commerciale était un facteur essentiel de développement du commerce et de réduction de la pauvreté, en particulier pour les petits États insulaires en développement.

Plusieurs orateurs ont dit que les pays en développement qui avaient obtenu les progrès les plus impressionnants et les plus réguliers dans la lutte contre la pauvreté ces dernières années - comme la Chine et l’Inde - n’appliquaient pas des mesures de libéralisation rapide de leur commerce. Au contraire, ils ouvraient progressivement leur économie aux marchés internationaux et à la concurrence internationale - et ils le faisaient de façon à augmenter leurs capacités productives, c’est-à-dire la capacité de leur économie de produire des biens plus diversifiés et plus élaborés. Passer à des niveaux supérieurs de technologie et sortir de la dépendance à l’égard de l’agriculture étaient des étapes nécessaires pour les PMA et beaucoup d’autres pays africains, ont indiqué divers intervenants. Une telle «transformation structurelle» exigeait aussi d’améliorer la productivité agricole afin de nourrir des populations, y compris urbaines, croissantes. Les gouvernements devaient bien planifier et choisir les stratégies à mettre en œuvre pour que le commerce ait ces effets économiques positifs et favorise la création d’emplois plus nombreux et mieux rémunérés.

Les intervenants ont souligné l’importance d’une démocratie multipartite et d’une bonne gouvernance pour le processus de développement. Il a été reconnu que davantage de travaux de recherche devraient être menés sur différentes catégories de pauvreté et différents groupes sociaux pour que les gouvernements des PMA puissent concevoir de meilleures stratégies de développement du commerce.


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