COMMUNIQUÉ DE PRESSE
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Le Rapport sur le commerce et le développement de la CNUCED − trois décennies de réflexion sur le développement

UNCTAD/PRESS/PR/Doha/2012/024
Doha, Qatar, (22 avril 2012)

Dans son Rapport sur le commerce et le développement, publié chaque année depuis plus de trente ans, la CNUCED a prévu l’influence grandissante de la mondialisation sur l’économie des pays en développement, mis en garde contre les dangers de la déréglementation des flux financiers et de l’instabilité des taux de change, et constamment affirmé - en s’opposant à l’orthodoxie du marché libre des années 1980 et 1990 - que les gouvernements avaient un rôle important à jouer pour favoriser une expansion économique régulière et à long terme.

Ce sont là quelques-unes des conclusions d’une publication présentée officiellement aujourd’hui - Trade and Development Report, 1981-2011: Three Decades of Thinking Development - qui recense les grandes questions ayant trait à l’économie mondiale et aux stratégies de développement traitées dans le rapport phare de la CNUCED depuis 1981.

Cette présentation s'est tenue dans le cadre de la treizième session de la Conférence sur le commerce et le développement (CNUCED XIII), qui se tient jusqu’au 26 avril à Doha (Qatar) et dont le thème est «Une mondialisation centrée sur le développement».

La publication montre comment le Rapport sur le commerce et le développement a contribué à élargir le débat sur la façon dont les pays pauvres pouvaient mettre à profit les forces mondiales pour assurer leur progrès économique et améliorer le niveau de vie de leur population.

Dans la préface de la publication, Supachai Panitchpakdi, Secrétaire général de la CNUCED, note que «Le Rapport sur le commerce et le développement, publié pour la première fois alors qu’une crise de la dette était sur le point d’éclater, est devenu le principal instrument permettant à la CNUCED de proposer une évaluation de l’évolution de la situation mondiale et de préconiser différentes orientations possibles. Témoigne de la qualité des travaux de recherche présentés dans le Rapport le fait que quasiment aucune autre institution internationale n’a mis en garde des pays tels que le Mexique ou la Thaïlande contre les dangers potentiels d’une ouverture rapide de leur compte de capital, n’a évoqué le risque pour les pays à revenu intermédiaire d’être piégés dans les créneaux de production à faible valeur ajoutée des réseaux internationaux de production ou n’a averti de la menace que représentaient pour la stabilité économique et sociale des niveaux croissants d’inégalité.».

L’économie mondiale a profondément changé depuis le lancement du Rapport sur le commerce et le développement au début des années 1980, mais pour les économistes de la CNUCED «la raison d’être du Rapport reste entière: il continue de proposer une évaluation critique des événements économiques courants et des mesures prises aux niveaux national et international, des analyses prospectives et des recommandations fondées sur des données factuelles», ajoute M. Supachai.

Le Rapport a la réputation de présenter des idées, des opinions, des propositions et des approches analytiques qui s’écartent de la pensée économique dominante. Se plaçant dans une perspective de développement, les travaux de recherche rigoureux et indépendants de ses auteurs se sont toujours, année après année, fondés sur le concept d’interdépendance globale et sur les principes d’une macroéconomie keynésienne. Un thème récurrent en a été la contribution active de l’État au développement économique.

La première partie de la publication montre que l’originalité du Rapport sur le commerce et le développement s’enracine dans une analyse des politiques et des stratégies nationales au regard du fonctionnement de l’économie mondiale et de ses institutions. Innovant par rapport aux débats de l’époque sur les problèmes et les politiques de développement, le Rapport a abandonné la distinction qui était faite entre questions macroéconomiques à court terme et questions de développement à long terme et qui caractérisait alors de façon déterminante «l’économie du développement». D’emblée, il a insisté sur l’importance de l’environnement extérieur pour le développement; d’une certaine façon, il a anticipé la notion de mondialisation.

L’approche «globale et intégrée», dans le Rapport sur le commerce et le développement, des politiques relatives à l’emploi, au commerce, à la dette, aux questions monétaires et financières ainsi qu’aux problèmes de balance des paiements est illustrée par ses analyses de la crise de la dette des années 1980, sa vision des problèmes créés par les conditionnalités associées aux programmes d’ajustement structurel des institutions financières internationales, et ses mises en garde contre les dangers pour les pays en développement d’une instabilité croissante du taux de change et de l’ouverture à des flux de capitaux déréglementés. Plus récemment, à propos de la crise économique et financière mondiale et ses incidences macroéconomiques, le Rapport a appelé l’attention sur les faiblesses de la gouvernance monétaire et financière internationale et sur les profondes incohérences entre les politiques commerciales, financières et monétaires au niveau mondial.

Le Rapport sur le commerce et le développement a appelé à trouver un juste équilibre entre les règles et les mesures multilatérales, d’un côté, et l’autonomie d’action au niveau national, ou marge d’action selon les économistes de la CNUCED, en matière économique, de l’autre. Ce point de vue a nourri les débats économiques ces dernières années. En défendant la nécessité de se préoccuper des difficultés et des besoins spécifiques locaux, le Rapport a vivement critiqué l’approche «universelle» des politiques de développement souvent adoptée par les institutions internationales.

Le rôle de l’État en matière de développement économique, s’agissant en particulier d’encourager la formation de capital pour assurer la diversification économique, a été un thème récurrent du Rapport. Tout en se montrant prudent quant aux bienfaits du marché libre - et se distinguant en cela de l’attitude d’autres organisations - le Rapport sur le commerce et le développement n’a jamais eu l’intention de se mettre au service d’une idéologie «antimarché». Au contraire, son objectif a été de promouvoir un pragmatisme bien ciblé en matière d’élaboration des politiques, l’enjeu étant, non pas «l’État contre le marché», mais «une politique efficace» contre «le fondamentalisme de marché». Le Rapport s’est donc efforcé d’aider les pays en développement à créer ce que d’aucuns appellent parfois un «État développementiste».

La seconde partie de la publication présentée aujourd’hui consiste en une compilation de contributions d’experts à une réunion-débat intitulée «Thinking Development: Three Decades of the Trade and Development Report», tenue à Genève le 20 février en tant que réunion préalable à la treizième session de la Conférence.

À cette occasion, M. Rubens Ricupero, ancien Secrétaire général de la CNUCED, a décrit le Rapport sur le commerce et le développement comme une «encyclopédie de la pensée sur le développement»; Mme Jayati Ghosh, professeur à l’Université Jawaharlal Nerhu de New Delhi (Inde), a dit qu’elle espérait que «la vision économique extrêmement logique, nuancée et cependant pragmatique qui caractérise la série des Rapport sur le commerce et le développement» deviendra la façon générale de penser et de voir les choses; et M. Faizel Ismail, Ambassadeur et Représentant permanent de l’Afrique du Sud auprès de l’Organisation mondiale du commerce, a dit que le Rapport avait eu une influence positive sur la politique de développement de son pays. Il a donné comme exemple l’application par l’Afrique du Sud des concepts d’«État développementiste», d’intégration stratégique, de politique industrielle et de marge d’action.

La publication est disponible à l’adresse suivante: http://www.unctad.org/en/PublicationsLibrary/gds2012d1_en.pdf .


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