COMMUNIQUÉ DE PRESSE
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Débat de haut niveau sur la contribution du système commercial international à un développement équitable
Les pays en développement doivent mettre en œuvre des politiques intérieures stratégiques et préserver leur ouverture commerciale pour promouvoir un travail décent et le développement

UNCTAD/PRESS/PR/Doha/2012/029
Doha, Qatar, (25 avril 2012)

Les pays en développement doivent mettre en place des stratégies nationales et renforcer leurs capacités industrielles pour mieux intégrer leur économie dans les segments à haute valeur ajoutée des chaînes de valeur. Ce qui permettra de stimuler le commerce, de créer des emplois et d'améliorer les  perspectives de ces pays en matière de revenus, ont estimé les participants au débat sur "le système commercial international et le développement équitable», organisé dans le cadre de la  treizième session de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED XIII), organisée à Doha au Qatar, du 21 au 26 avril.

Les intervenants ont insisté sur le fait que le commerce constituait une condition nécessaire, mais non suffisante à la réalisation d’un développement équitable et durable. Ils ont estimé que la manière dont les pays libéralisent leur économie - choix des secteurs, rythme, politiques appliquées - influe beaucoup sur l’efficacité et l’ampleur de la diffusion des effets positifs du commerce international dans la population.

Pour le Secrétaire général de la CNUCED, «le système commercial multilatéral est un bien public mondial précieux pour tous et doit être renforcé». Ce système devient multipolaire en raison de l’émergence de nouveaux acteurs et de l’accroissement des débouchés commerciaux dans le Sud. «L’architecture commerciale multilatérale joue un rôle essentiel», a-t-il déclaré. Quant aux tensions actuelles entre la mondialisation et les impératifs nationaux de développement, il a appelé à trouver des moyens de rendre ces deux éléments compatibles et complémentaires.

Le Directeur général de l’OMC, M. Pascal Lamy, a déclaré que «le système commercial multilatéral n’a pas besoin d’être réformé». La structure du commerce international a évolué, mais les questions débattues à l’OMC restent les mêmes. En revanche, leur importance relative a changé et chacune se heurte à des contraintes politiques intérieures. «Le problème, ce sont les résistances nationales à la poursuite de la libéralisation du commerce, par peur de la concurrence», a-t-il ajouté.

Selon certains intervenant, l’une des principales difficultés rencontrées pour mettre le commerce au service du développement est que les pays en développement produisent surtout des matières premières et consomment des produits finis. Tout l’enjeu est de les amener à produire des biens à plus forte valeur ajoutée et à créer les emplois dont ils ont tant besoin. «Ce n’est pas simple et cela requiert des mesures stratégiques de soutien du développement industriel», a déclaré le Ministre sud-africain du commerce, M. Rob Davies, pour qui, dans le cas des pays africains, une plus forte intégration régionale contribuerait à leur commerce, au renforcement de leurs capacités nationales et à leur croissance économique.

Divers intervenants ont déclaré que les pays en développement avaient besoin que le Cycle de négociations commerciales de Doha s’achève sur un résultat équilibré et équitable. Il était important que ce résultat privilégie les questions de développement, par exemple par une amélioration de l’accès aux marchés et l’élimination des distorsions commerciales préjudiciables aux pays en développement. Certains produits provenant de pays en développement possédaient un avantage comparatif, mais restaient soumis à des droits de douane élevés dans certains pays développés, ont-ils fait observer.

Pour plusieurs intervenants, le «développement» n’était pas suffisamment intégré à la nouvelle rhétorique du commerce international. Les chaînes mondiales d’approvisionnement n’étaient pas la panacée et les prétendues «vieilles» questions commerciales - telles que la réforme du secteur agricole et le commerce d’autres biens - ne devaient pas être oubliées. Ce qui avait changé au cours de la dernière décennie, c’était le nombre des acteurs, leur composition et leurs capacités économiques. «L’impasse du Cycle de Doha n’est pas un problème institutionnel, c’est une question d’équilibre équitable», a déclaré M. Roberto Carvalho de Azevêdo, Ambassadeur du Brésil auprès de l’OMC.

L’Ambassadeur de l’Inde auprès de l’OMC, M. Jayant Dasgupta, a dit que la libéralisation du commerce devait être un «outil de développement», et non pas être considérée comme une fin en soi. Elle faisait des gagnants et des perdants à court terme, et l’ampleur des ajustements requis pouvait être insupportable pour des pays en développement dont les capacités intérieures étaient insuffisantes. Des cadres réglementaires et des institutions appropriés, des politiques complémentaires et des filets de protection sociale étaient nécessaires pour assurer un développement durable et équitable.

M. Zhang Xiangchen, Directeur général du Département de la recherche du Ministère chinois du commerce, a dit que la Chine entendait jouer un rôle constructif au sein du système commercial multilatéral, mais pas un rôle dirigeant, car elle restait un pays en développement.

Divers intervenants ont dit que la CNUCED devait continuer de jouer son rôle d’instance de débat et de formation de consensus sur les nouvelles problématiques du commerce international et du système commercial, afin que d’autres, dont l’OMC, puissent ensuite les reprendre à des fins normatives. En ce sens, ils considéraient que la CNUCED avait vocation à rendre cohérente l’élaboration des politiques économiques au niveau mondial. Aussi devait-elle renforcer ses activités pour mieux contribuer à la formation de consensus multilatéraux sur des questions d’une importance particulière pour la réalisation d’un développement équitable et durable.


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