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COMMUNIQUÉ DE PRESSE
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LE COMMERCE MARITIME A SUBI LES CONSEQUENCES DE LA CRISE ASIATIQUE
Une croissance modeste en 1999

TAD/INF/PR/9933
03 December 1999

L´expansion du commerce maritime mondial s´est poursuivie en 1998, passant pour la première fois le seuil des 5 milliards de tonnes. Son taux de croissance annuel a cependant diminué de moitié, s´établissant à 2,2% en 1998 (le plus bas niveau depuis 1987) et ne devrait pas le dépasser en 1999, indique la Review of Maritime transport 1999 (1), que la CNUCED publie aujourd´hui.

Selon la revue annuelle de la CNUCED sur les transports maritimes (140 pages, disponible uniquement en anglais), le ralentissement de la croissance du commerce maritime est dû à la diminution du commerce mondial des marchandises (3,5% en 1998 contre 10,5% en 1997) qui a suivi la crise asiatique.

Les estimations de la CNUCED indiquent que la croissance des chargements pétroliers devrait se situer à 1,9% en 1999. Cependant, la croissance du transport des marchandises solides devrait ralentir à 2,3%, même s´il est probable que le volume de vrac sec des principales matières premières augmente au même rythme qu´en 1998.

L´étude de la CNUCED présente les tendances du trafic maritime, analyse les résultats du commerce et du transport maritimes dans différentes régions en mettant l´accent sur les problèmes auxquels sont confrontés les pays en développement. Cette année, les récents développements du commerce et du transport en Amérique latine font l’objet d’une attention particulière.

En 1998, les chargements mondiaux de marchandises solides ont augmenté de 3,7% tandis que ceux des pétroliers sont restés marginaux à 0,4%. Cependant, le volume en vrac sec du minerai de fer et des céréales a diminué de 2,3% et de 6,4% respectivement. Le charbon est à nouveau la plus importante matière première commercialisée, son volume a augmenté de 2,6%.

En 1998, le total mondial des marchandises conteneurisées transportées par les services réguliers n´a augmenté que de 1,8%, après avoir gagné 8,5% en 1997. La part des pays en développement dans le total mondial des marchandises chargées n´a pratiquement pas changé à 51%. Comme par le passé, la part de ces pays reflète la place prépondérante des cargaisons de brut (84,1% du total mondial) sur le vrac sec (31,2% du total mondial).

En dépit du niveau élevé des importations de vrac sec (30,2%), y compris les produits manufacturés, la part des pays en développement dans le total des marchandises déchargées a légèrement diminué (27,6%). Celle des pays en développement d´Asie est de 26,2% pour les marchandises chargées et de 18,6% pour les marchandises déchargées.

Record de productivité

En 1998, la flotte marchande mondiale a augmenté de 1,6% par rapport à 1997 (788,7 millions de tonnes de port en lourd). Comme l´augmentation en tonnage a été inférieure à la croissance du trafic maritime, les indicateurs de productivité opérationnelle de la flotte mondiale restent favorables, avec un tonnage de marchandises transportées en port en lourd atteignant un record de 6,42.

L´analyse des structures régionales de la flotte mondiale montre une légère diminution de la part des pays en développement à 19,1% en 1998.

Dans le monde en développement, des déséquilibres régionaux significatifs persistent. Les pays en développement d´Asie détiennent les trois quarts du tonnage des pétroliers et des navires conteneurisés des pays en développement, alors que le taux de propriété des flottes des pays africains est inférieur à 5%.

Amérique latine

L´étude sur les transports maritmes souligne la nécessité de développer les services maritimes et de moderniser les flottes marchandes d´Amérique latine. Les coûts élevés du transport entravent la compétitivité du commerce, en particulier pour les petits pays en développement des Caraïbes et les pays en développement enclavés d´Amérique du sud.

Des opportunités prometteuses

En dépit de l´ouverture des économies latino-américaines et des perspectives prometteuses pour les investisseurs étrangers, les compagnies de la région sont largement absentes du secteur maritime mondial. La région détient à peine 4,4% de la flotte mondiale en termes de port en lourd.

Elle offre pourtant de bonnes opportunités à ceux qui cherchent à s´établir ou à développer des connections maritimes avec la région. Dans le secteur des navires de ligne, la région a essayé d´améliorer ses capacités de réponse aux besoins du trafic conteneurisé. Selon la CNUCED, les compagnies maritimes vont intégrer leurs opérations Nord/Sud et décider quels ports en Amérique du Sud vont fonctionner comme ports de transbordement afin de relier efficacement les services Est/Ouest ou "autour du monde" au transport Nord/Sud.

Les flottes conteneurisées en mains étrangères

L´Amérique centrale, les Caraïbes et le Mexique ont augmenté leur part dans les porteconteneurs mondiaux : 3,4% en 1998 contre 0,6% en 1990. Cependant, cette augmentation statistique est en grande partie due à un bond dans les inscriptions auprès des pays de libre immatriculation, tels que Antigua et Barbade, St-Vincent et les Grenadines. A eux seuls, ces deux pays représentent près de 95% de l´augmentation du tonnage de porteconteneurs observée en 1998.

Par contre, le tonnage en navires conteneurisés des principales nations commerçantes d´Amérique latine reste très bas.

Une flotte marchande âgée

Avec 75% des navires d´au moins 15 ans, la flotte marchande latino- américaine est la plus vieille du monde, la référence mondiale se situant à 50%. La situation est particulièrement critique dans nombre d´économies latino-américaines de premier plan, comme l´Argentine, le Chili, la Colombie, le Mexique, le Pérou et le Vénézuela. Dans chacun des cinq principaux types de navires (pétroliers, vraquiers, polyvalents, porte-conteneurs et autres), la majeure partie du tonnage total est âgée d’au moins 20 ans.

Le Brésil, l´un des seuls grands pays commerçants de la région à ne pas suivre cette tendance, a réduit l´âge moyen de sa flotte. Ceci a contribué à l´amélioration de la moyenne d´âge des flottes latino-américaines.

Amélioration des coûts de fret en Amérique latine mais répartition inéquitable des bénéfices.

Il existe cependant un domaine où les résultats des pays d´Amérique latine sont meilleurs que ceux d´autres pays en développement, c´est celui du maintien de coûts de fret bas, en pourcentage du total de la valeur d´importation.

En 1997 (dernière année pour laquelle on dispose de statistiques complètes), les coûts de fret ont été ramenés à 7,02% contre 8,17% au début de la décennie. Ces coûts connaissent toutefois des variations importantes selon les pays de la région.

S´agissant de la région, c´est dans les Caraïbes que le facteur fret est le plus élevé avec 11,10% en 1997, puis la zone maritime nord de l’Amérique du Sud (Guyane française, Antilles néerlandaises, Surinam, Vénézuela) avec 10,26% et la façade maritime ouest (Chili, Colombie, Equateur) avec 7,20%.

Les coûts de fret en Amérique centrale se montent à 5,54%, les moins élevés parmi les pays en développement américains et très proches de la moyenne mondiale de 5,24%. Les facteurs de fret du Mexique (4,42%), du Brésil (6,36%) et de l’Argentine (6,53%) sont relativement bas.

Comme on peut s’y attendre, les facteurs de fret des pays enclavés tels que la Bolivie (11,10%) et le Paraguay (11,33%) sont très élevés. Au sein des pays insulaires caraïbéens, la République dominicaine, Haïti et la Jamaïque doivent affronter les charges les plus lourdes, entre 12 et 13% de la valeur d´importation.

Des facteurs géographiques et des différences au niveau du commerce et des systèmes et modèles maritimes peuvent expliquer ces variations. Le développement des ports et des autres infrastructures maritimes, en particulier dans le secteur des transports de ligne, affecte aussi largement les coûts globaux de fret.




Annotations

1. The Review of Maritime Transport, 1999 (No de vente. E.99.II.D.21) peut être obtenue au prix de 50 $ auprès de la section des publications et des ventes des Nations Unies, Palais des Nations, CH - 1211 GENEVE 10, Suisse, F: +41 22 917 0027, E: unpubli@unog.ch, ou auprès de la section des publications et des ventes, bureau DC2-0853, Secrétariat des Nations Unies, New York, N.Y. 10018, Etats-Unis, T: +1 212 963 8302 or +1 800 253 9646, F: +1 212 963 3489, E: publications@un.org, Internet: www.un.org.





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