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COMMUNIQUÉ DE PRESSE
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SIGNES ENCOURAGEANTS POUR L`INVESTISSEMENT ETRANGER DIRECT EN AFRIQUE
Le Rapport sur l´investissement dans le monde 1998, publié par la CNUCED, met en évidence la forte rentabilité des investissements étrangers en Afrique et dresse la liste des pays figurant dans le peloton de tête

TAD/INF/PR/9844
02 November 1998

L´investissement étranger direct (IED) des sociétés transnationales (STN) atteint un faible niveau en Afrique, mais certains signes laissent présager qu´il augmentera à l´avenir. La croissance, les réformes économiques et les améliorations apportées au cadre réglementaire dans de nombreux pays du continent sont des facteurs positifs dont les investisseurs aussi bien nationaux qu´étrangers prennent de plus en plus conscience, indique le Rapport sur l´investissement dans le monde 1998 : Tendances et facteurs, publié ce jour par la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED).

Le Rapport 1998 met en évidence la forte rentabilité des investissements en Afrique. Il indique que dans le cas des IED des Etats-Unis, par exemple, le taux de rentabilité n´est tombé au-dessous de 10 pour cent qu´une année seulement (1986) entre 1980 et 1997. Depuis 1990, le taux de rentabilité s´est établi en moyenne à 29 pour cent et depuis 1991..., le rendement net des investissements directs britanniques en Afrique aurait augmenté de 60 pour cent entre 1989 et 1995.

Si l´on exclut l´Afrique du Sud, l´IED en Afrique s´est établi, en 1997, à 3 pour cent seulement des flux totaux vers les pays en développement, pour un montant de 4,7 milliards de dollars E.U. (contre 4,8 milliards en 1996). Les deux tiers du total sont allés au

Nigéria, à l´Egypte, au Maroc, à la Tunisie et à l´Angola. Dans une très large mesure, l´IED a été lié en Afrique aux ressources naturelles. Ainsi, le Nigeria, l´Angola, la Guinée équatoriale, le Botswana, la Namibie et la République-Unie de Tanzanie en ont été les principaux bénéficiaires.

Principales mesures de politique influant sur l´IED en Afrique

De nombreuses données économiques fondamentales s´améliorent dans un certain nombre de pays (malgré la baisse des cours des produits de base), tandis que des régimes favorables à l´investissement sont mis en place. L´amélioration des politiques mises en uvre aussi bien à l´extérieur (par exemple, l´initiative des Etats-Unis en faveur de l´Afrique et les programmes d´un certain nombre d´organisations internationales visant les pays les moins avancés) qu´à l´intérieur, laissent bien augurer de l´avenir pour un nombre de plus en plus grand de pays africains.

L´afflux d´IED en Afrique fait ressortir une nette différentiation entre les pays qui cumulent la stabilité politique, une croissance saine et un environnement favorable à l´investissement, et les autres.

Le Rapport indique qu´en raison des importantes différences qui existent, les investisseurs doivent examiner un par un les pays de la région et les secteurs d´activité pour décider de leurs IED.

Si la grande majorité des IED dont a bénéficié la région sont allés à relativement peu de pays, un certain nombre de petits pays d´Afrique, tels que le Lesotho et le Malawi, attirent de plus en plus d´IED. Ces pays ont reçu en 1996 un montant d´IED par millier de dollars E.U. de PIB supérieur à celui de nombre des principaux bénéficiaires. Dans certains cas, le montant élevé d´IED reçu par les petits pays s´explique par leur richesse en ressources naturelles. Dans d´autres cas, les pays sont considérés comme relativement bien placés pour accueillir des IED donnant accès aux marchés de grands pays voisins (par exemple le Lesotho par rapport à l´Afrique du Sud).

Du côté positif, le Rapport souligne que 1997 a été la quatrième année consécutive de croissance économique pour l´ensemble de l´Afrique. Dans plusieurs pays, le taux de croissance du PIB a été supérieur à 5 pour cent. Les privatisations sont devenues un facteur d´attraction de plus en plus important pour l´IED, même s´il est encore loin d´être pleinement mis à profit par la plupart des pays d´Afrique. En Afrique subsaharienne, 299 millions de dollars E.U. de privatisations sur un total de 623 millions sont allés à des investisseurs étrangers. Le Ghana occupe la première place avec 186 millions de dollars E.U., en grande partie imputables à la vente à des investisseurs étrangers d´une participation de 112 millions dans Ashanti Goldfields, suivi par le Kenya avec 137 millions de dollars E.U., comprenant une participation de 26 pour cent au capital de Kenya Airways cédée à la KLM (Pays-Bas) pour un montant de 26 millions de dollars E.U.

Les pays africains redoublent leurs efforts pour améliorer le cadre de leurs politiques en le rendant plus favorable aux investisseurs étrangers. En 1997, 47 pays de la région sur 53 avaient adopté une législation nationale régissant l´IED. Des progrès ont aussi été observés dans l´amélioration des institutions, l´ouverture commerciale et le renforcement de l´infrastructure des télécommunications. Les organismes de promotion de l´investissement se multiplient et les gouvernements des pays africains sont de plus en plus conscients de la nécessité d´offrir des conditions générales plus favorables à l´investissement en réduisant les formalités administratives et en luttant contre la corruption.

Les principaux pays d´origine des STN qui ont investi en Afrique au cours de la période 1982-96 sont le Royaume-Uni, la France, les Etats-Unis, l´Allemagne, le Japon, et les Pays-Bas. Au cours des dernières années, la France a dépassé le Royaume-Uni, devenant ainsi la première source d´IED en Afrique. Dans le même temps, les flux d´IED de l´Asie vers l´Afrique se sont sensiblement accrus, et ont été principalement imputables aux STN de la République de Corée et de la Malaisie, ainsi que de la province chinoise de Taiwan et de la Chine. La crise financière asiatique aura peut-être un impact sur l´IED en provenance de cette région en 1998. Le Rapport indique toutefois que, mis à part la diminution des flux provenant de la République de Corée, on ne décèle jusqu´à présent aucun signe de réduction sensible de l´IED asiatique en Afrique.

Le "peloton de tête" des pays africains montre la voie à suivre

Le Rapport 1998 distingue en Afrique un " peloton de tête " comprenant un certain nombre de pays qui attirent un volume relativement élevé et croissant d´IED. Ces pays montrent que les pays africains peuvent devenir intéressants pour les investisseurs étrangers, même lorsque les troubles politiques et l´instabilité économique rapportés dissuadent de nombreux investisseurs d´explorer les possibilités que le continent peut offrir.

L´analyse, qui repose sur un ensemble d´indicateurs clés rapportant les flux d´IED à la taille de l´économie, à la formation brute de capital fixe, mesurés par habitant, ainsi qu´à d´autres facteurs, montre que le " peloton de tête " comprend les pays africains suivants : Botswana, Guinée équatoriale, Ghana, Mozambique, Namibie, Tunisie et Ouganda.

Ces pays sont les plus dynamiques d´Afrique par le volume des flux d´IED qu´ils ont attiré au cours de la période 1992-96, d´après les indicateurs utilisés dans le Rapport 1998. Ils ont reçu plus de 24 pour cent des apports totaux d´IED à l´Afrique alors qu´ils ne représentent que 9 pour cent de la population et 8 pour cent du PIB du continent. Ils forment un groupe hétérogène tant par leur niveau de développement que par leur situation géographique.

Toutefois, fait observer le Rapport 1998, un grand nombre de pays africains sont encore largement mis à l´écart par les investisseurs étrangers. Il faut donc que les gouvernements des pays africains mettent en place un ensemble de mesures politiques et macro-économiques afin d´offrir un environnement plus attractif à l´IED. Parallèlement, diverses mesures externes doivent être prises pour renforcer le courant d´IED à destination de l´Afrique : notamment, mobiliser une aide au développement afin d´améliorer les conditions d´investissement, par exemple en matière d´infrastructures ; ouvrir les marchés des pays développés aux exportations africaines ; et, surtout, réduire la lourde dette extérieure sous laquelle croulent de nombreux pays africains.

L´Afrique du Sud enregistre une forte augmentation de ses entrées et de ses sorties d´IED

Les apports d´IED à l´Afrique du Sud ont augmenté l´an passé, atteignant 1,7 milliards de dollars E.U., contre 760 millions en 1996, en raison principalement du grand nombre des privatisations. Parmi celles-ci figuraient la vente de 30 pour cent de Telkom, ainsi que la privatisation de six stations de radio, de la compagnie aérienne intérieure Sun Air et d´un groupe hôtelier et alimentaire. Au cours des quatre dernières années, pas moins de 80 pour cent de l´IED ont eu pour origine les Etats-Unis, la Malaisie, le Royaume-Uni, l´Allemagne et le Japon. Environ 60 pour cent des apports totaux d´IED sont allés à des fusions et acquisitions. En 1997, les firmes britanniques et malaisiennes ont joué un rôle prédominant dans ce domaine. Durant le premier semestre de 1998, les apports d´IED à l´Afrique du Sud ont continué d´être motivés principalement par les privatisations, notamment l´acquisition par la firme italienne Aeroporti di Roma d´une participation de 20 pour cent dans l´autorité aéroportuaire. Selon le Rapport 1998, des investissements étrangers ont peut-être aussi été attirés par la restructuration et le "dépeçage" de grands conglomérats sud-africains.

Les STN sud-africaines ont réalisé, en 1997, 2,3 milliards de dollars E.U. d´IED à l´étranger, contre 57 millions seulement l´année précédente. Ce chiffre représente plus du double des sorties d´IED de l´ensemble des autres pays Africains. Parmi les principales STN d´Afrique du Sud, on trouve des firmes des secteurs suivants : mines, finance, papier, verre, boissons et hôtellerie.




Pour plus de renseignements, veuillez contacter :
Chef du Service, Karl P. Sauvant
Service de l´investissement international des sociétés transnationales et de la technologie
Division de l´investissement, de la technologie et du développement des entreprises
CNUCED
T: +41 22 907 5707
F: +41 22 907 0194
E: karl.sauvant@unctad.org
Attachée de presse, Muriel Scibilia
CNUCED
T: +41 22 907 5725/5828
F: +41 22 907 0043
E: press@unctad.org.



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