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COMMUNIQUÉ DE PRESSE
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LES INVESTISSEMENTS ETRANGERS EN ASIE A L`HEURE DES CHANGEMENTS

TAD/INF/PR/9841
02 November 1998

Les investissements étrangers en Chine enregistrent un nouveau record en 1997, mais un reflux semble maintenant probable, estime le Rapport sur l´investissement dans le monde 1998 de la CNUCED.

Dans toute la région de l´Asie et du Pacifique, d´importants changements se dessinent dans l´investissement étranger direct (IED). Ils sont attribuables à la crise financière actuelle, au nouvel intérêt des entreprises européennes et à des facteurs critiques qui jettent le doute sur la poursuite de l´essor de l´investissement intérieur en Chine, note le Rapport sur l´investissement dans le monde 1998 : tendances et facteurs, publié ce jour par la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED).

En 1997, les IED ont atteint le niveau record de 45,3 milliards de dollars E.U. (contre 40,8 milliards en 1996), soit près du tiers de l´IED total pour l´ensemble des pays en développement. Un ralentissement des flux à destination de la Chine semble maintenant probable. D´une façon plus générale, le Rapport publié ce jour met en évidence les nouvelles tendances de l´IED dans la région. Ainsi :

  • Les sociétés transnationales (STN) européennes, qui avaient jusqu´ici largement négligé l´Asie, s´intéressent maintenant activement à la région. La crise financière actuelle offre aux firmes européennes, comme aux autres, la possibilité immédiate de pénétrer sur le marché asiatique ou d´y développer leurs opérations existantes.
  • La crise financière freine la capacité de nombreuses STN asiatiques à investir dans d´autres parties de la région.
  • L´accroissement des flux d´IED à destination de la région se concentre sur le secteur des services, notamment la banque, les assurances et les télécommunications. La restructuration de certaines branches des services dans quelques uns des pays touchés par la crise offre des opportunités aux investisseurs étrangers.
  • Les fusions et acquisitions occupent une place de plus en plus importante dans l´IED à destination de l´Asie. Les participations majoritaires étrangères ont plus que triplé en 1997 par rapport à 1996, passant de 4 à 13 milliards de dollars E.U.
Les fusions et acquisitions dans les cinq pays en crise

Les pays de la région les plus touchés par la crise financière sont l´Indonésie, la République de Corée, la Malaisie, les Philippines et la Thaïlande.
Naturellement, note le Rapport 1998, la perte de contrôle national sur les entreprises, compte tenu spécialement de l´augmentation sensible du nombre des fusions et acquisitions, à l´occasion desquelles les entreprises étrangères ont acquis des participations majoritaires, suscite des préoccupations croissantes. Si les fusions et acquisitions sont généralement considérées comme moins souhaitables que les investissements « neufs », tout dépend des circonstances et des autres issues possibles, y compris souvent la faillite. Ces préoccupations sont néanmoins compréhensibles, en particulier lorsque les fusions et acquisitions prennent l´allure de braderies. En tout état de cause, le contrôle étranger de pans entiers d´un secteur d´activité, ou même d´une petite partie d´un secteur clé, est souvent un problème sensible, dans les pays développés aussi bien qu´en développement.

Les chiffres clés de l´IED dans les régions de l´Asie

Les entrées d´IED en Asie et dans le Pacifique ont atteint le chiffre considérable de 87 milliards de dollars E.U. en 1997 (contre 80 milliards en 1996), tandis que les sorties de la région se sont établies à 51 milliards de dollars E.U. (contre 46 milliards). Selon le Rapport 1998, plus de 90 pour cent des entrées et des sorties d´IED ont concerné l´Asie de l´Est et du Sud-Est, la Chine et Hong Kong. La Chine a enregistré à elle seule des entrées de 48 milliards de dollars E.U. et des sorties de 28,5 milliards.

D´importants flux d´IED à destination de l´Asie du Sud et du Sud-Est (voir TAD/INF2763) ainsi qu´un ralentissement vers la Chine semblent prévisibles cette années. Selon le Rapport 1998, l´une des raisons pour lesquelles ont peut s´attendre à une augmentation à court et moyen terme des flux d´IED à destination des pays touchés par la crise est la baisse pour toutes les firmes du coût d´établissement ou d´expansion des installations de production dans ces pays.

Plusieurs grandes fusions et acquisitions ont eu lieu dans les 5 pays les plus touchés depuis le début de la crise (Indonésie, République de Corée, Malaisie, Philippines et Thaïlande). Globalement, la valeur de ces fusions et acquisitions en pourcentage des flux d´IED vers ces 5 pays a été relativement faible par comparaison avec l´Amérique latine, mais elle a été supérieure au chiffre relevé pour l´ensemble de l´Asie.

L´Asie du sud fait un bond en avant

Les flux d´IED à destination de l´Asie du Sud ont enregistré un nouveau record en 1997 avec un montant de l´ordre de 4,4 milliards de dollars E.U. (contre 3,3 milliards en 1996), ce qui est dû en majeure partie à la progression de 37 pour cent des flux vers l´Inde.

Si les flux dont bénéficie l´Inde augmentent rapidement, ils demeurent beaucoup plus faibles que ceux de pays plus petits comme le Chili. Le Rapport publié ce jour souligne que l´Inde dispose du potentiel pour absorber des accroissements très importants d´IED. Les flux à destination des autres pays de la région restent faibles. Ainsi, les apports d´IED au Pakistan stagnent depuis des années en raison de blocages administratifs et d´une médiocre situation économique.

Flux d´IED à destination de l´Asie occidentale et centrale

Les flux d´IED à destination de l´Asie occidentale et centrale sont passés à 2,4 milliards de dollars E.U. en 1997, dont 80 pour cent se sont dirigés vers le Kazakhstan et l´Azerbaïdjan, principalement pour s´investir dans l´industrie pétrolière florissante. La République de Corée a été le principal investisseur étranger dans la région, suivie par les Etats-Unis et le Royaume-Uni.

Le Rapport 1998 met en évidence le potentiel de l´IED en Asie centrale, mais note aussi les nombreux problèmes rencontrés, par exemple, le manque de transparence des programmes de privatisation, l´absence de fiabilité de l´information sur les projets d´investissement, les incertitudes juridiques et, dans certains pays, l´inconvertibilité de la monnaie.

Les îles du Pacifique

Enfin, le Rapport signale une importante progression de l´IED, l´an dernier, à destination des pays insulaires du Pacifique. Il note toutefois que, vu l´étroitesse de leur base productive, ces pays ont une capacité d´absorption limitée. Les entrées totales d´IED dans cette région sont passées de 190 millions de dollars E.U. en 1996 à 378 millions en 1997. La Papouasie-Nouvelle-Guinée a vu tripler ses entrées d´IED , qui de 111 millions l´année précédente sont passées à 300 millions en 1997. Vanuatu a attiré 30 millions de dollars E.U. d´IED contre 28 millions en 1996.

L´essor de l´IED en Chine

Le Rapport 1998 conclut qu´un fléchissement des flux d´IED à destination de la Chine paraît probable à court terme. En effet, de multiples facteurs conduisent à cette conclusion :

  • La faiblesse de certains pays parmi les principaux pourvoyeurs d´IED à la Chine, par exemple Hong Kong (Chine), le Japon, la République de Corée, la Thaïlande et la Malaisie ;
  • Les chiffres récents des approbations d´IED en Chine font apparaître une importante réduction par rapport aux niveaux records enregistrés dans le passé ;
  • Un ralentissement de la croissance économique chinoise pourrait entraîner une réduction des IED en quête de marchés ;
  • Les entrées massives d´IED ont peut être été induites dans le passé par la capacité excédentaire de certains secteurs en Chine ;
  • La concurrence que se livrent les entreprises de la zone côtière pour vendre sur le marché intérieur lamine peut-être les bénéfices ;
  • Les augmentations de salaires et l´érosion des incitations dans certaines régions de Chine qui ont accueilli dans le passé une grande quantité d´IED pourraient entraîner un ralentissement des entrées ; et
  • La compétitivité des prix chinois par rapport à ceux d´autres pays d´Asie s´est détériorée.

Perspectives de l´IED issu de la région

Les grandes STN asiatiques sont d´importants investisseurs étrangers, notamment dans la région. Elles investissent à la fois dans les pays les plus développés d´Asie et dans certains des plus pauvres. Elles s´intéressent pour la plupart aux investissements « neufs », mais les activités de fusion et d´acquisition sont en augmentation.

Le Rapport 1998 indique que la croissance globale de l´IED issu des pays d´Asie a été en partie compromise par une réduction considérable des IED provenant de la Malaisie, de la Thaïlande et de la République de Corée. Les STN de ces pays ont souffert de la crise financière, le recul ayant été particulièrement important pour celles de la République de Corée, dont les IED ont chuté de 69 pour cent à destination des Etats-Unis et de 37 pour cent vers l´Europe.

La forte progression enregistrée en Indonésie, due à un important investissement dans l´industrie pétrolière du Kazakhstan, a un caractère exceptionnel.

Le Rapport 1998 conclut qu´à court et peut-être à moyen terme, les sorties d´IED des pays en développement d´Asie resteront probablement à de bas niveaux.




Pour plus de renseignements, veuillez contacter :
Chef du Service, Karl P. Sauvant
Service de l´investissement international, des sociétés transnationales et de la technologie,
Division de l´investissement, de la technologie et du développement des entreprises,
CNUCED
T: +41 22 907 5707
F: +41 22 907 0194
E: karl.sauvant@unctad.org
ou
Attachée de presse, Muriel Scibilia
CNUCED
T: +41 22 907 5725/5828
F: +41 22 907 0043
E: press@unctad.org.



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