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COMMUNIQUÉ DE PRESSE
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LES FUSIONS ET ACQUISITIONS TRANSFRONTIERES PRÉDOMINENT DANS LES FLUX D’INVESTISSEMENTS ETRANGERS DIRECTS

TAD/INF/PR/9838
02 November 1998

Le Rapport sur l’investissement dans le monde 1998 de la CNUCED met en évidence les tendances clés de l’investissement international dans les principaux pays développés.

Selon le Rapport sur l’investissement dans le monde 1998 : tendances et facteurs, publié ce jour par la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement, les fusions et acquisitions transfrontières ont atteint 342 milliards de dollars en 1997 et le nombres de très grosses opérations impliquant les plus grandes sociétés transnationales (STN) est en augmentation.

Les activités de fusion et acquisition occupent une place prédominante dans les flux d’investissements étrangers directs (IED) entre les principaux pays développés. Le Rapport indique que les STN établies dans ces pays ont été à l’origine de sorties d’IED qui se sont élevées à 359 milliards de dollars E.U. en 1997 (283 milliards en 1996), tandis que les entrées d’IED dans ces pays totalisaient 233 milliards de dollars E.U. (195 milliards en 1996).

Le Rapport 1998 indique que les fusions et acquisitions entre STN dominantes, qui donnent naissance à des STN encore plus grandes, semblent empêcher les autres grandes STN d’engager des restructurations ou de réaliser de semblables opérations. Au niveau mondial, un certain nombre de société géantes opèrent, par exemple, dans les secteurs de la pharmacie, de l’automobile, de la défense, des télécommunications et de la finance. Selon le Rapport, le nombre total de grands constructeurs automobiles pourrait bien se réduire à 5 ou 10 d’ici 2010, alors qu’ils sont aujourd’hui une quinzaine. Dans l’industrie pharmaceutique, de nombreux marchés sont maintenant contrôlés par un nombre de plus en plus réduit de firmes, dont 7 ont un chiffre d’affaires supérieur à 10 milliards de dollars chacune, représentant environ le quart d’un marché estimé à 300 milliards de dollars E.U.

Le nombre des très grosses fusions s’accroît : la CNUCED en a enregistré 58 d’une valeur supérieure à 1 milliard de dollars E.U. chacune en 1997, pour un montant total de 161 milliards de dollars E.U. La plus importante fusion réalisée est l’acquisition de BAT Industries PLC-Financial du Royaume-Uni par Zurich Versicherungs Gmbh de Suisse pour 18,4 milliards de dollars E.U. suivie par l’achat de Corange Ltd, une société pharmaceutique des Bermudes, par Roche Holding AG de Suisse pour 10,2 milliards de dollars E.U. Les grandes fusions et acquisitions ont été concentrées en particulier dans les services financiers et les assurances, la chimie et la pharmacie, ainsi que dans les télécommunications et les médias.

Les chiffres clés aux Etats-Unis et en Europe de l’Ouest

Les sorties d’IED des Etats-Unis ont progressé de 53 pour cent l’an dernier, passant à 115 milliards de dollars E.U., les fusions et acquisitions représentant plus de 90 pour cent du total. Les entrées d’IED aux Etats-Unis ont augmenté de 19 pour cent pour atteindre 91 milliards de dollars E.U. Tant pour les entrées que pour les sorties, l’Union européenne est restée le premier partenaire des Etats-Unis, les investisseurs allemands et néerlandais se classant en tête des investisseurs étrangers aux Etats-Unis en 1997, avec plus de 10 milliards de dollars. Hors de l’Union européenne, la Suisse a été une importante source d’IED pour les Etats-Unis avec 8,3 milliards de dollars E.U. en 1997, soit à peine moins que la France et le Royaume-Uni.

Les entrées d’IED en Europe de l’Ouest se sont chiffrées à 115 milliards de dollars E.U. en 1997 (100 milliards en 1996), tandis que les sorties ont atteint 196 milliards de dollars E.U. (168 milliards en 1996). Les tendances ont été sensiblement différentes d’un pays à l’autre, les entrées ayant particulièrement progressé, par exemple, au Royaume-Uni. En revanche, une diminution importante a été enregistrée en France, en Autriche et en Belgique, en raison de changements dans la perception des localisations attractives.

Les entrées d’IED en Europe de l’Ouest se sont chiffrées à 115 milliards de dollars E.U. en 1997 (100 milliards en 1996), tandis que les sorties ont atteint 196 milliards de dollars E.U. (168 milliards en 1996). Les tendances ont été sensiblement différentes d’un pays à l’autre, les entrées ayant particulièrement progressé, par exemple, au Royaume-Uni. En revanche, une diminution importante a été enregistrée en France, en Autriche et en Belgique, en raison de changements dans la perception des localisations attractives.

La force d’attraction des Etats-Unis

Le Rapport sur l’investissement dans le monde 1998 explique pourquoi les Etats-Unis sont devenus une destination privilégiée des IED. La rentabilité élevée des entreprises en général a été de pair avec une amélioration des résultats des sociétés étrangères affiliées implantées aux Etats-Unis, dont beaucoup ont réinvesti dans le pays une part importante de leurs bénéfices. Hormis l’atout que représente la dimension et la croissance du marché intérieur, les investisseurs étrangers considèrent les Etats-Unis comme un pays attractif en raison de la flexibilité de son marché du travail, de la puissance que lui confère son rôle de centre de l’innovation technologique, du dynamisme de son secteur des services et de la qualité de ses gestionnaires.

Les sociétés américaines deviennent de plus en plus transnationales et le tiers des IED des Etats-Unis se dirigent maintenant vers les pays en développement. Ceux-ci sont par ailleurs à l’origine de 10 pour cent des entrées d’IED aux Etats-Unis. L’Amérique latine et les Caraïbes sont le principal partenaire des Etats-Unis en matière d’IED. Le secteur manufacturier occupe la première place pour les entrées d’IED aux Etats-Unis, tandis que la finance et les assurances arrivent en tête pour les sorties.

Tendances de l’IED en Europe

Une analyse des tendances récentes des entreprises européennes semble indiquer que les flux d’IED entre les Etats membres de l’Union européenne ont perdu quelque peu de leur importance. Pour la première fois depuis 1989, en effet, les sorties d’IED de l’Union européenne vers le reste du monde se sont établies en 1997 à peu près au même niveau que celles qui ont eu lieu à l’intérieur de l’Union. C’est peut-être là la conséquence de l’épuisement des effets de l’intégration économique. Mais certains signes donnent à penser que depuis l’annonce de l’Union monétaire européenne, les IED intrarégionaux sont de nouveaux orientés à la hausse, note le Rapport 1998.

Une grande partie des entrées d’IED dans l’Union européenne provient des Etats-Unis, de la Suisse et du Japon. Toutefois, depuis 1995, les IED du Japon sont en diminution. La Norvège, en revanche, est devenue un important investisseur. Ainsi, les Etats-Unis, la Suisse et la Norvège ont représenté ensemble plus de 90 pour cent des apports d’IED en provenance de l’extérieur de l’Union européenne en 1996, dernière année connue.

Les données concernant les sorties d’IED de certains pays de l’Union européenne font apparaître une orientation croissante vers les pays en développement, signale le Rapport. La part des pays en développement dans les sorties totales d’IED de ces pays est ainsi passée de 10 pour cent en 1991 à 14 pour cent en 1993, puis à 17 pour cent en 1996. En outre, les pays de l’Union européenne, notamment l’Allemagne et l’Autriche, ont été les principales sources des apports d’IED à l’Europe centrale et orientale.

L’effondrement des IED du Japon

Les sorties d’IED du Japon se sont effondrées, tombant à une moyenne annuelle de 22 milliards de dollars E.U. au cours de la période 1991-97, après avoir atteint une moyenne de 32 milliards au cours des années 1986-90. Le déclin de l’importance du Japon comme pays investisseur est dû principalement à l’éclatement de la « bulle » financière, au début des années 90, les sorties d’IED ayant été gonflées par l’abondance apparente des liquidités dans une économie en surchauffe, note le Rapport.

D’autres facteurs pourraient bien être la faiblesse de la monnaie japonaise et la reconnaissance par les firmes japonaises que leurs craintes de voir se constituer une « forteresse Europe » protectionniste étaient infondées. L’important ralentissement des sorties d’IED du Japon en période de forte croissance mondiale des flux et d’intensification des activités de fusions et acquisitions transfrontières des Etats-Unis et de l’Europe de l’Ouest pourraient porter un coup à la compétitivité du Japon sur la scène mondiale. Environ 40 pour cent des IED du Japon se dirigent vers les Etats-Unis, tandis que l’Asie en développement continue d’en recevoir le quart.

Les entrées d’IED ont atteint un niveau record au Japon, en 1997, avec plus de 3,2 milliards de dollars E.U., mais par comparaison les chiffres correspondants sont de 8,2 milliards pour le Canada et 9,6 milliards pour l’Australie. En fait, le Japon a représenté en 1997 moins de un pour cent des entrées globales d’IED.




Pour plus de renseignements, veuillez contacter :
Chef du Service, Karl P. Sauvant
Service de l´investissement international, des sociétés transnationales et de la technologie,
Division de l´investissement, de la technologie et du développement des entreprises,
CNUCED
T: +41 22 907 5707
F: +41 22 907 0194
E: karl.sauvant@unctad.org
ou
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CNUCED
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