unctad.org | L`INVESTISSEMENT ETRANGER DIRECT ENREGISTRE DE NOUVEAUX RECORDS MALGRE LA CRISE FINANCIERE - QUELQUES GAINS SONT ENCORE POSSIBLES EN 1998
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L`INVESTISSEMENT ETRANGER DIRECT ENREGISTRE DE NOUVEAUX RECORDS MALGRE LA CRISE FINANCIERE - QUELQUES GAINS SONT ENCORE POSSIBLES EN 1998

TAD/INF/PR/9837
02 November 1998

Le Rapport sur l´investissement dans le monde 1998 de la CNUCED met en évidence les tendances récentes de l´investissement international.

Les investissements étrangers directs (IED)(1) des sociétés transnationales (STN)(2) pourraient atteindre le chiffre record de 430-440 milliards de dollars E.U. en 1998, après avoir enregistré une croissance considérable au niveau mondial en 1997 : 19 pour cent pour les entrées (400 milliards de dollars E.U.) et 27 pour cent pour les sorties (424 milliards de dollars E.U.). Malgré le ralentissement de la croissance économique mondiale et la crise qui secoue les marchés financiers, la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le Développement (CNUCED) prévoit une nouvelle progression pour 1998.

Les données publiées aujourd´hui montrent que les actifs étrangers détenus par les STN, ainsi que leurs ventes et la valeurs ajoutée qu´elles produisent à l´étranger ont atteint de nouveaux records en 1997. Selon le Rapport sur l´investissement dans le monde 1998 : tendances et facteurs(3) que vient de publier la CNUCED, l´IED apparaît comme un important stimulant de la mondialisation et, inversement, sa croissance est la résultante directe de la mondialisation et de la libéralisation de l´économie.

Dans une analyse approfondie des tendances de l´investissement, le Rapport 1998 montre que le panorama du commerce mondial est en train de changer rapidement. Les principaux facteurs à l´origine de l´accélération de l´IED sont la montée des fusions et acquisitions, le nombre croissant des privatisations et l´important effort déployé par les pays pour attirer ce genre d´investissement. Les 100 premières STN mondiales représentent maintenant plus de 2 000 milliards de dollars E.U. de ventes et 6 millions d´employés à l´étranger.

IED et investissement de portefeuille Comme le fait observer le Rapport sur l´investissement dans le monde 1998, l´investissement étranger direct est une entreprise complexe. Il implique un engagement à long terme dans une activité commerciale et un important déploiement de ressources humaines et financières. On comprend mieux ainsi pourquoi l´IED est en général moins volatile que les investissements de portefeuille à court terme. Le Rapport publié ce jour souligne ce fait, mettant en évidence les facteurs qui expliquent la plus grande stabilité des IED :

  • Les STN attendent de l´IED des profits à long terme issus de la production de biens et services, tandis que les investissements étrangers de portefeuille sont motivés davantage par le rendement financier à court terme ;
  • Les IED sont motivés en général par des facteurs commerciaux, structurels ou de croissance potentielle, ce qui rend les stratégies qui les sous-tendent moins sujettes à la volatilité à court terme des marchés financiers ;
  • Les intérêts spécifiques des STN tels que l´acquisition de ressources naturelles ou d´installations de production réduisent les comportements moutonniers dans le domaine de l´IED ;
  • La liquidation d´actifs est plus compliquée et prend beaucoup plus de temps dans le cas des IED que dans celui des investissements de portefeuille.

En 1998, l´augmentation de l´IED sera probablement concentrée dans les pays développés, ainsi qu´en Amérique latine et dans les Caraïbes, annonce le Rapport 1998.

Sous l´effet de la crise financière asiatique, en revanche, les flux d´IED à destination de l´Asie et du Pacifique se maintiendront au mieux au même niveau qu´en 1997. Ce serait la première fois depuis 1985 que les flux d´IED vers cette région ne progresseraient pas. Il est probable aussi qu´on assistera au sein de la région à un fléchissement de l´IED vers la Chine, après six ans de progrès rapides qui ont vu les entrées totales d´IED passer en 1997 à 45 milliards de dollars E.U., soit près du tiers des flux totaux d´IED à destination de l´ensemble des pays en développement.

Prédire les flux d´IED vers les pays d´Asie de l´Est et du Sud-est qui ont été le plus touchés l´an passé par les difficultés financières est un exercice particulièrement délicat. En effet, si les facteurs négatifs sont nombreux, quelques éléments nettement positifs sont perceptibles. Par exemple, le Rapport indique que, calculé en dollars E.U., le coût de la création ou de l´expansion des installations de production a baissé dans ces pays pour toutes les firmes.

Nouvelles tendances clés de l´approche des STN

Les forces qui sous-tendent la mondialisation modifient la façon dont les STN poursuivent leurs objectifs d´investissement à l´étranger. La technologie et l´innovation sont devenues des éléments critiques de la compétitivité (ainsi, les recettes et les versements de redevances et de droits de licence des STN liés à la technologie ont connu une croissance à deux chiffres).

Le Rapport 1998 note que la libéralisation du commerce et de l´investissement ainsi que les privatisations ont joué un rôle moteur. Mais, parallèlement, les progrès technologiques ont permis aux entreprises de mieux coordonner leur réseaux internationaux élargis de production dans leur quête de compétitivité.

M. Rubens Ricupero, Secrétaire général de la CNUCED, fait observer dans l´aperçu général du Rapport que des changements s´opèrent dans les considérations sur lesquelles se basent les STN pour décider de la localisation de leurs nouveaux investissements à l´étranger. Les facteurs traditionnels tels que l´existence d´un régime favorable à l´IED, les ressources naturelles, les perspectives de croissance des marchés et leur taille, ainsi que les conditions du marché du travail, demeurent certes importantes. Mais, de plus en plus, les firmes cherchent à investir là où elles trouvent des avantages créés par l´homme, ce qu´on appelle les «actifs créés», et qui vont des atouts technologiques aux compétences particulières de la main-d´oeuvre.

Le Rapport déclare que, dans une économie en voie de mondialisation, la possession de ces actifs est critique pour la compétitivité des entreprises. Les pays qui développent ce genre d´actifs deviennent plus attractifs pour les STN : c´est l´importance grandissante des actifs créés qui est le plus significatif des changements affectant les facteurs économiques déterminant la localisation de l´IED dans une économie mondiale en voie de libéralisation et de globalisation, peut-on lire dans le Rapport.

Les nouvelles données fournies dans le Rapport font ressortir combien il est important pour les pays qui souhaitent bénéficier de l´IED d´être sensibles à ces changements fondamentaux. En 1997, l´IED a augmenté dans toutes les régions du monde, dans les pays développés aussi bien qu´en développement, et en Europe centrale et orientale. Les entrées d´IED, avec un montant total de 400 milliards de dollars E.U. au niveau mondial, ont presque doublé par rapport à 1990 et elles ont été multiplié à peu près par 7 depuis 1980. Les flux à destination des pays en développement ont atteint 149 milliards de dollars E.U. en 1997, ce qui représente 37 pour cent de l´IED total, contre 34 milliards seulement, soit 17 pour cent du total, au début de la présente décennie.

Les plus grandes STN et les données clés

Le Rapport établit le classement des 100 premières STN d´après le montant de leurs actifs à l´étranger : General Electric des Etats-Unis devance de justesse Royal Dutch Shell du Royaume-Uni et des Pays-Bas pour la première place. Il classe aussi les 50 premières STN des pays en développement : Deawoo Corporation de la République de Corée arrive en tête, avec une avance considérable. Ces listes montrent que les plus grandes STN mondiales deviennent de plus en plus transnationales, leur pays d´origine pesant de moins en moins dans leurs actifs, leur chiffre d´affaires et la localisation de leur personnel.

L´importance des STN dans le processus de mondialisation ressort du fait que le stock mondial d´IED, base du capital mis en uvre par les STN, a augmenté de plus de 10 pour cent en 1997 pour atteindre un montant estimé à 3 500 milliards de dollars E.U. Ce stock est détenu par quelque 53 000 STN, grandes et petites, qui contrôlent elles-mêmes au moins 450 000 sociétés étrangères affiliées. La valeur des actifs de ces sociétés affiliées représentait en 1997 le triple au moins du stock d´IED, de nombreuses opérations étant financées localement.

Le chiffre d´affaires global des sociétés étrangères affiliées à des STN est passée de 8 900 milliards de dollars E.U. en 1996 à 9 500 milliards en 1997. Et la valeur ajoutée qu´elles ont produite a représenté près de 7 pour cent du produit intérieur brut mondial (PIB) en 1997, contre 5 pour cent au milieu des années 80. Les ventes des sociétés étrangères affiliées augmentent plus vite que le commerce mondial. Et, de pair avec l´augmentation du volume global de l´IED, la production internationale contribue de plus en plus à l´interdépendance au sein de l´économie mondiale.

L´essor des fusions et acquisitions internationales

L´une des tendances les plus remarquables qui se dégage de la mondialisation est l´importance croissante des fusions et acquisitions transfrontières. Celles-ci sont maintenant l´une des principales forces motrices de l´IED et elles sont révélatrices des stratégies mises en uvre par la plupart des STN : liquidation d´activités secondaires et renforcement des avantages compétitifs par des acquisitions dans leurs métiers de base, déclare le Rapport. L´une des conséquences de ce phénomène est l´accentuation de la concentration au profit de quelques firmes dans chaque secteur d´activité.

La libéralisation du commerce (et notamment l´accord sur les services financier conclu l´an passé au sein de l´Organisation mondiale du commerce) ainsi que la déréglementation et les privatisations dans certains secteurs clés (par exemple, les télécommunications) ont stimulé les activités de fusion et acquisition. Les fusions et acquisitions majoritaires ont ainsi représenté 236 milliards de dollars E.U. d´IED en 1997, soit 58 pour cent de l´IED total, contre 50 pour cent à peine en 1996. 58 opérations ont atteint une valeur supérieure à 1 milliard de dollars E.U. chacune. Les STN de pays développés se sont adjugé 90 pour cent de ces fusions et acquisitions.

Les STN réalisent leurs objectifs de positionnement stratégique et de restructuration au moyen non seulement de fusions et acquisitions, mais aussi d´accords interentreprises transfrontières de plus en plus nombreux, dont beaucoup portent sur la technologie. Le Rapport 1998 souligne que ces accords sont particulièrement importants pour le renforcement de la compétitivité technologique des firmes. Leur nombre est passé d´une moyenne annuelle de moins de 300 au début des années 80 à plus de 600 au milieu des années 90 (depuis 1980, plus de 8 000 accords interentreprises ont été conclus dans des activités à forte intensité technologique).

De nouveaux accords façonnent la mondialisation

La mondialisation est façonnée entre autres par un ensemble de plus en plus étoffé d´accords économiques bilatéraux, régionaux et multilatéraux. M. Ricupero indiquant que la CNUCED tentait d´aider les pays en développement à participer efficacement aux discussions et aux négociations internationales sur l´investissement, a déclaré : "la CNUCED s´attache à cerner les intérêts des pays en développement et veille à ce que la dimension du développement soit comprise et dûment prise en compte dans les accords internationaux sur l´investissement."

Le Rapport 1998 note que rarement une activité aussi intense avait été entreprise par les gouvernements nationaux et les organisations internationales en matière de négociations sur l´investissement. Le nombre d´accords-cadres bilatéraux ne cesse de croître. A la fin de 1997, le nombre d´accords bilatéraux concernant les investissements s´élevait à plus de 1 500. Et, à la fin de la même année, 1 794 accords de double imposition couvrant 178 pays étaient en vigueur.

Le Rapport note par ailleurs que la récente négociation de nouveaux accords internationaux sur les investissements a fait ressortir un certain nombre de considérations fondamentales, notamment :

  • Quel que soit le sort des diverses initiatives, de nombreux pays estiment qu´ils doivent examiner les conséquences et l´opportunité des accords internationaux sur l´investissement.
  • Il est de plus en plus évident que ces accords sont difficiles à négocier car ils mettent en jeu, du moins en principe, tout un ensemble de questions relatives à la production et au processus de production ainsi que des facteurs sociaux et culturels. Ils soulèvent donc des problèmes complexes de politique nationale, dans les pays développés aussi bien qu´en développement.
  • Pour être efficaces les accords doivent être équilibrés. Il faut donc prendre en compte la diversité des situations s´agissant de pays qui se situent à différents stades de développement : l´un des principaux défis que doit relever la communauté internationale, et spécialement la CNUCED, est de faire en sorte que dans leur structure, leur contenu et leur application les accords internationaux sur l´investissement prennent en compte l´objectif du développement et concourent à sa réalisation.
  • Si un large consensus doit se forger autour des accords internationaux sur l´investissement, il devient évident que les préoccupations de toutes les parties susceptibles d´être touchées doivent être prises en compte dans les négociations, et donc que des représentants de la société civile doivent être associés au processus.



Annotations

1. On entend par investissement étranger direct, un investissement impliquant un contrôle de la gestion d´une entreprise résidente dans un pays par une entreprise résidente dans un autre pays. L´IDE implique un rapport à long terme traduisant l´intérêt durable d´un investisseur pour une entreprise étrangère.

2. Les sociétés transnationales comprennent les sociétés mères et les sociétés étrangères qui leurs sont affiliées : on entend par société mère une entreprise qui contrôle une ou plusieurs autres entreprises dans un ou plusieurs pays autres que son pays d´origine, habituellement sous forme de participation au capital. Dans le présent contexte, une participation au capital d´au moins 10 pour cent est normalement considérée comme un minimum aux fins du contrôle.

3. Le Rapport sur l´investissement dans le monde 1998 (numéro de vente E.98.II.D.5) peut être obtenu au prix de 45 U.S.$ auprès de la section publications/ventes des Nations Unies, Palais des Nations, Ch-1211 Genève 10, télécopieur 41 22 917 0027, E: unpubli@un.org, Internet: www.un.org ; ou auprès de United Nations Publications, Two UN Plaza, Room DC2-853, Dpt PRES, New York, N.Y. 10017, USA, T: 1 212 963 83 02 ou 1 212 963 34 89, E: publications@un.org.





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Chef du Service, Karl P. Sauvant
Service de l´investissement international, des sociétés transnationales et de la technologie,
Division de l´investissement, de la technologie et du développement des entreprises,
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