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COMMUNIQUÉ DE PRESSE
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FERME PROGRESSION DU COMMERCE MARITIME MONDIAL
Des structures de transport maritime inefficaces entravent le commerce des petits Etats insulaires en développement

TAD/INF/PR/9733
29 October 1997

En 1997, le commerce maritime mondial devrait atteindre le taux de croissance le plus élevé depuis 1990, augmentant de 3,8% par rapport à l´an dernier et se monter à 4,94 milliards de tonnes métriques. Cette estimation indique une amélioration significative par rapport au taux de 1996 (2,3%). Si cela se confirmait, l´augmentation serait supérieure au taux annuel moyen de 3,7% enregistré au cours de la décennie précédente.

Selon les prévisions à moyen terme, dans les principaux secteurs du commerce maritime mondial, la croissance annuelle moyenne devrait être de 3,9%. La situation de 1997, présentée dans l´Etude sur les transports maritimes, 1997 (1)(disponible uniquement en anglais), publiée aujourd´hui, semblerait indiquer que nous sommes à l´aube d´une nouvelle période d´expansion.

Cette Etude, que la CNUCED publie chaque année, décrit les tendances du commerce maritime, analyse les résultats comparatifs des différentes régions géographiques et met en particulier l´accent sur les pays en développement. Cette année, l´Etude examine de quelle manière des coûts de transport élevés sont une entrave au développement des petits Etats insulaires en développement pour lesquels la CNUCED joue un rôle de catalyseur dans le système des Nations Unies.

Si on détaille les données agrégées de 1996, il apparaît que le volume croissant de chargement de produits manufacturés sous forme conteneurisée (plus 4% par rapport à 1995) et une demande raisonnablement forte de transports pétroliers (plus de 3,8%) sont à l´origine des résultats de cette année. Ils sont toutefois atténués par les faibles performances du vrac sec, qui n´a augmenté que de 1,1%, principalement en raison du déclin des chargements de minerai de fer et de céréales, qui ont respectivement perdu 3,1% et 4,1%.

En 1997, ces tendances devraient s´inverser. Alors que la demande pétrolière devrait s´affaiblir (une croissance d´à peine 2,4%), les cargaisons sèches devraient enregistrer leur deuxième meilleur résultat de la décennie, une augmentation de 5,1% essentiellement due à une forte demande de matières premières en vrac.

Les dernières données de la CNUCED confirment que, au cours des années 1990, les pays en développement ont remarquablement réussi à maintenir leur part dans le commerce maritime. En dépit de la croissance rapide, jusqu´à récemment, de beaucoup d´économies d´Asie de l´Est et du Sud-Est et des résultats fluctuants des économies d´Amérique latine et d´Afrique, les statistiques montrent que, au cours de cette période, les pays en développement ont maintenu une part d´environ 50 - 51% au niveau des marchandises chargées et de 26 - 27% pour les marchandises déchargées. L´importance du commerce pétrolier dans le trafic maritime en provenance et à destination des pays en développement explique cette stabilité statistique.

En 1997, la part des pays en développement dans le commerce maritime mondial des marchandises devrait poursuivre sa tendance à la baisse de 51,3% à 50,7%; il devrait en être de même pour les cargaisons chargées qui vont passer de 26,7 % à 26,5%.

En 1996, les variations régionales entre les pays en développement indiquent une légère diminution en Asie entre marchandises chargées (26,6%) et déchargées (17,7%). Aux Amériques, les cargaisons chargées ont quelque peu augmenté, passant de 13,1% à 13,5%; l´Afrique a connu un bond de 10,1% à 10,8%.

Les pays en développement améliorent leur situation en tant que propriétaires de flotte grâce aux investissements maritimes dans les pays d´Asie.

L´expansion de la flotte marchande mondiale se poursuit : 758,2 millions de tonnes de port lourd (TPL) fin 1996. Le taux de croissance du tonnage (3,2%) est à peine supérieur à celui du commerce maritime du fait d´une légère diminution de la productivité de la flotte mondiale. Le volume des cargaisons transportées par TPL a un peu diminué : 6,28 en 1996 contre le taux record de 6,33 en 1995. Autre indicateur de performance, la tonne-mille par TPL a également diminué en 1996 à 27,097 contre 27,675 tonnes mille par TPL en 1995 (autre niveau record).

L´analyse de la structure régionale de la flotte mondiale montre que la part des pays en développement a modérément augmenté en 1996 : 19,5% de la flotte mondiale (soit 147,5 millions TPL), contre 18,7% en 1995. Cette évolution s´est accompagnée d´une série d´améliorations qualitatives, en particulier dans le secteur des porte-conteneurs, où leur part a augmenté (18,1%). Des investissements dans de nouveaux tonnages ont contribué à réduire la moyenne d´âge de la flotte de porte-conteneurs à 12,1 ans, ce qui est du même ordre que la moyenne de la flotte mondiale.

Cependant, la structure de propriété régionale reste problématique et déséquilibrée. En particulier, le tonnage en termes de conteneurs est concentré dans les pays en développement d´Asie (14,4%du tonnage mondial, ou 80% de la flotte des pays en développement), alors que les pays africains n´ont pratiquement aucun tonnage par conteneur.

Les petits Etats insulaires (2) en développement

  • Leur commerce avec les pays en développement augmente
  • Un chapitre spécial de l´Etude 1997 est consacré aux problèmes maritimes des petits Etats insulaires en développement. Leur développement et leur intégration dans l´économie mondiale dépendent presque exclusivement de leur accès aux services maritimes internationaux et inter-îles.

    Le total des exportations de ces pays s´est accru d´environ 11,5% par an durand les années 1988 - 1994; et ce sont les exportations de biens manufacturés qui ont augmenté le plus rapidement (un taux moyen de croissance annuelle de 17,2%). La destination des exportations a changé au cours de la période 1988 - 94. En 1988, les pays développés à économie de marché importaient prés de 56% des exportations des petits Etat insulaires en développement. Cependant, depuis 1994, la part des pays développés à économie de marché est tombée à 44,5%. La différence est due à l´augmentation de la part prises dans les exportations des petits Etats insulaires en développement par les autres pays en développement : elle est passée de 39,9% en 1998 à 51,8% en 1994.

    Dans le même temps, le total des importations des petits Etats insulaires en développement a également augmenté en moyenne de 8,9% par an entre 1988 et 1994. Les biens manufacturés constituent l´essentiel de ces importations (81% en 1994).

  • Une flotte vieillissante qui a besoin d´être remplacée
  • Les statistiques sur la flotte du groupe des petits Etats insulaires en développement connaissent des distorsions en raison du large éventail d´offres pour des pavillons de complaisance par certains pays de ce groupe. La propriété effective des tonnages reste peu importante. En dépit du fait que leur commerce extérieur dépende presque exclusivement de la disponibilité des services de transport maritime, leur participation y est négligeable. Cependant, un grand nombre de navires de moins de 100 tonneaux de jauge brute (TJB) opèrent dans de nombreux Etats au service des marchés locaux. L´âge de la flotte de navires de 100 TJB et au-dessus est le deuxième facteur qualitatif. Prés de la moitié de la flotte marchande a une quinzaine d´années ou plus; ce qui induit des coûts plus importants car les frais de réparation et de maintenance augmentent rapidement à mesure que les bateaux vieillissent. Les retards et le manque de fiabilité, des risques plus importants par rapport à l´environnement sont associés à des navires obsolètes.

  • Des transports maritimes et une infrastructure portuaire inefficaces augmentent les coûts du fret
  • Il est particulièrement important pour les petits Etats insulaires en développement de disposer de systèmes de transport maritime efficaces et d´une infrastructure portuaire. A l´heure actuelle, ces pays souffrent de plusieurs handicaps : coûts de distribution élevés, absence de services maritimes fiables, coûts de transbordements trop élevés, installations portuaires inadéquates, administration maritime faible, pas d´économie d´échelle lorsque ces pays négocient les taux de fret avec les lignes maritimes. Le coût du fret, en tant que pourcentage de la valeur du total des importations, peut atteindre 11% alors qu´il est de 4,2% dans les pays développés à économie de marché et de 8,3% dans les pays en développements, pris dans leur ensemble. Les petits Etats insulaires en développement les plus lointains courent le risque de devoir acquitter des frais encore plus élevés pouvant aller de 12 à 18% de la valeur des importations.

    Autre facteur affectant les capacités de transport des petits Etats insulaires en développement : les restructurations en cours dans l´industrie internationale des lignes maritimes. Pendant la dernière décennie, des accords entre les grands opérateurs de conteneurs se sont traduits par une concentration des services. Ce qui leur a permis de réaliser des économies d´échelle et a encouragé l´expansion d´une structure de services de collecte et de distribution entre les principales zones commerçantes.

    En revanche, pour les petits Etats insulaires en développement, cela a entraîné un besoin croissant de services portuaires de transbordement, d´acquisition de navires dotés de capacités de levage pour conteneurs, d´investissement dans l´échange de données informatisées (EDI), et de formation du personnel de gestion. Si l´on ne procède pas aux investissements nécessaires dans l´infrastructure et la technologie, on réduit les possibilités pour ces pays de commercer efficacement et de parvenir à un développement durable.




Endnotes

1. Cette publication des Nations Unies (numéro de vente : E.97.II.D.9) peut être obtenue au prix de US$50 auprès du Service des publications de l´Organisation des Nations Unies bureau DC2-853 Two United Nations Plaza New York N.Y. 10017 - Etats-Unis, T: +1 212 963 8302, F: +1 212 963 3489, E: publications@un.org, sur Internet : Service des publications ou Service des ventes Palais des Nations CH-1211 Genève 10 - Suisse, F: 41 22 907 0027, E: unpubli@unog.ch.




2. Antigua-et-Barbuda, Aruba, Bahamas, Bahreïn, Barbade, Cap-Vert, Comores, Iles Cook, Cuba, Chypre, République dominicaine, Dominique, Etats Fedérés de Micronesie, Fidji, Grenade, Haïti, Jamaïque, Kiribati, Maldives, Malte, Iles Marshall, Maurice, La République de Nauru, Antilles Néerlandaises, Niouè, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Iles Salomon, Samoa, Sao Tomé-et-Principe, Seychelles, Singapour, Sainte-Lucie, Saint-Kitts-et-Nevis, Saint-Vincent-et-Grenadines, Tokèlaou, Tonga, Trinité-et-Tobago, La République de Palaos, Tuvalu, Iles Vierges américaines, Vanuatu.




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