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COMMUNIQUÉ DE PRESSE
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ESSOR DES INVESTISSEMENTS DE L´ASIE EN EUROPE

TAD/INF/PR/9700
20 February 1997

Les investisseurs des pays en développement d´Asie découvrent l´Europe : les investissements étrangers directs (IED) de l´Asie en Europe sont passés d´une moyenne de 100 millions de dollars entre 1989-1991 à une moyenne de 860 millions de dollars entre 1992-1994 (voir tableau 1). Bien que l´Amérique du Nord reste leur principal pôle d´investissement hors d´Asie, leurs activités au sein de l´Union européenne englobent le secteur manufacturier et celui des services (des données sur les principaux investisseurs figurent en annexe). C´est ce que montre l´étude détaillée que publie la CNUCED sous le titre "Sharing Asia´s Dynamism: Asian Direct Investment in the European Union"(1) (167 pages).

La part de l´Union européenne dans le total de l´encours d´IED en provenance des pays en développement d´Asie a atteint près de 5% en 1995 (voir tableau 2). Ce pourcentage encore relativement modeste ne signifie pas que les entreprises asiatiques négligent l´Europe mais plutôt qu´elles viennent tout juste d´y entrer, estime la CNUCED.

De nombreuses entreprises des nouveaux pays industriels (NIP) d´Asie considèrent de plus en plus qu´il leur faut assurer une présence directe afin de desservir un marché grand et riche, indique le rapport. D´autres y cherchent l´accès aux technologies de pointe, aux compétences et aux programmes de recherche et développement.

Près de 40% de l´encours d´IED des NIP d´Asie dans l´Union européenne sont concentrés au Royaume-Uni, près de 30% en Allemagne et environ 20% aux Pays-Bas.

Plus récemment, profitant des programmes de privatisation, des sociétés transnationales (STN) d´Asie ont investi en Europe centrale et en Europe de l´Est. Elles y trouvent une base de production à faible coût et un tremplin pour pénétrer presque sans restrictions sur les marchés internes de l´Union européenne. En outre, la demande locale de biens de consommation manufacturés en Europe de l´Est et en Europe centrale devrait fortement augmenter, et encourager les STN asiatiques à investir davantage dans cette région.

La CNUCED, qui est reconnue comme étant la principale source d´information sur l´IED global et d´analyse des politiques en la matière, prévoit un essor continu de l´IED de l´Asie en développement dans l´Union européenne. Elle examine différentes mesures susceptibles d´être prises afin d´augmenter l´IED d´Asie en Europe au profit des investisseurs et des pays d´accueil.

Les investisseurs des nouveaux pays industrialisés s´intéressent au secteur manufacturier comme à celui des services

Selon les données disponibles, le secteur manufacturier et celui des services ont la même importance dans les investissements des NIP d´Asie (voir tableau 3). Une analyse de la répartition sectorielle des projets récents en matière d´IED des NIP d´Asie dans les pays d´Europe permet de dégager le tableau suivant :

  • L´IED dans le secteur manufacturier est très concentré dans l´industrie électronique, qui représente près des trois quarts de l´ensemble des projets manufacturiers des quatre NIP d´Asie (Hong Kong, République de Corée, Singapour, Taïwan Province de Chine) dans l´Union Européenne. Les projets dans les textiles, les vêtements, le cuir et les chaussures, ainsi que dans la chimie et la production de jouets, arrivent loin derrière.
  • La répartition des projets dans les services est beaucoup moins concentrée que dans le secteur manufacturier. Les investissements dans le commerce prédominent, mais l´IED dans les institutions financières est à peine moins important. En outre, les NIP d´Asie sont présents dans bon nombre de projets de l´industrie des services tels que les transports maritimes, l´hôtellerie et les télécommunications (voir tableau 4).
  • Les projets dans le secteur manufacturier et dans les services sont localisés au Royaume-Uni et en Allemagne, ainsi qu´en France et aux Pays-Bas. Le même classement prévaut dans les pays d´accueil de l´Union Européenne en ce qui concerne l´industrie manufacturière la plus importante, telle que l´électronique.
  • Les principaux pays d´accueil de l´Union Européenne ont attiré à peu près le même nombre de projets d´IED en provenance des NIP d´Asie dans le secteur manufacturier comme dans celui des services. A l´exception de la France, où les projets dans le secteur manufacturier (tous dans l´électronique, sauf un) représentent les deux tiers du total des projets.
  • Le Royaume-Uni a accueilli des projets d´IED dans toutes les principales industries de services. En Allemagne, les investisseurs des NIP d´Asie ont clairement mis l´accent sur le commerce et, dans une moindre mesure, sur le transport maritime et la finance.

Perspectives

Quatre modèles distincts d´investissements vont probablement se mettre en place :

  • Des investissements en provenance des NIP d´Asie technologiquement avancés ayant des compétences pointues, une base de recherche et de vastes entreprises locales capables d´établir des installations très modernes dans des activités industrielles complexes et de mettre en oeuvre une production globale. Ces investisseurs devraient se concentrer sur une production manufacturière et un commerce à grande échelle qui proviendraient principalement de la République de Corée et, dans une moindre mesure, de Taïwan Province de Chine. Par la suite, les investissements pourraient aller vers les services : banques, compagnies d´assurance, entreprises de construction, ainsi que vers des fournisseurs à même d´offrir les installations d´infrastructure nécessaires.
  • Des investissements provenant de NIP plus petits (Singapour et Hong Kong) ayant des capacités dans le domaine des services à haute valeur ajoutée et certaines niches du secteur manufacturier (avancés pour Singapour et plus simples pour Hong Kong). Leurs investissements dans les services iront du commerce à la finance en passant par le tourisme.
  • Des investissements en provenance d´autres pays dynamiques d´Asie (Indonésie, Malaisie, Philippines et Thaïlande) qui sont en train de développer des capacités locales spécialisées dans des industries telles que les pièces détachées, des activités basées sur les ressources naturelles (alimentation, bois, caoutchouc et pétrochimie) ainsi que dans certaines activités à haute intensité de main d´oeuvre comme les textiles. Ces pays pourront également investir dans certaines activités de services.
  • Les investissements en provenance de la Chine et de l´Inde, qui toutes deux ont une base industrielle large et diversifiée, mais ont besoin d´améliorer leur technologie dans plusieurs industries importantes. Ces économies pourraient rattraper et développer des compétences industrielles d´un niveau suffisant pour songer à investir en Europe. Il est cependant peu probable qu´elles deviennent des investisseurs importants en Europe dans un avenir proche; en revanche, elles pourraient se concentrer sur d´autres pays en développement.

L´IED d´Asie en Europe a besoin d´être soutenu

L´IED d´Asie en Europe est en plein essor, mais venant d´être amorcé, il a besoin d´être soutenu, précise le rapport de la CNUCED. C´est aux entreprises asiatiques que revient le soin de stimuler l´IED en Europe. Toutefois, la plupart de ces entreprises ont peu, voire pas du tout, d´expérience en la matière. Les gouvernements ont donc un rôle à jouer.

Un examen des changements récemment introduits dans la législation et les politiques nationales sur les sorties d´IED dans les pays en développement d´Asie montre une nette tendance vers une plus grande libéralisation. La CNUCED estime qu´il est peu probable que cette tendance s´inverse car les gouvernements d´Asie considèrent de plus en plus les sorties d´IED comme une option stratégique qui permet d´être présents sur les marchés étrangers, d´avoir accès aux ressources étrangères et d´augmenter la compétitivité des entreprises nationales. Cette libéralisation prend en compte les objectifs nationaux de développement et diverses contraintes. Le rapport de la CNUCED propose des procédures et des critères pouvant être utilisés par les gouvernements d´Asie pour approuver des sorties d´IED lorsqu´il y a des contraintes de balance de paiements.

Au-delà de la libéralisation, un certain nombre de gouvernements d´Asie ont également commencé à promouvoir les sorties d´IED à travers des mesures pragmatiques dans des secteurs tels que l´éducation, la formation et les programmes d´orientation, la mise à disposition de différents services d´information, la promotion de partenariats et de contacts, et l´octroi d´une assistance financière.

De nombreux pays ont établi des agences gouvernement/secteur privé et des associations dont le but est d´encourager les sorties d´IED. Dernier exemple en date, la création en 1996 de l´Agence thaïlandaise de promotion des investissements à l´étranger, présidée par le Premier Ministre de Thaïlande.

Un Programme d´investissement Europe ?

La CNUCED considère qu´il y a un immense potentiel pour des actions conjointes entre les pays d´Asie au niveau de l´investissement, cela, quelque soit la diversité des économies. Les gouvernements d´Asie pourraient profiter d´un échange de vues sur les expériences nationales ayant comporté des mesures pragmatiques pour promouvoir l´investissement.

La CNUCED propose de les faire passer à l´étape suivante en instaurant un Programme d´investissement-Europe qui chapeauterait l´ensemble de leurs activités. Il pourrait être établi par les pays intéressés avec des bureaux dans les pays participants. Chaque bureau d´investissement en Europe pourrait avoir un fonctionnement spécifique qui tienne compte du contexte et des besoins. Chacun pourrait être lié aux institutions nationales, notamment aux banques d´import-export et à d´autres agences impliquées dans les investissements à l´étranger.

Dans des pays comme le Japon et la République de Corée, qui sont déjà dotés d´institutions et de politiques de promotion de l´investissement, il faudrait établir une Agence- Investissement-Europe qui fonctionnerait essentiellement comme une passerelle. Elle permettrait de drainer les demandes des entreprises concernant l´Europe vers les institutions appropriées, de leur faire savoir quelles sont les opportunités disponibles, d´aider les institutions de promotion à adapter leur politique afin de mieux cibler les pays européens, et de coordonner les activités nationales liées à l´Europe avec les partenaires asiatiques. Par ailleurs, dans les pays où des agences de promotion de l´investissement ont été établies ou sont en pleine restructuration, une Agence-Europe-Investissement permettrait de réunir sous un même toit toutes les fonctions nécessaires au soutien de l´IED.

Un Programme Investissement Europe compléterait le Programme Investissement Asie qui a été mis en place par la Commission européenne. Les réunir sous le même toit faciliterait la coordination des deux programmes, réduirait les chevauchements et renforcerait les synergies. Cette approche pourrait se fonder sur les mesures et les instruments ayant fait leur preuve et s´appliquer aussi bien en Asie qu´en Europe.

Un partenariat avec les autorités de l´Union européenne

Les autorités publiques de l´Union européenne ont également un rôle à jouer. Etant donné que la plupart des lois, des règlements et des procédures administratives sur les entrées d´investissement sont instaurés par chacun des gouvernements de l´Union, les investisseurs sont souvent confrontés à un cadre complexe. Bien qu´il y ait eu certains progrès, il reste beaucoup à faire en matière d´harmonisation. Le rapport suggère d´envisager un traitement plus large et complet de l´IED par l´Union européenne. Du point de vue des investisseurs, cette approche serait profitable, car elle permettrait d´améliorer la transparence et de réduire le coût des transactions.

Cette étude, faite à la demande et avec le soutien financier du gouvernement de Thaïlande, complète celle sur l´investissement étranger direct de l´Union européenne en Asie (voir communiqué de presse : TAD/INF/2643 daté du 19 mars 1996) menée l´an dernier par la Commission européenne et le secrétariat de la CNUCED. Les deux rapports ont été préparés dans le cadre du groupe de travail sur l´investissement lors du forum ASEM(2) (Asia-Europe Meeting), établi lors du premier sommet de Bangkok en mars 1996, et qui avait réuni des gouvernements et des représentants du secteur privé sur des questions d´investissements. Ce groupe de travail s´est réuni également à Bangkok du 7 au 9 juillet et à Paris le 14 octobre 1996.




Annotations

1. Cette publication des Nations Unies (numéro de vente : E.97.II.D.1) n´est disponible qu´en anglais. Elle peut être obtenue au prix de US$42 auprès du Service des ventes, Palais des Nations, CH-1211 Genève 10, Suisse, T: +41 622 917 2613, F: +41 22 907 0027, E: unpubli@unog.ch ou Service des publications de l´Organisation des Nations Unies, bureau DC2-0853, United Nations Plaza, New York, N.Y. 10017, Etats-Unis T: +1 212 963 8302 or +1 800 253 9646, F: +1 212 963 3489, E: publications@un.org, ou sur Internet.

2. Les pays ASEM sont : Brunei Darussalam, Chine, Indonésie, Japon, République de Corée, Malaisie, Philippines, Singapour, Thaïlande, Viet Nam et tous les pays membres de l´Union Européenne.





Pour plus de renseignements, s´adresser à :
Chef, Karl P. Sauvant
Recherche et analyse des politiques
Division sur les sociétés transnationales et l´investissement, CNUCED
T: +41 22 917 5707
F: +41 22 907 0194
E: karl.sauvant@unctad.org
ou
Chargée de presse, Muriel Scibilia
Service de presse de la CNUCED
T: +41 22 917 5725/5828
F: +41 22 907 0043
E: press@unctad.org.



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