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COMMUNIQUÉ DE PRESSE
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DEVELOPPEMENT PORTUAIRE : RENFORCER LE PARTENARIAT ENTRE LES SECTEURS PUBLIC ET PRIVE

TAD/INF/PR/9609
26 March 1996

Les entreprises européennes ont peut être sous-estimé le potentiel de croissance en Asie, préférant investir à proximité et exporter vers l´Asie plutôt que s´y établir. C´est notamment pour ces raisons que l´Europe est loin derrière le Japon et les Etats-Unis en tant qu´investisseur dans la région, indique una Rpport sur les investissements de l´Union Européenne en Asie, préparé par la Commission européenne et la CNUCED. Ce Rapport recommande à l´Union Européenne d´envisager d´étendre ses initiatives d´investissement à l´ensemble de l´Asie et de mieux les coordonner. Quant aux pays d´Asie, ils devraient libéraliser davantage leur régime d´investissement et améliorer la sécurité juridique et la transparence pour les entreprises qui investissent sur leur territoire. Le Rapport constate que la Commission européenne voit de bonnes raisons pour entamer des travaux sur un cadre multilatéral complet pour l´investissement étranger direct (IED). Ce Rapport sera discuté par des dirigeants d´entreprises et des experts au cours d´une conférence, organisée conjointement par la Commission Européenne et la CNUCED, qui se tiendra à Genève le 1er avril 1996.

Ce Rapport, préparé par la Commission européenne et de la Division de la CNUCED sur les Sociétés transnationales, a pour objet de donner une image plus claire de l´IED de l´Union européenne en Asie et d´examiner les implications politiques. Les réactions des hommes d´affaires à ce Rapport aideront l´Union européenne à formuler une stratégie d´investissement détaillée, afin de combler le fossé qui existe entre l´investissement européen et d´autres investisseurs. L´analyse que contient ce Rapport et les réactions de la communauté des affaires sont utiles pour une relance des investissements de l´Union en Asie. D´autres acteurs (investisseurs américains, japonais et de pays asiatiques en développement) peuvent également y trouver de l´intérêt car une plus grande attention des investisseurs de l´Union Européenne pour la région se traduirait par une plus forte concurrence.

Pour le Secrétaire général de la CNUCED, Rubens Ricupero, améliorer les flux d´IED de l´Europe vers l´Asie peut développer le commerce mondial, offrir de nouvelles opportunités de marché, et permettre de tirer le plus de bénéfice possible des avantages comparatifs des deux régions. Il estime également que ce Rapport permet de mieux comprendre les dynamiques et les problèmes à l´oeuvre dans le processus de coopération entre les deux régions.

Diagnostiquer le problème

En termes d´investissements directs dans les pays en développement d´Asie, l´Union Européenne est loin derrière les Etats-Unis, et encore plus loin derrière le Japon. Cependant, l´importance de l´investissement de l´Union Européenne dans la région varie considérablement d´un pays à l´autre. A titre d´exemple, sa part d´IED en République de Corée s´est accrue tandis que sa part dans le total de l´IED en Chine a diminué depuis 1995; c´est aussi le cas pour l´ASEAN.

L´Asie est la première zone d´accueil des flux mondiaux d´IED vers les pays en développement. Elle a supplantée l´Amérique latine et les Caraïbes dans les années 1980. Entre 1988 et 1993, le stock d´IED en Asie a doublé, une augmentation qui n´a été égalée par aucune autre région en développement. A l´heure actuelle près de la moitié de l´ensemble du stock d´IED dans les régions en développement est concentrée dans cette zone. On estime que les flux d´investissement vers l´Asie ont presque doublé en deux ans - 59 milliards de dollars en 1994 et 32 milliards de dollars en 1992.

Le Rapport cite plusieurs raisons susceptibles d´expliquer les faibles performances de l´Europe. Il semble que les entreprises européennes aient sous-estimé le potentiel des économies dynamiques d´Asie dans la première phase de leur expansion. L´attention vers l´Asie a notamment été détournée par les opportunités d´investir à proximité, du fait de l´intégration de l´Union Européenne, par les élargissements successifs de l´Union et par les changements survenus en Europe Centrale et en Europe de l´Est.

Les pays européens ont peut?être aussi mal perçu les nouveaux aménagements réglementaires et les mouvements de libéralisation et d´ouverture poursuivis par bon nombre de pays de la région.

Les stratégies des firmes européennes ont aussi joué un rôle dans la mesure où elles se sont peu impliquées en Asie. Elles se sont davantage appuyées sur les exportations que sur leurs propres filiales et sur l´instauration de réseaux de commercialisation sur le terrain. Ce qui leur a souvent nuit du point de vue des investissements et du commerce. Les entreprises américaines et japonaises ont travaillé plus assidûment afin d´instaurer des liens et des réseaux dans la région. Ce qui leur a donné un avantage compétitif par rapport à leurs contreparties européennes.

Les Gouvernements d´Asie et d´Europe déploient des efforts déterminés pour améliorer le climat d´investissement. Une démarche qui a été stimulée lors de la réunion Asie-Europe organisée à Bangkok les 1 et 2 mars. En Europe, des efforts continus portent sur l´amélioration de la réglementation et sur l´élimination d´autres obstacles à l´investissement, aux niveaux bilatéral et multilatéral. En Asie, le contexte des affaires et de la réglementation devient de plus en plus favorable au fur et à mesure que les régimes réglementaires sont libéralisés. Les gouvernements de la région prennent de nombreuses initiatives pour promouvoir les entrées d´IED. Il reste cependant beaucoup à faire.

Que peuvent faire les décideurs pour stimuler l´investissement...

L´étude conclut que les décideurs devraient envisager de nouvelles mesures en Europe et en Asie :

  • élargir les programmes existants de l´Union aux pays du Sud et du Sud-est asiatique ainsi qu´aux pays de l´Asie du Sud.
  • améliorer la coordination entre les initiatives de l´Union et celles prises unilatéralement par les états membres.
  • établir un ou plusieurs centres de formation Europe-Asie au sein de l´Union afin d´accueillir des étudiants de la région asiatique et d´ainsi faciliter la compréhension mutuelle et l´établissement de réseaux personnels.
  • encourager une plus grande ouverture des régimes d´IED en Asie, en renforçant les mécanismes du marché et en limitant ses distorsions.
  • adopter un cadre légal clair et efficace afin d´améliorer la confiance.
  • renforcer la coopération entre l´Union et les pays asiatiques afin que leurs efforts pour promouvoir l´IED soient mis en oeuvre plus efficacement.
  • amener les pays d´Asie en voie de développement à participer à l´initiative, récemment lancée par la CNUCED, et qui porte sur un processus d´examen des politiques d´investissement mené sur la base d´une adhésion volontaire des pays membres.

.....et les initiatives des entreprises

L´étude conclut que les efforts pour tisser des liens économiques plus forts et plus approfondis entre l´Union Européenne et l´Asie ne peuvent venir que du secteur privé. Les entreprises européennes doivent reconnaître que pour être compétitif au niveau global, il est indispensable d´être plus activement présent sur les marchés asiatiques.

Les signaux favorables se multiplient - les entreprises européennes ont perçu qu´il fallait investir davantage en Asie et y développer des liens de coopération plus étroits avec les entreprises locales. L´étude encourage les entreprises à considérer d´autres moyens pour améliorer leur présence en Asie. Il s´agit notamment :

  • d´assurer une coopération plus étroite entre des entreprises, agissant individuellement ou au travers de leurs organisations au niveau national et européen, afin de faciliter l´utilisation des programmes de promotion d´IED.
  • de profiter des nouvelles ouvertures crées par le démarrage de projets de développement d´infrastructure en Asie pour établir une présence durable dans la région.
  • d´exploiter les possibilités de partenariat technologique, d´investissement stratégique et d´alliance technologique avec les entreprises asiatiques.
  • de consolider et d´améliorer la part d´IED en Asie du Sud, qui constitue un marché important et peut être considéré une voie d´entrée alternative vers le Sud-Est asiatique.

Au même titre que les grandes, les petites et moyennes entreprises, doivent se préparer à développer des stratégies d´investissement et de commerce qui leur permettent de s´engager de manière constructive dans le développement de la région asiatique. Ce qui sera bénéfique pour les deux régions.




Pour plus de renseignements, veuillez contacter :
Karl P. Sauvant, Chef
Recherche et analyse des politiques, Division sur les sociétés transnationales et l´investissement
T: +41 22 907 5707
F: +41 22 907 0194
ou
Muriel Scibilia, Attachée de presse
T: +41 22 907 5725
F: +41 22 907 0043
E: muriel.scibilia@unctad.org.



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