unctad.org | COMMENTAIRES DU CONSEIL DU COMMERCE ET DU DEVELOPPEMENT DE LA CNUCED SUR L´EXPERIENCE DE DEVELOPPEMENT DES PAYS D´ASIE DE L´EST
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
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COMMENTAIRES DU CONSEIL DU COMMERCE ET DU DEVELOPPEMENT DE LA CNUCED SUR L´EXPERIENCE DE DEVELOPPEMENT DES PAYS D´ASIE DE L´EST

TAD/INF/NC/96_25
15 October 1996

Les discussions du Conseil du commerce et du développement de la CNUCED sur l´interdépendance économique ont montré que les analyses faites dans le Rapport sur le commerce et le développement 1996 sur les succès des pays d´Asie de l´Est et les leçons pouvant en être tirées ont suscité beaucoup d´intérêt. Les débats ont été enrichis par la présentation en détail d´expériences de développement par des pays de la région.

Résumant les commentaires, M. Roger C. Lawrence, Secrétaire général adjoint et Directeur de la division sur la mondialisation et les stratégies de développement a identifié trois types de réponses. Certains pays, en particulier d´Amérique latine, se sont montrés assez sceptiques, non pas sur l´utilité de tirer des enseignements des succès de l´Asie de l´Est mais à propos de la possibilité de mettre en oeuvre ailleurs les politiques suivies par ces pays en matière d´industrialisation. D´autres ont été intéressés par des aspects spécifiques de l´expérience des pays d´Asie; ceux susceptibles de leur être utiles dans l´élaboration de leur propre stratégie de développement. Enfin, par le biais de déclarations plus générales, des pays africains ont invité le secrétariat de la CNUCED à poursuivre les efforts qu´il déploie pour porter l´expérience de l´Asie de l´Est vers d´autres pays en développement.

Ci-après un aperçu du débat général qui a été centré sur le rôle de l´Etat dans les économies d´Asie de l´Est et sur la possibilité pour d´autres pays de mettre en place une industrialisation axée sur l´exportation dans le nouveau contexte commercial.

Pour M. Thomas Hanney (Irlande), au nom de l´Union européenne, le cadre classique de l´ajustement structurel coïncide dans une large mesure avec les caractéristiques communes identifiées dans l´expérience de l´Asie. Les éléments qui en ressortent, dans les deux cas, sont les suivants : rôle central du secteur privé, stabilité macro?économique et maintien d´un taux de change compétitif, un service public et une infrastructure efficaces; compression des déficits budgétaires afin de permettre une mobilisation de l´épargne en faveur de l´investissement; priorité à la mise en valeur des ressources humaines. Les principales différences entre la ligne générale des pays d´Asie et celle que l´Union européenne encourage dans sa coopération économique tiennent à la protection contre les importations et au dirigisme des pouvoirs publics. Ce type de pratique a entraîné des résultats très inégaux tant parmi les pays d´Asie qu´ailleurs, et a dans certains cas fortement compromis la capacité de croissance.

L´ambassadeur Munir Akram (Pakistan) au nom du Groupe asiatique et de la Chine, a estimé que le miracle asiatique remet en question l´applicabilité universelle de l´approche néo-classique préconisée par la Banque mondiale et qui donne la suprématie aux ajustements structurels et aux politique de développement promues par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI). Le Rapport sur le commerce et le développement 1996 va au?delà de l´argument habituel de la Banque mondiale : premièrement, en mettant en évidence la nécessité d´assurer une interaction dynamique des exportations et de l´investissement; deuxièmement, en montrant combien il est essentiel de mobiliser et de tirer pleinement parti des ressources naturelles et d´une abondante main?d´oeuvre non qualifiée ainsi que de monter sans cesse dans la gamme industrielle et technique; troisièmement, en faisant ressortir les enjeux des actions gouvernementales qui impliquent des formes nouvelles d´intervention visant à soutenir la dynamique du développement. La discussion dont le miracle asiatique fait l´objet est cependant loin d´être achevée et beaucoup de questions restent sans réponse. Elles ont trait à la vulnérabilité des pays dépendant des investissements étrangers directs, à la possibilité d´intervention désormais plus restreinte des pouvoirs publics et au caractère fortement régional de l´expérience de l´Asie de l´Est.

M. Eumélio Caballero (Cuba), au nom du Groupe latino?américain et caraïbe, s´est associé à l´opinion exprimée dans le Rapport selon laquelle il est urgent de réformer le processus de planification et le cadre institutionnel des politiques de développement dans bon nombre de pays du tiers monde. Concernant la possibilité de reproduire l´expérience positive de l´Asie de l´Est où les exportations jouent un rôle moteur, il a estimé que de nombreuses politiques interventionnistes appliquées auparavant dans cette région ne sont guère praticables pour d´autres pays en développement dans la situation internationale actuelle. Il reste donc à déterminer une stratégie de développement appropriée pour ces pays, en tenant compte des caractéristiques nationales et régionales. Il a mis l´accent sur le fait que le Chili a pu conserver des taux de croissance comparables à ceux des pays d´Asie de l´Est, tout en maintenant sa stabilité macro?économique. Il a suggéré de réaliser une étude de cas sur ce pays afin de recenser les aspects pouvant être appliqués à d´autres pays de la région, notamment dans le domaine de la promotion des investissements. Aussi importants que soient les efforts déployés au niveau national en matière d´ajustement macro?économique, un appui international adéquat s´avère nécessaire.

Pour M. Lahcen Aboutahir (Maroc), au nom du Groupe africain, il est difficile d´envisager avec optimisme les possibilités offertes au continent africain d´assurer leur développement économique et social étant donné les apports financiers extérieurs nets négatifs enregistrés par la région. La légère amélioration des prix des produits de base en 1995 a été fortement neutralisée par deux facteurs interdépendants : un accès insuffisant au marché international des capitaux et l´importance des paiements au titre du service de la dette. L´effet de ces deux facteurs a été aggravé par un marché des changes instable et le recul de l´Aide publique au développement (APD). Il s´est déclaré convaincu qu´il faudrait adopter des mesures plus audacieuses pour résoudre le problème de la dette des pays africains. La coopération Sud?Sud peut contribuer à compenser le manque d´accès aux marchés d´exportation du Nord et la lente croissance des pays en développement. Rien ne doit être négligé pour aider les pays africains à tirer des enseignements de l´expérience de développement de l´Asie du l´Est ? et c´est là une tâche pour laquelle la CNUCED est pleinement qualifiée.

M. Tang Yufeng (Chine) s´est rangé à l´avis exprimé dans le rapport selon lequel les exportations à destination des pays développés et les investissements en provenance de ces pays ont été un élément moteur important pour la croissance économique de l´Asie de l´Est. Il a toutefois constaté une tendance à renforcer le protectionnisme dans les grands pays développés au moment même où les pays en développement ouvrent plus largement leurs économies. Il est capital que chaque pays élabore des politiques de développement économique et social adaptées à sa situation particulière. Il faut reconnaître les différences existant entre les niveaux de développement économique de façon à ne pas obliger les pays en développement à s´aligner strictement sur les pays développés en ce qui concerne la libéralisation du commerce et de l´investissement.

M. Youri Afanassiev (Fédération de Russie), a déclaré que son pays était en train de se doter d´une économie de marché ouverte à la concurrence. Les analyses de la CNUCED de l´expérience de l´Asie de l´Est montre le rôle que peut jouer l´Etat pour remédier aux insuffisances ou corriger les excès des mécanismes du marché. Le mode de croissance de l´Asie de l´Est est compatible avec les forces du marché mais n´est pas mû par celles-ci. La réduction de la dépendance technologique de ces pays vis-à-vis d´un Nord industriel a été une composante clé. Les institutions publiques ont joué un rôle important et, dans la phase initiale d´industrialisation, l´investissement étranger direct a été l´objet d´une protection souple. Il serait utile d´examiner dans quelle mesure la formule de développement appliquée par l´Asie de l´Est pourrait être appliquée comme catalyseur dans le processus d´intégration économique dans la zone de l´ex-URSS. En outre, on a accordé beaucoup d´attention aux raisons à l´origine de la réussite des pays d´Asie, il serait tout aussi utile d´examiner les obstacles et les problèmes.




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