unctad.org | LA CNUCED PRECONISE UN TRAITEMENT MULTILATÉRAL DE L’AGGRAVATION DES DÉSÉQUILIBRES COMMERCIAUX
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
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LA CNUCED PRECONISE UN TRAITEMENT MULTILATÉRAL DE L’AGGRAVATION DES DÉSÉQUILIBRES COMMERCIAUX

UNCTAD/PRESS/PR/2006/021
31 August 2006

Afin de protéger les progrès économiques que viennent de faire les pays en développement.


EMBARGO
Le contenu du communiqué de presse et du rapport
auquel il se rapporte ne doit pas être cité ou résumé par la presse,
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avant le 31 août 2006, 17 heures TU
(13 heures New York, 19 heures Genève)


Télécharger [PDF]: | Trade and Development Report 2006 | [280 pages, 4,336 KB] Aperçu | [26 pages, 412 KB]

Alarmée par la volatilité croissante des marchés d´actions, de produits de base et de monnaies dans les pays en développement et les économies émergentes, la CNUCED prévient dans le Rapport sur le commerce et le développement 2006 , rendu public aujourd´hui, que si l´on n´intervient pas rapidement au niveau international pour réduire les déséquilibres commerciaux mondiaux, les crises financières qui feront suite à un dollar chancelant compromettront la fluidité de la progression de l´économie mondiale.

Jusqu´à présent, les perturbations se sont circonscrites à quelques économies périphériques présentant des déficits assez élevés de leurs comptes courants. Rien n´indique qu´on est à la veille d´une crise financière majeure comparable à celles qui ont touché l´Asie et l´Amérique latine il y a une dizaine d´années. Mais la souplesse et le pragmatisme avec lesquels les Etats-Unis administrent leur politique macroéconomique ne sont pas éternels, même s´ils ont jusqu´à présent empêché les vices du système commercial mondial d´induire des phénomènes de déflation et de récession et ont "limité" les dégâts à d´énormes déficits commerciaux.

Le rapport est un appel à un effort multilatéral de rééquilibrage mondial, notamment par l´expansion de la demande intérieure dans d´autres pays industrialisés que les Etats-Unis ? par exemple le Japon et l´Allemagne, qui ont actuellement des excédents considérables ?, pour que les répercussions des chocs ne se propagent pas dans tout le monde en développement.

Malgré la nervosité croissante des investisseurs internationaux, la plupart des économies de marché émergentes sont moins vulnérables aujourd´hui qu´elles ne l´étaient lors des grandes secousses des deux dernières décennies. En 2005, les pays d´Asie du Sud et du Sud Est ont affiché de forts excédents des comptes courants et l´Amérique latine était également excédentaire dans l´ensemble. Après les crises asiatiques et latino-américaines, les pays en développement ont été de plus en plus nombreux à s´engager dans la même voie: stabilisation unilatérale des taux de change à des niveaux plutôt faibles, dégagement d´excédents substantiels des comptes courants, accumulation d´énormes réserves en dollars par intervention sur le marché des devises.

La stratégie "sous évaluation plus intervention" est considérée comme un pis-aller pour un pays qui veut élargir son économie. Mais c´est à plusieurs égards le seul moyen dont il dispose pour s´adapter aux faiblesses systémiques qui affectent aujourd´hui l´ordre économique mondial. Il ne peut rien faire d´autre puisqu´il n´y a pas de système financier fixant des obligations symétriques pour les pays excédentaires et les pays déficitaires, et susceptible de mettre en balance les intérêts des nations riches et ceux des nations pauvres.

Selon la CNUCED, ce n´est pas un hasard si la stratégie "sous évaluation plus intervention" est un choix figurant chez les pays en développement qui ont récemment traversé une crise monétaire après la libéralisation de leurs systèmes financiers et de leurs comptes de capital. Ayant appris qu´il valait mieux ne pas s´en remettre aux apports de capital étrangers, ils adoptent une autre solution qui fait des excédents commerciaux le moteur de l´investissement et de la croissance. Cela les oblige à défendre leur compétitivité en intervenant sur le marché des devises, mais signifie aussi qu´il doit exister au moins un pays ? actuellement les Etats-Unis ? acceptant inversement que sa balance commerciale et ses comptes courants soient en déficit.

Les économistes de la CNUCED craignent que les Etats-Unis ne trouvent trop lourd leur rôle de consommateur ultime et de locomotive de la croissance mondiale. Le Gouvernement américain a pu pendant longtemps ignorer son énorme déficit commercial, qui grossit encore, car cela ne l´empêchait pas de pratiquer le plein emploi et la stabilité des prix. Mais un conflit est aujourd´hui possible, dans la mesure où les sources internes de croissance ne peuvent que s´affaiblir. La CNUCED ne croit pas que le taux d´épargne individuelle fléchira aux Etats-Unis de cinq points de pourcentage de plus dans les 10 années qui viennent, ni que les autorités laisseront le budget de l´État se détériorer de six points de pourcentage de plus. Si tel était cependant le cas, l´économie mondiale devrait se passer du stimulus auquel elle est accoutumée depuis 15 ans.

Une forte dépréciation du dollar aurait pour effet de restaurer la compétitivité de l´économie américaine et de la remettre en équilibre mais, comme la croissance mondiale dépend de la demande américaine, le manque d´appétit des Etats-Unis pour les produits importés pourrait se répercuter dans le monde entier, aussi bien que l´a fait leur appétit de ces dernières années. Ce phénomène pourrait freiner et même inverser le processus de développement et de réduction de la pauvreté dans les pays en développement, alors qu´ils n´y sont pour rien.

Malgré l´excédent que connaissent certains pays en développement, la charge mondiale que supportent les Etats-Unis devient peut-être ingérable parce que d´autres pays industriels clefs non seulement ne jouent pas le rôle qui leur revient dans le monde, mais ajoutent même à cette charge. Les énormes excédents du Japon et de l´Allemagne et l´amélioration considérable de leur compétitivité montrent que les gains de compétitivité que l´on attend des Etats-Unis ne pourront se faire qu´à leur détriment, chose d´autant plus facile que leur demande intérieure se réveillerait au lieu de stagner comme aujourd´hui.

Selon la CNUCED, le rôle que joue la Chine dans le rééquilibrage en douceur des disparités mondiales est très différent de celui qu´auraient à jouer ces deux pays. Depuis le début des années 90, la demande intérieure et les importations chinoises ont fortement augmenté ? c´est le moins qu´on puisse dire ? et la Chine a joué un rôle capital en élargissant à l´ensemble du monde en développement et en soutenant la dynamique de la croissance, dans une marche en avant qu´il ne faut pas interrompre. Par conséquent, la réévaluation du renminbi devrait se poursuivre petit à petit et non par à-coups, en considération de ses conséquences régionales. Comme la Chine, les pays producteurs de pétrole jouent depuis peu un rôle considérable dans les déséquilibres du monde contemporain. D´une manière générale, ils devraient profiter de l´amélioration des termes de l´échange pour investir et diversifier leurs structures de production. Si les cours du pétrole se maintiennent à un niveau élevé, le concours que ces pays peuvent apporter à un rééquilibrage sans remous pourrait prendre la forme d´un raffermissement de leur demande intérieure forte, lié à l´augmentation du revenu, et d´un surcroît d´investissements sociaux et matériels pour diversifier leurs économies.

La CNUCED affirme que, pour corriger les déséquilibres mondiaux, un effort multilatéral s´impose absolument et non des pressions exercées sur telle ou telle région en développement. Une approche macroéconomique internationale bien coordonnée améliorerait considérablement les chances qu´ont les pays les plus pauvres de préserver et faire valoir des résultats économiques qu´ils ont su améliorer. Faute de quoi, les pays en développement devront défendre leur compétitivité stratégique et profiter de l´environnement actuel, dans l´ensemble favorable, pour investir davantage et réduire leur dette étrangère.



Annotations

1. Le Trade and Development Report 2006 (numéro de vente: E.06.II.D.6, ISBN 92-1-112698-3) peut être obtenu auprès des bureaux de vente des Nations Unies aux adresses ci-après ou auprès des distributeurs nationaux des documents de l´ONU, au prix de 50 dollars des États-Unis ? prix spécial de 19 dollars É. U. dans les pays en développement, les pays de l´Europe du Sud-Est et de la CEI. Pour les pays d´Europe, d´Afrique et d´Asie occidentale, s´adresser à la Section des ventes et des publications de l´ONU, Palais des Nations, CH-1211 Genève 10, Suisse, télécopieur: +41 22 917 0027, courriel: unpubli@un.org ; pour les Amériques et l´Asie orientale, s´adresser à Publications des Nations Unies, Two UN Plaza, DC2-853, New York, NY 10017, États-Unis d´Amérique; téléphone: +1 212 963 8302 ou +1 800 253 9646, télécopieur: +1 212 963 3489; courriel: publications@un.org . Internet: http://www.un.org/publications





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