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Historique de la CNUCED
 

Création

  • Au début des années 60, des préoccupations croissantes quant à la place des pays en développement dans le commerce international ont conduit beaucoup de ces pays à réclamer la tenue d'une véritable conférence pour traiter de leurs problèmes et trouver des moyens d'action appropriés à l'échelon international.

  • La première Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) s'est tenue à Genève en 1964. Étant donné l'ampleur des problèmes en jeu et la nécessité de trouver des solutions, il a été décidé que la Conférence se tiendrait tous les quatre ans, que des organes intergouvernementaux se réuniraient entre les sessions et qu'un secrétariat permanent fournirait l'appui logistique et fonctionnel nécessaire.

  • Parallèlement, les pays en développement ont créé le Groupe des 77 pour faire entendre leurs préoccupations (le Groupe des 77 compte aujourd'hui 131 membres).

  • Le célèbre économiste argentin Raul Prebisch, qui avait dirigé la Commission économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes, est devenu le premier Secrétaire général de l'organisation.

Phase 1 : Les années 60 et 70

  • Au cours des premières décennies de son existence, la CNUCED a pris de plus en plus de poids :

    • En tant qu'instance intergouvernementale de dialogue et de négociations Nord-Sud Sud sur les questions intéressant les pays en développement, notamment le “Nouvel ordre économique international”.

    • En tant qu'organe se consacrant à la recherche et à la fourniture de conseils concernant les questions de développement.

  • Les accords adoptés sous l'égide de la CNUCED durant cette période sont notamment :

    • Le Système généralisé de préférences (1968), en vertu duquel les pays développés améliorent l'accès au marché des exportations des pays en développement.

    • Un certain nombre d'accords internationaux sur les produits de base, qui visent à stabiliser les prix des produits d'exportation essentiels pour les pays en développement.

    • La Convention relative à un code de conduite des conférences maritimes, qui a renforcé la capacité des pays en développement de maintenir des flottes nationales marchandes.

    • L'ensemble de principes et de règles équitables convenus au niveau multilatéral pour le contrôle des pratiques commerciales restrictives, connu aujourd'hui sous le nom de “politiques du commerce et de la concurrence”.

  • En outre, la CNUCED a grandement contribué à :

    • Définir l'objectif consistant pour les pays développés à affecter 0,7 % du produit intérieur brut à l'aide publique au développement des pays les plus pauvres, objectif adopté par l'Assemblée générale des Nations Unies en 1970.

    • Créer le Groupe des pays les moins avancés (PMA) dès 1971, qui a appelé l'attention sur les besoins particuliers des pays les plus pauvres. La CNUCED est devenue l'organe principal du système des Nations Unies pour l'examen des problèmes de développement économique des PMA.

Phase 2 : Les années 80

  • Dans les années 80, la CNUCED a dû faire face à un nouvel environnement économique et politique :

    • Il s'est produit une transformation radicale de la pensée économique. Les stratégies de développement sont devenues plus axées sur les besoins du marché, la libéralisation du commerce et la privatisation des entreprises publiques

    • Un certain nombre de pays en développement ont traversé de graves crises d'endettement. Malgré les programmes d'ajustement structurel de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, la plupart des pays en développement touchés n'ont pas pu se refaire une santé rapidement. Dans de nombreux cas, ils ont enregistré une croissance négative et des taux d'inflation élevés. C'est pourquoi les années 80 ont été qualifiées de “décennie perdue”, en particulier en Amérique latine.

    • L'interdépendance économique s'est considérablement accrue à l'échelon mondial.

  • Dans ce contexte, la CNUCED a multiplié ses efforts pour :

    • Renforcer le contenu analytique de ses débats intergouvernementaux, en particulier concernant la gestion macroéconomique et les questions financières et monétaires internationales.

    • Élargir le champ de ses activités visant à aider les pays en développement à s'intégrer dans le système commercial mondial. Dans ce contexte,

      • L'assistance technique fournie par la CNUCED aux pays en développement a été particulièrement importante lors des négociations commerciales du Cycle d'Uruguay, engagé en 1986 en vertu de l'Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT). La CNUCED a joué un rôle clef en appuyant les négociations relatives à l'Accord général sur le commerce des services (AGCS).

      • Les travaux de la CNUCED dans le domaine de l'efficacité commerciale (facilitations des formalités douanières, transport multimodal) ont beaucoup aidé les pays en développement à mieux tirer parti du commerce

      • La CNUCED a aidé les pays en développement à rééchelonner leurs dettes publiques lors des négociations du Club de Paris

    • Promouvoir la coopération Sud-Sud. En 1989, est entré en vigueur l'Accord sur le Système global de préférences commerciales entre pays en développement (CGSP), en vertu duquel les pays signataires s'accordent mutuellement des préférences tarifaires et non tarifaires. À ce jour, l'Accord a été ratifié par 44 pays.

    • Répondre aux préoccupations des pays les plus pauvres en organisant la première Conférence des Nations Unies sur les pays les moins avancés en 1981. Depuis lors, trois autres conférences internationales se sont tenues à 10 ans d'intervalle.

Phase 3 : Des années 90 à nos jours

  • Les principaux faits nouveaux à l'échelon international ont été les suivants :

    • La conclusion des négociations commerciales du Cycle d'Uruguay dans le cadre du GATT a abouti à la création de l'Organisation mondiale du commerce en 1995, qui a contribué à renforcer le cadre juridique régissant le commerce international.

    • Une augmentation spectaculaire des flux financiers internationaux a entraîné une instabilité financière croissante.

    • Dans ce contexte, les travaux d'analyse de la CNUCED ont permis de donner rapidement l'alerte sur les risques que présentaient les crises financières et leurs effets dévastateurssur le développement. La CNUCED a donc souligné qu'il fallait mettre en place une “architecture financière internationale” davantage axée sur le développement.

    • Les flux d'investissement étranger direct sont devenus une des principales caractéristiques de la mondialisation.

    • La CNUCED a souligné qu'il fallait adopter une approche différenciée des problèmes des pays en développement. À sa dixième session, tenue à Bangkok en février 2000, la Conférence a adopté une déclaration politique - “L'esprit de Bangkok” - qui définit une stratégie pour appréhender les questions de développement dans le contexte de la mondialisation.

  • Ces dernières années, la CNUCED a :

    • Axé ses travaux de recherche et d'analyse sur les liens entre le commerce, l'investissement, la technologie et le développement des entreprises.

    • Aidé les pays en développement à élaborer des “initiatives de négociation” dans le cadre des négociations commerciales internationales, l'objectif étant de les aider à mieux appréhender la complexité des négociations commerciales multilatérales et à définir leur position.

    • Élargi ses travaux sur les questions d'investissement international, après avoir absorbé le Centre des Nations Unies sur les sociétés transnationales en 1993.

    • Développé et diversifié son assistance technique, qui couvre actuellement un large éventail de domaines, notamment la formation des négociateurs commerciaux et l'examen des questions relatives au commerce; la gestion de la dette, l'examen des politiques d'investissement et la promotion de l'esprit d'entreprise; les produits de base; la politique et le droit de la concurrence; et le commerce et l'environnement.

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