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COMMUNIQUÉ DE PRESSE
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Exploiter les avantages de l’informatique en nuage ne va pas sans difficultés pour les pays en développement, indique la CNUCED dans une étude
Pour tirer parti de l’efficacité et de la souplesse de l’informatique en nuage, des investissements d’infrastructure et des réformes juridiques sont nécessaires, d’après le Rapport 2013 sur l’économie de l’information

EMBARGO
Le contenu de ce communiqué et du présent Rapport ne doit pas être cité ni résumé par la presse écrite, la radio, la télévision et les médias électroniques avant le 03 décembre 2013, 17:00

UNCTAD/PRESS/PR/2013/050
Geneva, Suisse, (02 décembre 2013)

​Comme son nom ne l’indique pas, le «nuage» représente un enjeu bien concret, notamment pour les pays en développement, indique le Rapport 2013 sur l’économie de l’information1, de la CNUCED, sous-titré L’économie infonuagique et les pays en développement,  publié aujourd’hui.

Pour que les entreprises et les gouvernements des pays les plus pauvres bénéficient de l’offre d’information numérisée de plus en plus rapide et souple que permet l’informatique en nuage − grâce à quoi les commerçants en ligne peuvent adapter rapidement leurs systèmes d’information à l’évolution de la demande − des équipements bien concrets de traitement en masse des données sont indispensables. Il faut aussi prévoir d’importantes infrastructures à haut débit, ainsi que des lois et des règlements qui favorisent les investissements indispensables pour financer des installations de technologie de l’information et de la communication (TIC) de pointe et protéger les utilisateurs de services en nuage.

À propos de l’informatique en nuage, le Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon déclare dans la préface du rapport: «Il y a là un potentiel immense pour le développement économique et social, en particulier dans le cadre des efforts que nous déployons pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement et pour définir un programme audacieux porteur d’un avenir prospère, durable et équitable».

Le rapport montre que l’informatique en nuage offre des possibilités d’efficacité accrue. Par exemple, le recours à un prestataire spécialisé peut permettre aux petites entreprises d’externaliser une partie des compétences informatiques qu’elles auraient dû autrement assurer en interne. Les entreprises peuvent bénéficier de moyens supérieurs de stockage et de calcul, ainsi que du savoir-faire des fournisseurs de services en nuage dans des domaines comme la gestion et la sécurité informatiques.

Mais l’étude note que l’adoption du nuage dans les pays à revenu faible ou intermédiaire apparaît moins facile que dans les pays plus avancés. Si des services en nuage gratuits comme la messagerie électronique et les réseaux sociaux en ligne sont déjà largement utilisés dans les pays en développement, les possibilités d’adoption de l’informatique en nuage  sont bien plus réduites dans les pays à revenu faible ou intermédiaire que dans les pays plus avancés. En ce qui concerne l’existence d’infrastructures infonuagiques, l’écart avec les pays développés continue de se creuser. L’accès à des services Internet à haut débit abordables est encore loin d’être satisfaisant dans les pays en développement, en particulier dans les pays les moins avancés (PMA). En outre, la plupart des pays à faible revenu sont tributaires de réseaux mobiles à haut débit qui sont lents, affichent des temps d’attente élevés et ne sont donc pas prêts pour fournir des services en nuage.

Le rapport recommande aux pays de s’ouvrir à l’économie infonuagique mais de façon raisonnée. Dans la limite des ressources disponibles, certaines infrastructures comme les centres de données, qui sont onéreux, doivent être bâties; à l’heure actuelle, près de 85 % des centres de données offrant des services de colocation se trouvent dans des pays développés (fig. 1).

Cette «fracture des centres de données», qui va en s’accentuant, se mesure aussi à la disponibilité des serveurs; en 2011, il y avait environ mille fois plus de serveurs de données sécurisés par million d’habitants dans les pays à revenu élevé que dans les PMA (fig. 2). Le faible nombre de centres de données nationaux conjugué au coût élevé de la communication internationale en haut débit pèse également sur la valeur nette du recours aux services infonuagiques.

Le rapport indique que les pays en développement doivent demander les conseils dont ils ont besoin pour prendre des décisions avisées sur le type d’infrastructures nécessaires et les moyens de mobiliser des ressources financières. Il suggère que les partenaires de développement contribuent à aider les pays pauvres à remédier à la fracture numérique, éventuellement en apportant un soutien au niveau national par des contributions au financement d’infrastructures infonuagiques. Les partenaires pourraient, en outre, aider les pays en développement à établir les cadres juridiques et réglementaires appropriés.

Le Rapport sur l’économie de l’information souligne que les pays en développement devraient songer à remédier aux problèmes d’ordre juridique et réglementaire associés à l’informatique en nuage. S’il n’est pas indispensable d’élaborer des lois ou des règlements spécifiques en la matière, certains domaines, notamment la confidentialité et la protection des données, la sécurité de l’information et la cybercriminalité, doivent faire l’objet de réformes, mais aussi, préconise l’étude, de lois et de règlements dans les pays en développement. En 2013, est-il indiqué, pas moins de 99 pays disposaient de lois sur la confidentialité des données. S’il n’existe aucun mécanisme international harmonisé sur la confidentialité qui réglemente le transfert international de données, les pays en développement gagneraient peut-être à appliquer des régimes contraignants dans ce domaine.

Les avantages et les inconvénients de l’informatique en nuage

Dit simplement, l’informatique en nuage permet aux utilisateurs d’accéder, par le biais d’Internet ou d’autres réseaux numériques, à un ensemble modulable et très souple d’espaces de stockage et de ressources informatiques au moment où ils en ont besoin. Loin d’être un phénomène désincarné évoluant dans le cyberespace, l’informatique en nuage est au contraire solidement ancrée sur la terre ferme par tout un ensemble d’appareils, de réseaux, d’espaces de stockage, de services et d’interfaces nécessaires à la fourniture d’un service informatique.

La transition vers le nuage a été rendue possible par la formidable augmentation de la puissance de calcul, des capacités de stockage des données et de la rapidité de transmission. À titre d’exemple, certaines unités centrales actuelles sont 4 000 fois plus rapides que leurs équivalents d’il y a quarante ans, et les abonnements au haut débit sont près de 36 000 fois plus rapides que les connexions au réseau par ligne commutée utilisées en 1993, année de mise en service du navigateur Internet.

Les avantages potentiels de l’informatique en nuage sont notamment le moindre coût en interne des équipements et de la gestion de services informatiques, la plus grande flexibilité en matière de capacité de stockage/traitement fournie à la demande, la plus grande flexibilité et facilité d’accès aux données et aux services, la mise à jour immédiate et gratuite des logiciels, et la plus grande fiabilité/sécurité de la gestion des données et des services.

Mais certains risques ou inconvénients potentiels sont aussi associés aux solutions infonuagiques. Le rapport de la CNUCED mentionne les dépenses de communication (opérateurs de télécommunications/fournisseurs de services internet) et les dépenses liées à la migration et à l’intégration de nouveaux services en nuage dans les circuits opérationnels des entreprises, la moindre maîtrise des données et des applications, les craintes en matière de sécurité et de confidentialité des données, l’inaccessibilité des services à certains utilisateurs en cas de panne, et le «verrouillage» exercé par les fournisseurs sur les marchés non concurrentiels.

Les décideurs ne devraient pas attendre pour examiner les conséquences possibles de l’essor de l’informatique en nuage pour l’économie et la société de leur pays, estime la CNUCED. Les pays doivent étudier de près la façon optimale de tirer parti de la dernière évolution en date de l’économie de l’information. D’après la CNUCED, il n’existe, en principe, aucune raison particulière pour que les politiques publiques et la réglementation découragent la migration vers le nuage. Les gouvernements devraient  chercher à créer un cadre qui permette aux entreprises et aux organisations désireuses de transférer leurs données et leurs services vers le nuage de le faire facilement et d’une manière sûre. Mais les politiques publiques devraient reposer sur une évaluation rigoureuse des avantages et des inconvénients des solutions nuagiques, et reconnaître la diversité des modèles d’affaires et des services existant dans le nuage. Le rapport souligne que la technologie nuagique peut être utilisée de multiples façons − nuages publics, privés ou hybrides, notamment − au niveau national, régional ou mondial.
 

Figure 1 : Répartition des centres de données offrant des services de colocation,
par groupe de pays, 2013
PR13050f1_fr.JPG
Source: CNUCED, d’après Data Centre Map (voir http://www.datacentermap.com/ datacenters.html).


Figure 2 : Répartition des serveurs Internet sécurisés (par million d’habitants), 2012
PR13050f2_fr.JPG
Source: Banque mondiale (http://data.worldbank.org/indicator/IT.NET.SECR.P6).


Rapport complet - http://unctad.org/en/PublicationsLibrary/ier2013_en.pdf (seulement en anglais)

End Notes
  1. Le rapport (no de vente: E.13.II.D.6, ISBN-13: 978-92-1-112869-7) peut être obtenue auprès du Bureau des ventes et de la commercialisation des publications des Nations Unies à l’adresse ci-dessous ou auprès des revendeurs des publications des Nations Unies dans le monde. au prix de 38 dollars des États-Unis (avec une réduction de 50 % pour les résidents des pays en développement, et de 75 % pour les résidents des pays les moins avancés). Les commandes ou les demandes de renseignements sont à adresser à: United Nations Publications Sales and Marketing Office, 300 E 42nd Street, 9th Floor, IN-919J New York, NY 10017 (États-Unis d’Amérique), tél.: +1 212 963 8302, télécopie: +1 212 963 3489, courriel: publications@un.org, https://unp.un.org.


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