unctad.org | Les pays en développement face à un déficit d'investissement annuel estimé de 2 500 milliards de dollars dans les secteurs clefs du développement durable, selon un rapport de la CNUCED
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
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Les pays en développement face à un déficit d'investissement annuel estimé de 2 500 milliards de dollars dans les secteurs clefs du développement durable, selon un rapport de la CNUCED
Le World Investment Report propose un plan d’action visant à accroitre les investissements privés dans des secteurs tels que l’infrastructure, la sécurité alimentaire et l’atténuation des changements climatiques

EMBARGO
Le contenu de ce communiqué et du présent Rapport ne doit pas être cité ni résumé par la presse écrite, la radio, la télévision et les médias électroniques avant le 24 juin 2014, 17:00

UNCTAD/PRESS/PR/2014/021
Genève, Suisse, (23 juin 2014)

La réalisation des objectifs de développement durable, que l’Organisation des Nations Unies et un large éventail de partenaires sont en train de définir, exigera une forte augmentation de l’investissement public et privé dans les pays en développement, afin de combler un déficit d'investissement annuel estimé à 2 500 milliards de dollars, selon le World Investment Report 20141 (Rapport sur l’investissement dans le monde 2014) de la CNUCED. Le rapport, qui est sous-titré Investing in the SDGs: An Action Plan (L’investissement au service des ODD: un plan d’action), propose un cadre ambitieux pour comprendre et accroître le rôle des contributions du secteur privé à la réalisation d’objectifs économiques, sociaux et environnementaux dans les pays en développement.

Les contributions du secteur privé − grâce à la fois à une bonne gouvernance dans les entreprises et à des investissements dans le développement durable − joueront un rôle essentiel dans la réalisation des objectifs de développement durable, selon le rapport. Les contributions du secteur public demeureront indispensables, mais elles risquent d’être insuffisantes pour répondre aux besoins dans tous les secteurs visés par ces objectifs. Toutefois, accroître les contributions du secteur privé pose des problèmes et des dilemmes qui ne doivent pas être éludés.

Principales conclusions du rapport:

Si l’on prend en compte le montant actuel des investissements dans les secteurs visés par les objectifs de développement durable, les pays en développement feraient face à un déficit annuel estimé à 2 500 milliards de dollars (fig. 1). Les estimations du montant total des besoins d’investissement dans les pays en développement vont de 3 300 milliards à 4 500 milliards de dollars par an; les secteurs concernés sont les infrastructures de base (routes, rail et ports; centrales électriques; eau et assainissement), la sécurité alimentaire (agriculture et développement rural), l’atténuation des changements climatiques et l’adaptation à ces changements, la santé et l’éducation. Si le montant des investissements − publics et privés − dans les secteurs visés par les objectifs de développement durable reste inchangé, les pays en développement continueront à faire face à un déficit de financement annuel moyen de 2 500 milliards de dollars environ pendant la période 2015 2030. Combler ce déficit peut paraître impossible, mais cela est tout à fait réalisable. Les investissements privés peuvent être considérablement accrus, surtout dans l’infrastructure, la sécurité alimentaire et l’atténuation des changements climatiques. Les pays économiquement et structurellement faibles ayant besoin d’une attention particulière, la CNUCED estime que le taux de croissance de l’investissement privé dans les pays les moins avancés (PMA) doit être multiplié par deux.

La participation accrue d’investisseurs privés aux secteurs visés par les objectifs de développement durable, dont beaucoup sont des secteurs sensibles ou assurent des services d’utilité publique, crée des dilemmes en matière de politique publique. D’où la nécessité de définir des principes directeurs. La CNUCED distingue quatre principaux dilemmes, à savoir: les risques liés à la participation accrue du secteur privé aux secteurs sensibles; la nécessité de maintenir des services de qualité qui soient d’un coût abordable et accessibles à tous; les rôles respectifs de l’investissement public et de l’investissement privé; et la contradiction manifeste entre les besoins de financement particulièrement criants des pays économiquement et structurellement faibles, surtout des PMA, et le fait que ce sont ces pays qui ont les plus grandes difficultés à attirer l’investissement. Un ensemble commun de principes régissant l’investissement au service des objectifs de développement durable peut aider à fixer des orientations et des objectifs collectifs. Les grands principes ci après pourraient constituer un cadre:

• Concilier la libéralisation et le droit de réglementer;
• Concilier des taux attrayants de rémunération des risques et des services accessibles et abordables;
• Concilier l’augmentation de l’investissement privé et celle de l’investissement public;
• Concilier la portée mondiale des objectifs de développement durable et l’attention particulière dont doivent bénéficier les PMA.

La CNUCED propose un cadre stratégique pour des investissements privés au service des objectifs de développement durable

Le cadre stratégique pour des investissements privés au service des objectifs de développement durable s’intéresse aux principaux problèmes et solutions dans les domaines suivants (fig. 2):

Pour accroître l’investissement privé au service des objectifs de développement durable, la communauté internationale et les décideurs nationaux devront non seulement définir des principes directeurs afin de résoudre les dilemmes qui se posent, mais aussi fixer des objectifs en matière d’investissement, veiller à la cohérence des politiques et créer des synergies, mettre en place une plate-forme multipartite mondiale sur l’investissement au service des objectifs de développement durable, et créer un mécanisme d’assistance technique multiorganisations pour l’investissement au service des objectifs de développement durable.

Les difficultés à mobiliser des fonds sur les marchés financiers doivent être surmontées. Il s’agit notamment des dysfonctionnements des marchés et de l’absence de transparence des résultats obtenus dans le domaine environnemental, sur le plan social et en matière de gouvernance, de l’inadaptation des mesures d’incitation aux acteurs du marché, ainsi que des problèmes de mise en place et de développement de solutions financières novatrices. Afin que le système financier soit davantage axé sur les objectifs de développement durable, on peut créer un sol fertile pour des approches de financement novatrices au service des objectifs de développement durable, mettre en place des mécanismes de fixation des prix pour les externalités ou les améliorer, promouvoir des bourses de valeur durables et réformer les marchés financiers afin de favoriser l’investissement au service des objectifs de développement durable.

Une fois mobilisés, les fonds nécessaires doivent être orientés vers les secteurs et projets concernés par les objectifs de développement durable, ce qui pose d’autres problèmes. Parmi les principales entraves à l’orientation de fonds vers les secteurs concernés figurent l’existence d’obstacles à l’entrée, l’insuffisance du taux de rémunération des investissements, le manque d’information, l’absence de présentation et de promotion efficaces des projets, ainsi que la méconnaissance des secteurs concernés par les investisseurs. Les mesures à prendre sont notamment les suivantes: réduire les obstacles à l’entrée, avec des garanties; accroître le recours aux dispositifs de partage des risques liés aux investissements; mettre en place de nouveaux dispositifs d’incitation et une nouvelle génération d’institutions de promotion de l’investissement; et conclure des partenariats pour l’investissement au service des objectifs de développement durable.

Enfin, l’investissement privé doit optimiser sa contribution au développement durable tout en réduisant autant que faire se peut les risques connexes. Parmi les principaux obstacles à l’optimisation de la contribution de l’investissement privé dans les secteurs concernés et à la réduction des risques et des inconvénients qui y sont associés figurent: la faible capacité d’absorption de certains pays en développement, les risques liés à l’impact social et environnemental, ainsi que la nécessité d’une participation des acteurs et d’un suivi efficace de l’impact. Pour les surmonter, on pourrait accroître les capacités d’absorption, mettre en place des cadres et normes efficaces de réglementation, une bonne gouvernance et des institutions fortes, faire participer les différents acteurs et établir un système d’évaluation de l’impact sur les objectifs de développement durable.

Le plan d’action de la CNUCED pour des investissements privés au service des objectifs de développement durable propose un éventail de mesures pour résoudre les problèmes liés à la mobilisation, à l’affectation et à l’impact des investissements. Toutefois, la communauté internationale et les décideurs nationaux doivent conjuguer leurs efforts pour se concentrer sur quelques mesures ou programmes prioritaires (fig. 3). Des mesures ciblées peuvent contribuer à stimuler de manière notable l’investissement privé dans le développement durable, grâce à:

• Une nouvelle génération de stratégies et d’institutions de promotion de l’investissement;
• Des incitations à l’investissement au service des objectifs de développement durable;
• Des pactes régionaux pour l’investissement au service des objectifs de développement durable;
• De nouvelles formes de partenariat pour l’investissement au service des objectifs de développement durable;
• La promotion de mécanismes financiers novateurs et une réorientation des marchés financiers;
• Un changement d’optique des entreprises au niveau mondial et au développement des compétences dans le domaine de l’investissement au service des objectifs de développement durable.

 
Figure 1 - Montant estimatif des besoins d’investissement annuels dans les principaux secteurs visés par les objectifs de développement durable 2015-2030
(En milliers de milliards de dollars, moyenne annuelle)
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Source: CNUCED, World Investment Report 2014.

Figure 2 - Cadre stratégique pour des investissements privés au service des objectifs de développement durable
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Source: CNUCED, World Investment Report 2014.
 
Figure 3 - Comment stimuler de manière notable l’investissement privé au service des objectifs de développement durable: des programmes de mesures
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Source: CNUCED, World Investment Report 2014.

 

Report: http://unctad.org/en/PublicationsLibrary/wir2014_en.pdf

Overview: http://unctad.org/en/PublicationsLibrary/wir2014_overview_en.pdf


End Notes
  1. Le rapport (no de vente : E.14.II.D.1, ISBN: 978-92-1-112873-4) peut être obtenu auprès du Bureau des ventes et de la commercialisation des publications des Nations Unies à l’adresse ci-dessous ou auprès des revendeurs des publications des Nations Unies dans le monde. Les commandes ou les demandes de renseignements sont à adresser à: United Nations Publications Sales and Marketing Office, 300 E 42nd Street, 9th Floor, IN-919J New York, NY 10017 (États-Unis d’Amérique), tél.: +1 212 963 8302, télécopie: +1 212 963 3489, courriel: publications@un.org, https://unp.un.org.


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