unctad.org | Quelques données sur ´la croissance, la pauvreté et les modalités du partenariat pour le développement´
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
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Quelques données sur ´la croissance, la pauvreté et les modalités du partenariat pour le développement´

UNCTAD/PRESS/PR/2008/015
17 July 2008

EMBARGO
Le contenu de ce communiqué et du Rapport 2008 ne doit pas être cité ni résumé par la presse écrite,
la radio, la télévision et les médias électroniques
avant le 17 juillet 2008, 17 heures TU
(13 heures à New York, 19 heures à Genève)

Pauvreté dans les PMA

  • Dans les pays les moins avancés (PMA), 277 millions de personnes vivent dans l´extrême pauvreté. En 2005, 36 % de la population des PMA avait un revenu inférieur à 1 dollar des États-Unis (É.-U.) par jour, contre 44 % en 1994. La pauvreté est mesurée en fonction de la parité de pouvoir d´achat (PPA) de 1985, ce qui permet de comparer le coût de la vie dans les différents pays.
  • Il existe une forme de pauvreté plus large, la pauvreté totale, qui englobe tous ceux qui vivent avec moins de 2 dollars É.-U. par jour (aussi en fonction du PPA de 1985). Si l´on prend en compte ce seuil de pauvreté plus élevé, les trois quarts de la population des PMA étaient pauvres en 2005. La grande majorité des habitants n´avaient donc pas de revenus suffisants pour satisfaire leurs besoins élémentaires (alimentation, logement, santé, éducation). En 2005, le taux de pauvreté totale était en baisse par rapport à 1994, année où il avait culminé à 81 %.
  • Entre 2000 et 2005, le nombre de pauvres a augmenté dans les PMA. Le nombre de personnes vivant avec moins de 1 dollar par jour est passé de 265 millions à 277 millions et celui de celles vivant avec moins de 2 dollars par jour est passé de 535 millions à 581 millions. Même si le taux de pauvreté baisse, la population totale des PMA s´est accrue rapidement, entraînant une augmentation du nombre de pauvres.
  • Les 581 millions de pauvres vivant dans les PMA avec moins de 2 dollars par jour en 2005 se répartissaient de la manière suivante: 375 millions en Afrique, 204 millions en Asie et 2 millions dans les États insulaires.

Développement social et objectifs du Millénaire pour le développement

  • Pour que les PMA atteignent les cibles fixées en matière de réduction de la pauvreté dans les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), définis par l´Organisation des Nations Unies, leur taux collectif d´extrême pauvreté devrait tomber à 20 % en 2015. Toutefois, selon les projections de la CNUCED, si les tendances actuelles se poursuivent, les PMA atteindront un taux de 33 % en 2015, ce qui signifie que le nombre de personnes vivant dans l´extrême pauvreté sera supérieur de 116 millions à ce qu´il aurait été si les OMD avaient été réalisés.
  • Dans un tiers des PMA, la consommation moyenne de denrées alimentaires est inférieure au minimum jugé nécessaire pour un bon fonctionnement du corps. En 2002, 31 % de la population des PMA était sous-alimentée, soit près du double de la population sous-alimentée dans les autres pays en développement (17 %). Près d´un PMA sur deux ne devrait pas parvenir à réduire de moitié la proportion des personnes souffrant de la faim d´ici à 2015, qui était une des cibles des OMD.
  • L´enseignement primaire est le domaine dans lequel les PMA ont enregistré le plus de progrès. Le taux net de scolarisation dans le primaire a fortement augmenté, atteignant 76 % en 2005 contre 47 % en 1991. Le ratio filles/garçons de scolarisation dans le primaire est passé de 0,79 en 1991 à 0,89 en 2005.
  • En 2002, 14 % des enfants nés vivants dans les PMA décédaient avant leur cinquième anniversaire. Ce chiffre était près du double de celui des autres pays en développement, où 8 % des enfants nés vivants décédaient avant leur cinquième anniversaire.
  • La proportion des personnes n´ayant pas accès à de l´eau potable dans les PMA était de 37 % en 2004. Un chiffre encore élevé, mais en baisse par rapport à 1991 (47 %).

La crise alimentaire mondiale et les PMA

  • De nombreux pauvres dans les PMA consacrent 70 à 80 % de leurs revenus à l´alimentation. Ils sont donc touchés de plein fouet par la forte augmentation des prix intérieurs des denrées alimentaires enregistrée en 2007 et 2008.
  • 36 des 50 PMA étaient des importateurs nets de denrées alimentaires en 2004-2006. La hausse des prix internationaux des denrées alimentaires va donc alourdir la facture de leurs importations et, dans la plupart d´entre eux, creuser les déficits commerciaux existants.
  • Les capacités de production vivrière insuffisantes dans la plupart des PMA s´expliquent en partie par le manque d´intérêt que les responsables de l´élaboration des politiques témoignent depuis longtemps à l´égard de l´agriculture. Ainsi, les dépenses publiques consacrées à la recherche-développement agricole représentaient à peine 4,2 % du PIB agricole en 2004, soit moins de la moitié de la part qui y est affectée dans les autres pays en développement (10,7 %).
  • Au 30 juin 2008, la forte hausse des prix des denrées alimentaires avait provoqué des émeutes dans huit PMA, à savoir: Burkina Faso, Guinée, Haïti, Mauritanie, Mozambique, Sénégal, Somalie et Yémen.

Résultats économiques des PMA

  • En 2005 et 2006, le produit intérieur brut (PIB) réel des PMA, en tant que groupe, a progressé de plus de 7 %, soit le taux le plus élevé enregistré depuis trente ans.
  • En 2005 et 2006, la croissance économique a été supérieure à 7 % dans les pays suivants: Afghanistan, Angola, Bhoutan, Cambodge, Éthiopie, Maldives, Mauritanie, Mozambique, Myanmar, République démocratique populaire lao, Sierra Leone et Soudan.
  • Les taux de croissance économique enregistrés au cours des dernières années sont marqués par de grandes disparités entre les PMA. Malgré une croissance globale record du PIB (7 %), le PIB par habitant a progressé de moins de 1 % ou a diminué dans 16 PMA (soit un tiers du total).
  • En valeur, les exportations de marchandises des PMA ont augmenté de 80 % pendant la période 2004-2006, atteignant 99 milliards de dollars en 2006. La croissance des exportations, comme celle du PIB, était inégalement répartie. Soixante-seize pour cent de l´augmentation totale des exportations de marchandises des PMA enregistrée entre 2004 et 2006 est imputable aux pays exportateurs de pétrole et de minéraux.
  • En 2006, la grande majorité des PMA (42 sur 50) connaissaient un déficit de la balance des marchandises (c´est-à-dire que les importations étaient supérieures aux exportations) et dans 37 d´entre eux, ce déficit s´était creusé en 2006 par rapport à 2003-2004.
  • Le pétrole et les denrées alimentaires constituaient à eux seuls 30 % des importations de marchandises des PMA en 2006, soit beaucoup plus que dans les autres pays en développement (19 %).
  • Les PMA ont attiré une part décroissante des investissements étrangers directs (IED) mondiaux. En 2006, cette part s´établissait à 0,7 % à peine, en baisse par rapport à 2003 (1,9 %). En 2006, les investissements étrangers dans les PMA se sont élevés à 9,4 milliards de dollars É.-U.
  • Le montant moyen annuel des bénéfices provenant de l´IED dans les PMA qui ont été rapatriés a triplé en 2006 (12,3 milliards de dollars) par rapport à 2000 2003 (3,7 milliards de dollars).
  • Les versements nets d´aide publique au développement (APD) des pays développés et/ou riches aux PMA ont augmenté, atteignant 28 milliards de dollars É.-U. en 2006 contre 17 milliards en 2000 (en termes réels, c´est-à-dire en tenant compte des effets de l´inflation). Toutefois, il ne s´agit en fait que d´un inversement de la tendance baissière enregistrée dans les années 90. En 2006, les versements nets réels d´APD par habitant des PMA étaient inférieurs de 17 % à ce qu´ils étaient en 1990.
  • Les envois de fonds des ressortissants des PMA travaillant à l´étranger à destination de leur pays d´origine ont atteint le montant record de 13 milliards de dollars É.-U. en 2006. Ils sont particulièrement importants dans les cas d´Haïti, du Lesotho et du Népal ? où ils représentent plus de 15 % du revenu national brut (RNB) ? ainsi que du Cap-Vert, de la Gambie, de la Guinée-Bissau et de l´Ouganda ? où ils représentent entre 9 et 13 % du RNB. Le montant total des envois de fonds à l´ensemble des PMA s´est élevé à 3,9 % du RNB, soit plus du double de la part du RNB dans les autres pays en développement (1,7 %).
  • Les plus grands bénéficiaires des envois de fonds des travailleurs expatriés parmi les PMA ont été le Bangladesh ? qui a reçu 5,5 milliards de dollars É.-U. en 2006 ? ainsi que le Yémen, le Népal et les Comores ? qui ont reçu plus d´un milliard de dollars É.-U. chacun.
  • Le montant total du stock extérieur de la dette des PMA a atteint un record à 163 milliards de dollars É.-U. en 2004, après avoir augmenté pendant trois années de suite. Il est tombé à 157 milliards de dollars en 2005 et a chuté de manière encore plus spectaculaire en 2006, atteignant 132 milliards de dollars. Cette réduction de la dette s´explique en grande partie par la mise en œuvre de l´Initiative renforcée en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) et par l´adoption de l´Initiative d´allègement de la dette multilatérale en 2006.

Partenariats pour le développement

  • À ce jour, 35 PMA ont établi des documents de stratégie de réduction de la pauvreté (DSRP) complets et 17 ont achevé leur second DSRP.
  • Les PMA les plus tributaires de l´APD sont l´Afghanistan, le Burundi, la Guinée-Bissau, les Îles Salomon, Kiribati, le Libéria, le Malawi, la République démocratique du Congo, le Rwanda, Sao Tomé-et-Principe, le Timor-Leste et Tuvalu. Dans ces pays, la part de l´APD a représenté plus d´un quart du PIB en 2006.
  • En 2006, les pays suivants, membres du Comité d´aide au développement de l´OCDE, ont atteint l´objectif d´aide aux PMA qui avait été convenu à la troisième Conférence des Nations Unies sur les PMA (tenue à Bruxelles en 2001): Belgique, Irlande, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas, Royaume-Uni et Suède.
A télécharger [PDF] : | Rapport [197 pages, 1679 KB] (disponible qu´en anglais) | Aperçu général [27 pages, 698 KB] |



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