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COMMUNIQUÉ DE PRESSE
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Les pays les plus pauvres devraient «s’approprier» les politiques pour utiliser l’aide au développement de manière efficace

UNCTAD/PRESS/PR/2008/014
17 July 2008

EMBARGO
Le contenu de ce communiqué et du Rapport 2008 ne doit pas être cité ni résumé par la presse écrite,
la radio, la télévision et les médias électroniques
avant le 17 juillet 2008, 17 heures TU
(13 heures à New York, 19 heures à Genève)

Le Rapport 2008 sur les pays les moins avancés préconise de subordonner la conditionnalité extérieure au savoir local
et aux priorités de la politique nationale

Genève, le 17 juillet 2008 - Le Rapport 2008 sur les pays les moins avancés(1) préconise que les 50 pays les plus pauvres bénéficient d´un droit de regard et d´une latitude accrus à l´égard de la manière dont l´aide extérieure qu´ils reçoivent est utilisée afin d´en optimiser l´impact positif. D´après ce rapport, les règles et conditions dont est assortie l´aide monétaire devraient être moins strictes - ou moins subordonnées à la réalisation d´objectifs économiques - car elles empêchent les gouvernements d´adapter leur plan de développement à la situation locale ou nationale. Une "appropriation" accrue permettrait non seulement d´affecter l´aide là où elle est la plus efficace, mais aiderait aussi les gouvernements des pays les moins avancés (PMA) à améliorer leurs capacités de gouvernance, à savoir les capacités de planifier, d´analyser et d´exécuter leurs projets de développement selon des modalités qui stimulent la croissance économique.

La notion d´appropriation est au cœur de la stratégie de partenariat en matière de coopération pour le développement élaborée par la communauté internationale depuis 2000. Ce principe a reçu un soutien politique fort au niveau le plus élevé, notamment lors du Sommet du Groupe des huit pays les plus industrialisés tenu à Gleneagles, en Écosse, en 2005. "C´est aux pays en développement eux-mêmes et à leur gouvernement qu´il appartient de mener leur politique de développement. Ils doivent décider, planifier et organiser leurs politiques économiques en fonction de leurs propres stratégies de développement, dont ils doivent assumer la responsabilité devant l´ensemble de leurs concitoyens." (communiqué de Gleneagles, 2005).

Le Rapport sur les pays les moins avancés : Croissance, pauvreté et modalités du partenariat pour le développement, indique que si l´aide extérieure peut aider à mobiliser les ressources intérieures afin de stimuler le progrès économique, elle ne joue pas un rôle moteur dans le développement à long terme. Celui-ci doit reposer sur les ressources, les talents et les idées propres à chaque pays. Pour que l´aide extérieure serve de catalyseur à ce processus et soit adaptée à la situation locale, il faut que les PMA - qui connaissent le mieux cette situation - jouent les premiers rôles.

Les PMA continuent d´être fortement tributaires de sources extérieures de croissance, surtout de l´aide publique au développement (APD). En 2006, la part moyenne des versements d´APD aux PMA en pourcentage du PIB était de 8 % environ; les PMA insulaires affichaient la plus forte dépendance à l´égard de l´aide (17 %), suivis des PMA africains (9,3 %). Les PMA asiatiques étaient ceux qui étaient les moins tributaires de l´aide (4,8 %), et si l´on exclut l´Afghanistan, ce taux n´était que de 2,7 %. Néanmoins, dans certains PMA, le taux de dépendance dépasse largement la moyenne régionale (voir la figure 1).

Selon le Rapport, les documents de stratégie de réduction de la pauvreté (DSRP) de "deuxième génération" sont devenus le principal mécanisme par lequel les donateurs et les gouvernements bénéficiaires conçoivent les plans de développement. Jusqu´à présent, 39 PMA ont établi des DSRP et les ont exposés aux conseils des gouverneurs de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI). Depuis 2000, les partenariats en matière d´aide ont mis de plus en plus l´accent sur le principe de l´appropriation nationale, qui constitue l´un des principaux éléments de la Déclaration de Paris sur l´efficacité de l´aide au développement (2005), dont la mise en œuvre sera évaluée lors d´une réunion qui se tiendra à Accra (Ghana) en septembre 2008.

Les économistes de la CNUCED estiment toutefois qu´il subsiste un grand fossé entre les discours et la pratique. Le système actuel d´aide n´est pas aussi efficace qu´il pourrait l´être car les mécanismes utilisés continuent d´empêcher une véritable appropriation par les pays. Parmi les problèmes qui se posent figurent l´alignement insuffisant des donateurs et des bénéficiaires, le manque d´information et de transparence, l´existence de systèmes parallèles d´aide imposée d´en haut par les donateurs, le manque de coordination et d´harmonisation de l´aide, d´une part, et des plans, budgets et processus publics, le manque de prévisibilité de l´aide, ainsi que les fortes variations annuelles du montant de l´aide fournie.

La Banque mondiale comme le FMI ont déployé de grands efforts pour réduire les effets négatifs des conditions liées à l´utilisation de l´aide, mais ils sont encore très loin du compte, selon le Rapport. Par exemple, les apports d´aide publique au développement (APD) au Malawi, à la Zambie et à la Sierra Leone ont été réduits en 2003 et en 2007 car ces pays n´avaient pas atteint les objectifs macroéconomiques fixés. La stabilisation macroéconomique, la privatisation et la libéralisation des secteurs bancaire et financier demeurent des conditions essentielles à l´octroi d´une aide, auxquelles s´ajoutent des règles plus nombreuses qu´auparavant relatives à la gouvernance des PMA. Ces prescriptions restreignent la marge d´action des gouvernements et ont des conséquences néfastes. C´est pourquoi il faut mettre en place un système qui permette l´appropriation de l´aide par les gouvernements tout en garantissant aux donateurs que cette aide est utilisée convenablement et efficacement. Le Rapport estime aussi que le modèle de développement sur lequel reposent les conditions imposées - du type de celles appliquées par le FMI - en matière d´aide n´a pas débouché sur une croissance durable ou solidaire dans la plupart des PMA.

Selon le Rapport, il faut que les préférences des donateurs et les besoins réels des bénéficiaires soient davantage harmonisés. Des motifs d´optimisme peuvent être décelés dans les DSRP élaborés par le Mozambique, la Tanzanie, l´Ouganda et l´Afghanistan, qui mettent fortement l´accent sur la gestion de l´aide.

Reprendre en main le développement grâce aux politiques de gestion de l´aide

La CNUCED recommande d´élaborer une politique de gestion de l´aide - pratique innovante, qui met l´accent sur la responsabilité réciproque des donateurs et des gouvernements bénéficiaires et vise à réduire les coûts de transaction. Cette politique sert aussi de cadre au renforcement des capacités des États d´utiliser l´aide extérieure de manière efficace.

Selon le Rapport, les PMA doivent concevoir leur programme d´aide à partir de la base, en mettant l´accent sur des solutions endogènes qui utilisent au maximum le savoir local. Cela passe par un perfectionnement des compétences techniques et de gestion - processus déjà en cours dans un certain nombre de PMA - afin que les solutions adoptées puissent répondre sur mesure aux problèmes locaux. Les PMA doivent aussi accroître leurs capacités d´étudier d´autres voies possibles sur les plans théorique et directif et réfléchir de manière plus indépendante aux moyens de promouvoir le développement. Il devrait y avoir place pour l´expérimentation dans l´élaboration et l´application des orientations. En outre, les gouvernements devraient avoir la latitude d´adapter leurs méthodes aux réalités locales dans le temps. Ils doivent édifier des États efficaces capables de stimuler et de gérer la croissance économique grâce à une gouvernance active et endogène en matière de développement.


ANNEXE

Tableaux et graphiques

Figure 1 - PMA les plus tributaires de l´aide extérieure (versements nets d´APD en pourcentage du PIB, 2006)

Figure 1 - PMA les plus tributaires de l´aide extérieure (versements nets d´APD en pourcentage du PIB, 2006)

Source: CNUCED

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Annotations

1.Le Rapport 2008 sur les pays les moins avancés: croissance, pauvreté et modalités du partenariat pour le développement (numéro de vente: F.08.II.D.20, ISBN 978-92-1-112751-5) peut être obtenu auprès des bureaux de vente des Nations Unies aux adresses indiquées ci-après ou auprès des revendeurs des publications des Nations Unies dans de nombreux pays. Le prix est de 35 dollars des États-Unis, mais un prix spécial de 14 dollars des États-Unis est appliqué dans les pays en développement et les pays en transition. Pour toute commande ou demande de renseignements pour l´Europe, l´Afrique et l´Asie occidentale, s´adresser à la Section des ventes et des publications de l´ONU, Palais des Nations, CH-1211 Genève 10 (Suisse), télécopieur: +41 22 917 0027, courriel; unpubli@un.org; pour les Amériques et l´Asie orientale, s´adresser à Publications des Nations Unies, Two UN Plaza, DC2 853, New York, NY 10017, États-Unis d´Amérique, téléphone: +1 212 963 8302 ou +1 800 253 9646, télécopieur: +1 212 963 3489, courriel: publication@un.org. Internet: http://www.un.org/publications.






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