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COMMUNIQUÉ DE PRESSE
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L´Afrique devrait approfondir l´intégration régionale pour renforcer ses économies et les rendre plus résilientes, indique le rapport

UNCTAD/PRESS/PR/2009/022
25 June 2009

Profiter pleinement des possibilités économiques offertes par l´intégration régionale passe par une amélioration de l´infrastructure régionale, l´harmonisation des politiques et l´augmentation des investissements internationaux et de la mobilité de la main-d´œuvre


EMBARGO
Le contenu de ce communiqué et du Rapport 2009 ne doit pas être cité ni résumé par la presse écrite,
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avant le 25 juin 2009, 17 heures TU
(13 heures à New York, 19 heures à Genève, 22 h 30 à Delhi, 2 heures le 26 juin à Tokyo)

Genève, le 25 juin 2009 - La crise économique mondiale, qui s´est propagée au continent africain, appelle un réexamen des approches en vigueur en matière de développement international. Pour l´Afrique, une des solutions passe par l´approfondissement de l´intégration régionale qui lui permettrait de corriger les faiblesses structurelles qui depuis longtemps minent ses économies. Dans son rapport sur Le développement économique en Afrique, 2009(1) , la CNUCED soutient que l´intégration régionale est essentielle pour un développement soutenu du continent, surtout dans le contexte de la crise actuelle.

Que ce soit en construisant des routes revêtues en dur ou en améliorant la coopération bancaire, il faut absolument développer les relations entre les pays pour stimuler leur croissance économique. La faiblesse des infrastructures matérielles et institutionnelles est en effet le principal obstacle au développement du commerce et de l´investissement sur le continent. C´est la raison pour laquelle, avec 9 % du total des courants commerciaux internationaux enregistrés et 13 % du total mondial des entrées officielles d´investissements étrangers directs (IED), l´Afrique est actuellement en queue de peloton pour ce qui concerne la part dans le commerce et l´investissement régional.

Sous-titrée "Renforcer l´intégration économique régionale pour le développement de l´Afrique", l´édition 2009 du rapport annuel de la CNUCED sur l´Afrique reconnaît qu´au cours des vingt dernières années, le continent a progressé dans la création d´organismes sous-régionaux d´intégration économique. Toutefois, contrairement aux attentes, ceux-ci n´ont pas sensiblement accru les échanges commerciaux, les flux d´investissement et la mobilité des personnes entre pays africains. C´est pourquoi, le marché africain est de loin le marché régional le plus morcelé.

En s´inscrivant dans une stratégie de développement plus large et bien pensée, l´intégration régionale pourrait renforcer les capacités productives, intensifier la diversification économique et améliorer la compétitivité. La mise en commun des ressources et les économies d´échelle permettraient aux pays africains de participer plus efficacement à l´économie mondiale.

Pour stimuler l´intégration régionale, les pays doivent renforcer leurs infrastructures matérielles régionales ? réseaux routier, ferroviaire et aérien, télécommunications, etc. Compte tenu du coût élevé de ce type de projet et des capacités financières limitées des pays africains pris isolément, la solution la plus réaliste pour avancer sur la voie de l´intégration est la planification au niveau supranational et la mise en commun des ressources nécessaires au financement des projets régionaux revêtant une importance prioritaire.

Il faudra que l´amélioration des infrastructures matérielles s´accompagne d´une amélioration des infrastructures immatérielles, notamment d´une harmonisation des politiques au niveau régional, de mesures de facilitation du commerce, d´une amélioration des procédures à la frontière et de l´adoption de politiques nationales qui favorisent l´intégration au lieu de la freiner.

Le commerce des marchandises entre pays africains est très faible mais présente un fort potentiel de croissance

La création de plusieurs organismes d´intégration économique en Afrique ces vingt dernières années devait favoriser le commerce des marchandises entre pays du continent. Ces échanges, qui représentaient 2 % du total des exportations africaines au début des années 80, sont passés à 9 % en 2007. Ces chiffres sont toutefois inférieurs à la réalité car ils n´incluent pas les échanges non enregistrés qui seraient très élevés. Cela dit, les courants commerciaux intra-africains sont faibles comparés à ceux des autres régions et au potentiel commercial de l´Afrique. Les pays en développement d´Amérique, qui enregistrent le deuxième plus mauvais score en termes de commerce intrarégional, échangent 18,5 % de leurs exportations totales avec d´autres pays de leur région. Par contraste, le marché européen absorbe 71,4 % des exportations totales des pays développés d´Europe. Selon le rapport, les médiocres résultats de l´Afrique dissimulent le fait que la région pourrait accroître son commerce intrarégional dans des proportions sensibles si elle s´attaquait à un certain nombre de problèmes essentiels, en particulier celui des infrastructures. Un investissement de 32 milliards de dollars dans le principal réseau routier intra-africain permettrait de générer des recettes commerciales de l´ordre de 250 milliards de dollars en quinze ans. Le commerce au sein de l´Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) triplerait si toutes les routes nationales reliant les pays membres entre eux étaient revêtues en dur. En appliquant le même traitement à la route qui relie le Mali au Sénégal et à celle qui relie la Côte d´Ivoire au Sénégal, les échanges commerciaux seraient multipliés par quatre dans le premier cas et par deux dans le second.

L´analyse des destinations commerciales révèle que si les chiffres globaux du commerce intra-africain sont faibles, ce commerce est très important pour beaucoup de pays du continent. Vingt pays africains exportent au moins 25 % de leurs produits sur le marché régional. Les blocs commerciaux sont d´autant plus importants que c´est là que se font plus des trois quarts des échanges commerciaux intra-africains. Dans chaque région, le commerce est axé sur quelques pays influents, telle l´Afrique du Sud en Afrique australe, ce qui dénote l´existence de "pôles commerciaux" qui pourraient devenir des pôles de développement. Analysant la composition du commerce intra-africain, le rapport montre qu´elle est différente de celle du commerce entre l´Afrique et le reste du monde. Alors que les produits manufacturés prédominent dans les exportations intra-africaines, les exportations vers le reste du monde consistent essentiellement en produits primaires. Par ailleurs, le commerce entre pays africains est beaucoup plus diversifié que les exportations africaines vers le reste du monde. À la lumière de ces faits, le rapport estime que l´accroissement du commerce entre pays africains peut être un excellent moyen de promouvoir la diversification et de développer l´industrie africaine.

L´investissement intra-africain est modeste mais en augmentation

L´Afrique a toujours compté sur l´investissement international mais, faute de données fiables, il est difficile de réaliser des analyses détaillées. Les quelques chiffres à disposition montrent que l´investissement intra-africain représente 13 % de l´apport total d´investissements étrangers directs (IED), soit moins de la moitié de l´IED intrarégional dans les pays de l´Association des nations de l´Asie du Sud-Est (ANASE), qui est estimé à 30 % du total. La faiblesse de l´IED intrarégional en Afrique est imputable à plusieurs facteurs, notamment la faiblesse des revenus qui limite l´investissement intérieur et l´investissement à l´étranger, l´absence d´une bonne infrastructure de transport et de communication, le manque de main-d´œuvre qualifiée et l´indigence des liens et des relations économiques entre les investisseurs de la région. Le rapport note que la libéralisation financière explique en partie le récent bond en avant des investissements internationaux, en particulier sous la forme de fusions-acquisitions dans le secteur bancaire et le secteur des télécommunications. Ces nouveaux investissements ont été motivés par la nécessité d´éviter une dépendance excessive à l´égard du marché intérieur, par la hausse des coûts de production dans certaines économies locales, par la pression de la concurrence locale et mondiale, et par les possibilités offertes dans les pays hôtes, telles que la privatisation d´entreprises d´État.

Le commerce des services, la mobilité de la main-d´œuvre et les migrations entre pays africains sont des problèmes nouveaux qui appellent l´attention

Le développement du commerce des services est essentiel au succès de l´intégration régionale en Afrique. Les services constituent ou pourraient constituer des sources appréciables de recettes d´exportation pour beaucoup de pays africains, particulièrement dans des secteurs comme le tourisme, le bâtiment, les ports et les services logistiques liés aux transports routier et ferroviaire. De plus, les services spécialisés et les services de transport, les télécommunications ? dits services aux "producteurs" ? constituant des intrants pour d´autres activités économiques, ils peuvent donc soit faciliter, soit entraver le commerce et la production d´autres secteurs économiques, selon l´efficacité de leurs prestations aux utilisateurs. C´est la raison pour laquelle la fourniture et le commerce de services performants devraient être jugés tout aussi importants que la production et le commerce des marchandises. Actuellement, la plupart des pays africains sont incapables de fournir sur place les services, quantitatifs ou qualitatifs, exigés par leurs producteurs et leurs exportateurs, ce qui nuit à leur compétitivité. Le rapport plaide pour qu´une attention accrue soit accordée à la mise en place d´un secteur des services performant en Afrique.

La plupart des accords d´intégration régionale africains contiennent des dispositions sur la libre circulation des personnes et sur le droit de résidence. Même si ces dispositions sont parmi les plus mal appliquées, elles ont conduit à un assouplissement ou à la suppression des visas pour les voyageurs circulant dans les pays d´une même communauté, en particulier en Afrique de l´Ouest et de l´Est et en Afrique australe. Des restrictions continuent de peser sur l´emploi et sur le droit de résidence compte tenu du caractère sensible de ces questions. De nombreuses voix s´élèvent sur le continent pour dire que la mobilité limitée de la main-d´œuvre au-delà des frontières nationales est une contrainte non négligeable pour l´intégration régionale. Pour que des progrès appréciables soient réalisés, il convient d´adopter une approche plus positive face aux migrations intra-africaines. Il faut faire aussi preuve d´une volonté politique plus forte pour vaincre les groupes de pression nationaux qui s´opposent à cette forme d´intégration. L´avancement de ce projet exigera peut-être la modification et l´harmonisation des législations nationales et des codes de l´investissement, en particulier des dispositions qui interdisent aux étrangers de participer à certains types d´activités économiques.





Annotations

1.Le développement économique en Afrique 2009: Renforcer l´intégration régionale pour le développement de l´Afrique (numéro de vente: F.09.II.D.7, ISBN: 978-92-1-212365-3) peut être obtenu auprès des bureaux de vente des Nations Unies aux adresses indiquées ci-après ou auprès des revendeurs des publications des Nations Unies dans de nombreux pays. Le prix est de 30 dollars des États-Unis, mais un prix spécial de 15 dollars des États-Unis est appliqué dans les pays en développement, les pays de l´Europe du Sud-Est et les pays de la CEI, et de 7,50 dollars des États-Unis dans les pays les moins avancés. Pour toute commande ou demande de renseignements pour l´Europe, l´Afrique et l´Asie occidentale, s´adresser à la Section des ventes et des publications de l´ONU, Palais des Nations, CH 1211 Genève 10 (Suisse), télécopieur: +41 22 917 0027, courriel: unpubli@un.org; pour les Amériques et l´Asie orientale, s´adresser à Publications des Nations Unies, Two UN Plaza, DC2-853, New York, NY 10017, États-Unis d´Amérique, téléphone: +1 212 963 8302 ou +1 800 253 9646, télécopieur: +1 212 963 3489, courriel: publications@un.org. Internet: http://www.un.org/publications.






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