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COMMUNIQUÉ DE PRESSE
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Ne plus avoir faim: les PMA ont besoin de nouvelles politiques pour renforcer leur agriculture

UNCTAD/PRESS/PR/2009/029
16 July 2009


EMBARGO
Le contenu de ce communiqué et du Rapport 2009 ne doit pas être cité ni résumé par la presse écrite,
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avant le 16 juillet 2009, 17 heures TU
(13 heures à New York, 19 heures à Genève)

La crise alimentaire de l´an dernier a mis en lumière les faiblesses d´un secteur agricole d´une importance cruciale pour l´économie des PMA, d´après un nouveau rapport de la CNUCED

Genève, 16 juillet 2009 - Les 49 pays les moins avancés (PMA) doivent accroître leurs investissements dans l´agriculture pour réduire la faim et prévenir de futures crises alimentaires, d´après le nouveau rapport de la CNUCED. Il est instamment demandé aux gouvernements des PMA de prendre des mesures pour améliorer les rendements agricoles, accroître le soutien local aux agriculteurs (y compris les femmes), rendre plus sûrs les droits fonciers des agriculteurs et améliorer les relations régionales pour stimuler les marchés agricoles.

Des 31 pays actuellement confrontés à une crise alimentaire dans le monde, 21 sont des PMA. On estime qu´1 milliard de personnes souffrent chroniquement de la faim. Des niveaux insuffisants d´investissement aujourd´hui se traduiront par une faible productivité demain. En raison d´une demande croissante de denrées alimentaires, en particulier dans des zones urbaines en rapide expansion, les PMA risquent d´être indéfiniment pris dans un cercle vicieux de pauvreté, de faim et de croissance faible. La crise alimentaire de l´an dernier - déclenchée par un triplement des prix de certaines denrées de base - a mis en lumière les menaces économiques et politiques qui pourraient devenir la norme dans de nombreux PMA si rien n´est fait. Pour corriger la situation, les PMA doivent accorder une priorité beaucoup plus grande à l´agriculture dans leur action publique recommande la CNUCED dans son Rapport 2009 sur les pays les moins avancés(1) .

Publié aujourd´hui, le Rapport a pour sous-titre "État, gouvernance et développement".

Les PMA continuent d´être fortement tributaires de l´agriculture pour la croissance économique, l´emploi et les recettes d´exportation. Les deux tiers de la main-d´œuvre sont employés dans l´agriculture, laquelle représente 28 % du produit intérieur brut de ces pays. Les trois quarts des pauvres dans les PMA vivent dans les zones rurales, où l´agriculture est souvent le seul moyen de subsistance. Les prévisions d´un doublement de la population des PMA, qui passerait de 670 millions d´personnes à 1,3 milliard en 2030, font que des réformes sont absolument essentielles, compte tenu de l´accroissement des besoins en denrées alimentaires que cela représente.

Les PMA sont actuellement prisonniers d´un cercle vicieux de production vivrière insuffisante, d´agriculture de subsistance, de faibles niveaux de productivité, de baisse de l´investissement, de pénuries croissantes de terres et de ressources en eau, et d´urbanisation galopante. Et l´agriculture sera au cœur d´une série de problèmes à long terme interdépendants, dont les changements climatiques, l´épuisement des ressources naturelles, la pauvreté, la production de biocombustibles et les pressions démographiques. Les auteurs du Rapport avancent que les PMA sont probablement ceux qui souffriront le plus des incidences négatives des changements climatiques; ils risquent de voir leur insécurité alimentaire s´aggraver à l´avenir.

Pour sortir de ce cercle vicieux, il faudra que les gouvernements jouent un rôle beaucoup plus actif que cela n´a été le cas ces 30 dernières années. Les PMA doivent pouvoir dégager un excédent agricole croissant, essentiel pour le développement aussi bien agricole que non agricole. La productivité agricole doit être améliorée, et des mesures doivent être prises par les PMA pour diversifier leur économie de façon à être moins dépendants de l´agriculture. Il faut également établir des interconnexions plus efficaces entre les secteurs économiques et créer davantage d´emplois non agricoles. Les auteurs du Rapport appellent à une transformation structurelle du secteur agricole des PMA face à ces défis à long terme. Ils recommandent notamment les initiatives suivantes :

  • 1. Accroître l´investissement dans l´agriculture. Les PMA doivent non seulement inverser un ralentissement cyclique de l´investissement dans le secteur agricole, mais aussi mobiliser de nouvelles ressources pour stimuler un accroissement de la productivité à long terme. Davantage d´investissements publics et privés sont nécessaires pour renforcer les capacités des exploitants agricoles. Ces investissements devraient aussi encourager l´adoption de nouvelles technologies et l´innovation, le développement d´infrastructures (routes, entrepôts, installations de commerce de gros, etc.), et des conditions propices au développement rural et à la réduction de la pauvreté. Le développement d´un secteur privé dynamique dans les PMA, englobant les agriculteurs et leurs organisations, et de partenariats public-privé, sera essentiel pour dynamiser l´investissement dans les secteurs productifs. La plupart de ces investissements devront provenir de sources publiques, mais des contributions seront également attendues du secteur privé, d´organisations non gouvernementales et de fondations internationales. Des politiques macroéconomiques favorables à l´investissement devront être associées à un meilleur accès à des crédits assortis de conditions raisonnables, en particulier pour les petits et moyens agriculteurs (voir UNCTAD/PRESS/PR/2009/030).
  • 2. Promouvoir le changement technologique pour stimuler la productivité agricole. Les gouvernements doivent prendre des mesures pour améliorer l´accès des petits agriculteurs aux intrants agricoles - semences, engrais, pesticides, etc. Après des années de négligence de la recherche-développement (R-D), les gouvernements des PMA devraient activement promouvoir l´innovation technologique en apportant un appui aux institutions de R-D, dans le but d´obtenir une hausse des rendements agricoles. Des efforts accrus devraient être faits pour diffuser les connaissances sur une agriculture et une gestion agricole efficaces. Et il faudrait améliorer les échanges d´informations sur les approches novatrices et les expériences couronnées de succès.
  • 3. Renforcer les capacités et les institutions agricoles locales. Les gouvernements devraient encourager la participation d´organisations de producteurs et d´organisations de la société civile - telles que les coopératives agricoles - dont les moyens seraient renforcés, à la gestion de l´agriculture et aux mesures à prendre face aux évolutions dans le secteur agricole. Ils devraient également reconnaître l´importance des femmes, qui jouent un rôle de premier plan dans le secteur agricole dans les PMA. Une autre mesure nécessaire concerne une meilleure protection des droits des petits agriculteurs en matière de propriété foncière et d´autres actifs. Et, à long terme, il est important de promouvoir une exploitation durable des ressources naturelles dans les PMA.
  • 4. Soutenir l´intégration régionale des PMA. Le Rapport appelle à investir largement dans la mise en place de relations économiques efficaces entre les PMA et les pays voisins. Cela permettrait de dynamiser les marchés régionaux de denrées agricoles. Les PMA devraient également veiller à ce que ces relations régionales aient des incidences sensibles sur le niveau de vie des populations rurales. Actuellement, les agriculteurs et leur famille sont souvent déconnectés des grands marchés régionaux.
A télécharger [PDF] : | rapport en entier (seulement en anglais) [210 pages, 4828 KB]
| aperçu en anglais [33 pages, 1220 KB]
| aperçu en français [37 pages, 494 KB]
| aperçu en espagnol [37 pages, 290 KB]
| aperçu en arabe [38 pages, 396 KB]
| aperçu en russe [48 pages, 360 KB]
| aperçu en chinois [33 pages, 420 KB] |



Endnotes

1.Le Rapport 2009 sur les pays les moins avancés - État, gouvernance et développement (numéro de vente: F.09.II.D.9, ISBN 978-92-1-112769-0) peut être obtenu auprès des bureaux de vente des Nations Unies aux adresses indiquées ci-après ou auprès des revendeurs des publications des Nations Unies dans de nombreux pays. Le prix est de 50 dollars des États-Unis, mais un prix spécial de 25 dollars É.-U. est appliqué dans les pays en développement, les pays d´Europe du Sud-Est et les pays de la CEI, et de 12,50 dollars É.-U. dans les pays les moins avancés. Pour toute commande ou demande de renseignement pour l´Europe, l´Afrique et l´Asie occidentale, s´adresser à la Section des ventes et des publications de l´ONU, Palais des Nations, CH-1211 Genève 10 (Suisse), télécopieur: +41 22 917 0027, courriel: unpubli@un.org; pour les Amériques et l´Asie de l´Est, s´adresser à Publications des Nations Unies, 2 UN Plaza, DC2-853, New York, NY 10017 (États-Unis d´Amérique), téléphone: +1 212 963 8302 ou +1 800 253 9646, télécopieur: +1 212 963 3489, courriel: publications@un.org, Internet: http://www.un.org/publications.





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