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COMMUNIQUÉ DE PRESSE
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«Fabriquer» la réduction de la pauvreté

UNCTAD/PRESS/PR/2009/031
16 July 2009


EMBARGO
Le contenu de ce communiqué et du Rapport 2009 ne doit pas être cité ni résumé par la presse écrite,
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avant le 16 juillet 2009, 17 heures TU
(13 heures à New York, 19 heures à Genève)

Le nouveau Rapport de la CNUCED sur les pays les moins avancés recommande une politique industrielle "développementiste" pour les pays les plus pauvres du monde

la crise économique impose et permet de repenser fondamentalement les politiques dans ces pays

Genève, 16 juillet 2009 - Pour surmonter la récession mondiale et assurer leur croissance à long terme, les 49 pays les plus pauvres du monde doivent prendre des mesures concrètes pour élargir leur secteur industriel national, indique le nouveau rapport de la CNUCED sur les pays les moins avancés.

Les pays les moins avancés (PMA) comptent actuellement sur une combinaison de mesures macroéconomiques et de soutien financier international pour limiter les dommages pour eux de la crise économique mondiale. Toutefois, ils doivent aussi rechercher les moyens de réduire leur vulnérabilité face aux chocs futurs. Une économie plus diversifiée reste la meilleure assurance, affirme le Rapport sur les pays les moins avancés - État, gouvernance et développement (1).

D´après le Rapport, la politique industrielle aura un rôle fondamental à jouer. Des efforts simultanés dans les PMA pour accroître l´investissement, créer de nouveaux liens économiques et moderniser les capacités technologiques - qui sont au cœur de la croissance industrielle - sont le moyen le plus sûr de promouvoir une participation plus efficace dans l´économie mondiale. C´est aussi le meilleur moyen d´éviter les dangers économiques - révélés par la crise actuelle - d´une dépendance excessive à l´égard des exportations de produits de base et des flux de capitaux privés. Toutefois, pour réaliser cette transformation économique, les PMA ont besoin d´une "marge d´action" suffisante pour pouvoir prendre les décisions qui correspondent à leur situation intérieure et qui peuvent le mieux encourager la croissance économique.

D´une manière générale, les PMA n´ont que peu bénéficié de l´économie mondiale, et les progrès qu´ils ont enregistrés au cours des quelques années d´expansion qui ont marqué la première décennie du XXIe siècle se sont révélés le plus souvent éphémères. La raison en est que les PMA exportent essentiellement des denrées agricoles de base et des matières premières, tous produits dont ils sont devenus encore plus dépendants pendant ces années d´expansion. Lorsque les prix de ces produits se sont effondrés, les pays les plus pauvres du monde ont constaté que cette dépendance avait en fait accru leur vulnérabilité aux chocs extérieurs.

La CNUCED fait valoir que le marché à lui seul ne permettra pas la constitution de capacités productives - c´est-à-dire la capacité économique des PMA de fabriquer un large éventail de produits, et davantage de produits élaborés. Le marché n´assurera pas non plus les ressources et les capacités nécessaires pour relancer l´économie de ces pays pendant la période de crise. Dans la plupart des cas, les gouvernements devront clairement prendre l´initiative de jeter les bases d´une croissance durable et d´une transformation structurelle. Pour ce faire, ils devront le plus souvent modifier leurs stratégies de développement. L´actuelle crise économique à la fois impose et permet un changement de direction, affirme la CNUCED.

Si une intervention de l´État n´est pas en soi une garantie de succès, il est peu probable que la situation économique des PMA puisse s´améliorer sans une hausse des niveaux d´investissement, sous la supervision de l´État. Pour que ces investissements soient efficaces, il faut mettre en place une stratégie intégrée. Le Rapport recommande également que les politiques sectorielles soient étayées par des politiques macroéconomiques plus favorables à la croissance. Il relève que, d´un point de vue historique, aucun pays ayant connu un développement récent n´a réussi à élargir notablement son secteur industriel en s´en remettant au seul marché.

Il n´existe pas de modèle unique d´allocation des ressources pour engendrer une croissance soutenue et sortir les pays de la pauvreté. Toutefois, le déclin de l´activité manufacturière - caractéristique des PMA pendant la plus grande partie des trois dernières décennies - en particulier en Afrique, coïncide avec une faiblesse de l´investissement, de l´emploi et des gains de productivité. Entre 1980 et 2000, la valeur ajoutée manufacturière (VAM) en Afrique subsaharienne a augmenté de 1,7 % par an, contre 9,1 % en Asie de l´Est. Et même si quelques PMA asiatiques ont réussi à créer un "cercle plus vertueux" de progrès industriel, celui ci est resté faible. Une attention particulière est accordée dans le Rapport 2009 à la promotion de l´apprentissage technologique et à l´adoption de nouvelles technologies à travers des politiques ciblées. Le Rapport note que les PMA sont à la traîne dans ce domaine.

Le boum des produits de base observé entre 2002 et 2007 a perpétué la dépendance excessive des PMA à l´égard des exportations de produits de base. Il en a résulté une intégration extrêmement déséquilibrée des PMA dans l´économie mondiale, qui a en fait accru leur vulnérabilité aux chocs extérieurs (voir figure 1).

La CNUCED considère qu´un "même modèle pour tout le monde" n´est pas plus approprié pour la politique industrielle que ne l´étaient les mesures de libéralisation économique adoptées dans les années 80 et 90. Elle préconise au contraire une approche spécifique et ciblée: "Le point fondamental est que la politique industrielle ne peut être ramenée à un ensemble déterminé de moyens d´action, et qu´elle doit évoluer avec le temps. Les gouvernements devraient s´efforcer de promouvoir le changement structurel au profit d´activités plus dynamiques et plus diversifiées et devraient disposer d´une marge d´action leur permettant d´intervenir selon que de besoin pour réaliser cet objectif."

Le Rapport reconnaît les fortes limites qui sont imposées à la marge d´action des PMA au niveau international, en particulier dans les accords commerciaux bilatéraux et régionaux, et appelle à une refonte de ces arrangements. Mais il dénonce également tout pessimisme en matière de développement, en faisant valoir qu´une politique industrielle développementiste est un processus expérimental qui suppose d´"identifier et de mobiliser à des fins de développement des ressources et des capacités jusque-là cachées, dispersées ou mal utilisées". La CNUCED affirme que le succès de ce processus passe par un État plus actif et plus développementiste.

Outre l´Asie de l´Est, le Rapport 2009 sur les PMA examine les succès observés et les expériences réalisées en matière de politique industrielle récemment en Irlande et dans certains pays nordiques, pour en tirer des enseignements pour les PMA. La conclusion est qu´"on peut affirmer que les PMA ont besoin d´une plus grande marge d´action que ce n´est actuellement le cas pour élargir l´éventail de leurs options, disposer de temps et de marge de manœuvre pour expérimenter diverses orientations et adapter divers "modèles" de développement à leurs propres besoins. Sans une telle liberté de choix, "d´autres modèles possibles" de politique commerciale ou industrielle n´auront probablement pas plus de succès que leurs prédécesseurs".


ANNEXE

Tableaux et graphiques

Figure 1 - Indices de concentration des importations et des exportations

Figure 1 - Indices de concentration des importations et des exportations
Source:Calculs du secrétariat de la CNUCED, d´après des données de la base de données GlobStat.


Note: Indice Herfindahl-Hirshmann: moyennes 2000-2006.

A télécharger [PDF] : | rapport en entier (seulement en anglais) [210 pages, 4828 KB]
| aperçu en anglais [33 pages, 1220 KB]
| aperçu en français [37 pages, 494 KB]
| aperçu en espagnol [37 pages, 290 KB]
| aperçu en arabe [38 pages, 396 KB]
| aperçu en russe [48 pages, 360 KB]
| aperçu en chinois [33 pages, 420 KB] |



Endnotes

1.Le Rapport 2009 sur les pays les moins avancés - État, gouvernance et développement (numéro de vente: F.09.II.D.9, ISBN 978-92-1-112769-0) peut être obtenu auprès des bureaux de vente des Nations Unies aux adresses indiquées ci-après ou auprès des revendeurs des publications des Nations Unies dans de nombreux pays. Le prix est de 50 dollars des États-Unis, mais un prix spécial de 25 dollars É.-U. est appliqué dans les pays en développement, les pays d´Europe du Sud-Est et les pays de la CEI, et de 12,50 dollars É.-U. dans les pays les moins avancés. Pour toute commande ou demande de renseignement pour l´Europe, l´Afrique et l´Asie occidentale, s´adresser à la Section des ventes et des publications de l´ONU, Palais des Nations, CH-1211 Genève 10 (Suisse), télécopieur: +41 22 917 0027, courriel: unpubli@un.org; pour les Amériques et l´Asie de l´Est, s´adresser à Publications des Nations Unies, 2 UN Plaza, DC2-853, New York, NY 10017 (États-Unis d´Amérique), téléphone: +1 212 963 8302 ou +1 800 253 9646, télécopieur: +1 212 963 3489, courriel: publications@un.org, Internet: http://www.un.org/publications.






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