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COMMUNIQUÉ DE PRESSE
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Bien que les pays les plus pauvres aient résisté à la récession, ils restent prisonniers d´un cycle expansion-ralentissement

UNCTAD/PRESS/PR/2010/046
25 November 2010


EMBARGO
Le contenu de ce communiqué et du présent Rapport ne doit pas être cité ni résumé par la presse écrite,
la radio, la télévision et les médias électroniques
avant le 25 novembre 2010, 17h00 TU
(12h00 à New York, 18h00 à Genève, 22h30 à Delhi, 2h00 le 26 novembre 2010 à Tokyo)

Un rapport de la CNUCED souligne que les pays les moins avancés doivent diversifier et moderniser leur économie pour réduire notablement et durablement la pauvreté

Genève, 25 novembre 2010 - Bien que les pays les moins avancés(1) (PMA) aient mieux supporté le ralentissement mondial qu´il n´était généralement escompté, ils restent prisonniers des cycles expansion-récession qui minent depuis longtemps leur économie … et leurs perspectives à moyen terme restent préoccupantes, d´après le Rapport 2010 sur les pays les moins avancés(2) de la CNUCED, qui parait aujourd´hui.

Les 49 pays les plus pauvres du monde doivent développer leurs capacités productives - c´est-à-dire leurs capacités de produire de façon efficace et compétitive un éventail croissant de biens et services à plus forte valeur ajoutée grâce à une expansion de l´investissement et à l´innovation, souligne le Rapport. Sinon, ils auront du mal à échapper à la pauvreté et à mettre un terme à leurs vulnérabilités chroniques. Dans les conditions actuelles de forte dépendance à l´égard des exportations de produits primaires et d´articles manufacturés à faible valeur ajoutée, même les périodes d´expansion n´ont guère contribué à l´amélioration des niveaux de vie. Sur la base de nouveaux chiffres concernant la pauvreté, le Rapport estime que le nombre d´individus vivant dans l´extrême pauvreté a augmenté de 3 millions par an au cours des années d´expansion 2002 à 2007, pour atteindre un total estimé à 421 millions d´individus en 2007, soit deux fois plus qu´en 1980.

Le Rapport, publié aujourd´hui, a pour sous-titre: "Vers une nouvelle architecture internationale du développement pour les PMA". Son argument principal est que les PMA ont besoin d´une nouvelle approche, et qu´une nouvelle architecture internationale du développement est nécessaire à cette fin (voir UNCTAD/PRESS/PR/2010/047).

Pendant les années d´expansion, les PMA en tant que groupe ont enregistré en moyenne un taux de croissance de 7 % par an. Mais la dépendance de ces pays à l´égard des produits de base s´est aussi globalement accrue. Dans plus de la moitié des 49 PMA, la part de la production manufacturière dans le total de la valeur ajoutée a en fait diminué. La dépendance à l´égard des exportations de produits primaires s´est aggravée; les exportations sont devenues plus concentrées au lieu de se diversifier (voir le graphique). On a observé une très faible amélioration de l´épargne intérieure (à l´exception des pays exportateurs de pétrole), une plus grande dépendance économique à l´égard de l´épargne extérieure et une accélération de l´épuisement des ressources naturelles. Tous ces éléments assombrissent aujourd´hui les perspectives de développement des PMA dans la période d´après récession.

La libéralisation générale du commerce et des flux de capitaux n´entraîne pas automatiquement une plus grande diversification économique, note le Rapport. Le développement des capacités productives est essentiel pour créer des emplois mieux rémunérés. La population des PMA augmentant, de plus en plus de gens ont besoin chaque année de trouver un emploi et ils sont de plus en plus nombreux à chercher un emploi en dehors du secteur agricole. Des "politiques de croissance tirées par l´investissement" sont nécessaires.

Au cours de la période 2002-2007, la croissance économique rapide n´a entraîné qu´une légère diminution de la pauvreté. D´après le Rapport, 53 % de la population totale des PMA vivaient dans l´extrême pauvreté en 2007. Si des progrès vigoureux ont été faits dans la voie de la réalisation de l´objectif du Millénaire pour le développement concernant l´éducation primaire universelle, seul un tout petit nombre de pays sont en mesure de réaliser les OMD d´une manière générale et très peu sont en voie d´atteindre l´objectif d´une diminution de moitié de l´extrême pauvreté d´ici à 2015. Le Rapport qualifie de "non durable" et "non équitable" le mode de croissance qu´ont connu les PMA au cours de cette période.

L´expansion économique semble également avoir eu peu d´impact positif sur une réduction de l´écart de productivité des PMA dans le secteur agricole. Les capacités de production intérieures restant faibles, elle s´est accompagnée d´une hausse simultanée de la facture des importations alimentaires, qui est passée de plus de 9 milliards de dollars É.-U. en 2002 à 24 milliards de dollars en 2008.

Concentration des exportations

La crise financière et la récession des années 2008-2009 ont entraîné un notable ralentissement de la croissance dans un très grand nombre de PMA. La situation s´est particulièrement détériorée dans les pays exportateurs de pétrole et de ressources minérales tels que l´Angola, la Guinée équatoriale, la Sierra Leone et le Tchad, ainsi que dans quelques PMA insulaires tels que les Îles Salomon, les Maldives et le Samoa.

La contagion financière directe a été grave dans certains cas, mais d´une manière générale, elle a eu des effets relativement circonscrits, d´après le Rapport, en raison du faible niveau de développement du secteur financier des PMA et de son intégration limitée dans les marchés financiers internationaux. Mais les effets préjudiciables de la récession mondiale à travers le commerce international ont été plus marqués. La contraction des recettes d´exportation des PMA (diminution de 26 % en 2009) a été le principal vecteur de transmission de la crise, sous l´effet à la fois du ralentissement de la demande mondiale et du net repli des prix des produits de base entre le dernier trimestre de 2008 et le premier trimestre de 2009. De plus, en 2009, les flux d´investissements étrangers directs (IED) vers ces pays se sont contractés de 13 % par rapport à l´année précédente, tandis que les envois de fonds affichaient par contre une certaine résilience. De nombreux PMA ont également été pénalisés par une diminution des recettes publiques à un moment où les mesures de relance gouvernementales étaient très nécessaires. Dans les PMA africains, par exemple, "les recettes publiques en part du PIB ont diminué dans la moitié environ des 29 pays pour lesquels des données étaient disponibles", d´après le Rapport, la situation étant la plus grave dans les pays exportateurs de pétrole et de ressources minérales.

Les indicateurs agrégés de croissance montrent que la croissance moyenne du PIB dans les PMA a été de 4,3 % en 2009, chiffre supérieur au chiffre enregistré dans les pays en développement et les pays développés. Cette apparente résilience illustre le fait que la crise ne tenait pas aux fondamentaux économiques des PMA et qu´elle a en partie inversé les précédentes conditions exceptionnelles d´expansion. La détérioration de l´environnement économique extérieur des PMA en 2009 a également été corrigée par le redressement des prix des produits de base au cours de l´année et la hausse des flux de capitaux publics de la Banque mondiale, du Fonds monétaire international (FMI) et des banques régionales de développement pour remédier à la crise. La plupart des PMA ont évité d´avoir à fortement réduire leurs importations et quelques-uns seulement ont dû prendre des mesures d´austérité budgétaire.

Le PIB par habitant ayant diminué dans 19 PMA en 2009, le coût social de la crise devrait être marqué, en particulier après les fortes hausses des prix alimentaires et énergétiques de 2008. De plus, d´après la CNUCED, les effets risquent d´être durables, même s´il y a un rebond des variables macroéconomiques, car beaucoup de stratégies mises en œuvre par les ménages pauvres (vente d´actifs, déscolarisation des enfants) ont tendance à peser sur les conditions de vie à long terme.

La récession mondiale semble avoir entraîné de fortes baisses de l´emploi. "Au Cambodge, par exemple, le ralentissement dans le secteur de l´habillement a entraîné la perte de 63 000 emplois entre le dernier trimestre de 2008 et le premier trimestre de 2009, et on estime que 30 % des emplois dans la construction ont disparu au cours des trois premiers trimestres de 2009." De la même façon, en République démocratique du Congo, la baisse d´activité dans le secteur des industries extractives s´est traduite par la perte de près de 100 000 emplois.

Les PMA sont confrontés à de difficiles perspectives à moyen terme, d´après le Rapport de la CNUCED. En raison de leurs bas niveaux d´investissement et du faible développement de leur secteur financier, les PMA dépendront essentiellement du rythme de la reprise économique dans le reste du monde et d´un soutien accru des donateurs internationaux. Toutefois, ceux-ci semblent réticents à accroître leur aide extérieure. "De nouveaux prêts multilatéraux ont sans doute en partie amorti le ralentissement, mais ils ont assurément contribué au gonflement de la dette extérieure. Si la dette due aux créanciers publics reste bien inférieure aux niveaux observés au début des années 2000, dans les PMA africains médians, elle a augmenté de 1,5 % du PIB entre 2008 et 2009 pour s´établir à 25 % du PIB. En avril 2010, 10 PMA au total étaient en situation d´extrême surendettement, et 10 autres pays couraient un risque élevé de surendettement.".


A télécharger [PDF] : | Least Developed Countries Report 2010 (seulement en anglais) [4´029 KB, 298 Pages]| Overview in English [42 Pages, 546 KB]
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ANNEXE

Tableau et figure



Indices de concentration des exportations par groupes de pays
Source: Calculs du secrétariat de la CNUCED, d´après la base de données GlobStat de la CNUCED.




Annotations

1. Afghanistan, Angola, Bangladesh, Bénin, Bhoutan, Burkina Faso, Burundi, Cambodge, Comores, Djibouti, Érythrée, Éthiopie, Gambie, Guinée, Guinée-Bissau, Guinée équatoriale, Haïti, Îles Salomon, Kiribati, Lesotho, Libéria, Madagascar, Malawi, Maldives, Mali, Mauritanie, Mozambique, Myanmar, Népal, Niger, Ouganda, République centrafricaine, République démocratique du Congo, République démocratique populaire lao, République-Unie de Tanzanie, Rwanda, Samoa, Sao Tomé-et-Principe, Sénégal, Sierra Leone, Somalie, Soudan, Tchad, Timor-Leste, Togo, Tuvalu, Vanuatu, Yémen et Zambie.

2. The Least Developed Countries Report 2010: Towards a new international development architecture for LDCs (numéro de vente: F.10.II.D.5, ISBN) n´est disponible qu´en anglais pour le moment, il peut être obtenu auprès des bureaux de vente de l´ONU aux adresses indiquées ci-après ou des revendeurs des publications des Nations Unies dans de nombreux pays. Le prix est de 50 dollars des États-Unis (25 dollars É.-U. pour les résidents des pays en développement et 12,50 dollars É.-U. pour les résidents des pays les moins avancés). Pour toute commande ou demande de renseignements pour l´Europe, l´Afrique et l´Asie occidentale, s´adresser à la Section des ventes et des publications de l´ONU, Palais des Nations, CH 1211 Genève 10 (Suisse), télécopieur: +41 22 917 0027, courriel: publi@un.org; pour les Amériques et l´Asie de l´Est, s´adresser à Publications des Nations Unies, Two UN Plaza, DC2-853, New York, N.Y. 10017, États-Unis d´Amérique, téléphone: 1 212 963 8302 ou 1 800 253 9646, télécopieur: 1 212 963 3489, courriel: publications@un.org. Site Web: http://www.un.org/publications.






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