unctad.org | Le durcissement prématuré de la politique budgétaire met en péril la reprise mondiale
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
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Le durcissement prématuré de la politique budgétaire met en péril la reprise mondiale

UNCTAD/PRESS/PR/2011/039
06 September 2011

Le Rapport sur le commerce et le développement met en garde
contre les conséquences des politiques de restriction budgétaire:
la meilleure stratégie pour réduire la dette publique
consiste à promouvoir la croissance


EMBARGO
Le contenu de ce communiqué et du présent Rapport ne doit pas être cité ni résumé par la presse écrite,
la radio, la télévision et les médias électroniques
avant 6 septembre 2011, 17 heures TU
(13h00 à New York, 19h00 à Genève, 22h30 à Delhi, 2h00 le 7 septembre 2011 à Tokyo)

Genève, 6 septembre 2011 - Le Rapport sur le commerce et le développement de 2011 (TDR 2011) (1) élaboré par la CNUCED appelle l´attention sur le fait que les politiques de restriction budgétaire gèrent uniquement les symptômes du problème sans s´attaquer à ses causes fondamentales. La hausse du niveau d´endettement public est une conséquence de la crise et non sa cause. Une politique budgétaire qui soutient la croissance a plus de chances de réduire le déficit budgétaire et d´endiguer le niveau d´endettement public qu´une politique d´austérité budgétaire.

Les auteurs du TDR 2011, intitulé L´économie mondiale face aux défis d´après crise, et publié ce jour, avancent que passer d´une politique de relance à la rigueur budgétaire irait à l´encontre du but recherché, en particulier dans les pays les plus développés qui ont été durement touchés par la crise financière. Dans un tel contexte, une politique d´austérité budgétaire pourrait freiner la croissance du PIB et des recettes budgétaires, et serait donc contre-productive sur le plan de l´assainissement budgétaire.

Le TDR 2011 met en lumière le fait que les déséquilibres budgétaires n´étaient pas un élément moteur de la crise, mais plutôt une de ses conséquences. De 2002 à 2007, les résultats fiscaux s´étaient nettement améliorés dans la plupart des pays développés et en développement, grâce à la croissance de la production, à la baisse des taux d´intérêt et, dans certains pays, à la hausse des prix des produits de base. La crise a provoqué une importante détérioration des comptes du secteur public, sous l´effet des stabilisateurs automatiques et des plans de relance budgétaire mis en place. De plus, dans plusieurs pays développés, les opérations de sauvetage des institutions financières menées par les pouvoirs publics ont contribué pour une grande part au déficit, alors que la dette privée devenait dette publique.

Ainsi, dans les pays développés, le ratio médian dette publique/PIB a quasiment doublé de 2007 à la fin de 2010 pour atteindre plus de 60 % du PIB. Dans les pays en développement, en tant que groupe, la croissance économique a moins pâti de la crise financière, en partie grâce à des politiques budgétaires anticycliques énergiques, ce qui s´est traduit par une amélioration des équilibres financiers en 2010 et au maintien à un niveau raisonnable des ratios dette/PIB.

Le principal argument habituellement avancé en faveur de la restriction budgétaire est qu´elle est indispensable pour rétablir la confiance des marchés financiers, considérée comme la clef de la reprise économique. Cependant, au vu du comportement irresponsable de nombreux acteurs du marché financier privé, qui a nécessité l´intervention coûteuse des pouvoirs publics pour éviter l´effondrement du système financier, l´opinion publique et les décideurs ne devraient plus faire confiance à ces institutions, notamment aux agences de notation, pour juger ce qui constitue des politiques macroéconomiques judicieuses et une gestion rationnelle des finances publiques.

La réduction des dépenses budgétaires pourrait entraîner une baisse des recettes publiques supérieure aux économies obtenues par les mesures de compression budgétaire, ce qui aurait des conséquences néfastes sur la viabilité à long terme des finances publiques et de la dette.

Les pays qui ont mis en place des plans de restriction budgétaire dans les années 1990 et 2000 dans le cadre des programmes financés par le FMI n´ont pas su tenir compte de cette dynamique. Dans les pays où la rigueur budgétaire était censée entraîner une réduction du déficit budgétaire et une relance de la croissance, les déficits se sont en fait accentués et la croissance du PIB a stagné. Dans la conjoncture actuelle, les politiques de rigueur budgétaire adoptées par certains pays risquent fort d´avoir les mêmes effets néfastes.

Il est communément admis que la marge d´action pour les mesures budgétaires de relance est déjà épuisée, en particulier dans les pays développés. Or, la marge d´action budgétaire n´est pas une variable statique. Une politique budgétaire expansionniste peut stimuler fortement la demande, entraîner une hausse des revenus du secteur privé et générer des recettes budgétaires plus élevées. Il est possible d´étendre l´impact économique des politiques budgétaires en modifiant la composition des dépenses publiques ou en structurant les recettes publiques de manière à exploiter au mieux leurs effets multiplicateurs sans nécessairement modifier le montant total des dépenses ou le solde budgétaire.

Il ressort du TDR 2011 que la manière dont le secteur public gère ses dépenses et son régime fiscal n´est pas indifférente. Les augmentations des dépenses consacrées à l´infrastructure, aux transferts sociaux ou aux subventions ciblées accordées aux investisseurs privés ont tendance à être plus efficaces que les réductions d´impôt pour stimuler l´économie, parce qu´elles conduisent directement à la création d´emplois, à la consommation et à une hausse de la demande.

Dans bien des cas, les recettes tirées de la réduction des taux d´imposition appliqués aux catégories à revenu élevé (tranches supérieures) ne sont pas réinjectées dans l´économie. L´expérience montre que, si les réductions d´impôt sont l´instrument de prédilection, les réductions touchant les tranches inférieures sont plus efficaces pour stimuler la demande et augmenter le revenu national que celles accordées aux tranches supérieures. Les catégories à faible revenu ont, par nécessité, tendance à dépenser leurs revenus sur le marché économique local.

Pour les pays développés très endettés, la difficulté consiste à trouver les moyens de sortir de la dette grâce à des politiques budgétaires, monétaires et des revenus propices à la croissance. Un PIB en hausse allié à des taux d´intérêt faibles constitue la meilleure stratégie pour réduire à terme le niveau d´endettement public. Si ces conditions ne peuvent être réunies, du fait de contraintes extérieures ou d´une insolvabilité budgétaire pure et simple, il convient de privilégier le rééquilibrage de la balance des paiements ou la restructuration de la dette par rapport aux mesures d´austérité. De plus, les pays en développement devraient préserver et étendre leur marge d´action budgétaire et mener des politiques anticycliques en vue de se protéger contre les éventuels chocs extérieurs.





Annotations

1. La publication intitulée Rapport sur le commerce et le développement de 2011: L´économie mondiale face aux défis d´après crise (no de vente: E.11.II.D.3, ISBN-13: 978-92-1-112822-2) peut être obtenue auprès du Bureau des ventes et de la commercialisation des publications des Nations Unies à l´adresse ci-dessous ou auprès des revendeurs des publications des Nations Unies dans le monde. au prix de 55 dollars des États-Unis (avec une réduction de 50 % pour les résidents des pays en développement, et de 75 % pour les résidents des pays les moins avancés). Les commandes ou les demandes de renseignements sont à adresser à: United Publications Sales and Marketing Office, 300 E 42nd Street, 9th Floor, IN-919J New York, NY 10017 (États-Unis d´Amérique), tél.: +1 212 963 8302, télécopie: +1 212 963 3489, courriel: publications@un.org, https://unp.un.org.






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