unctad.org | LA FORTE CROISSANCE DES EXPORTATIONS DANS LES PAYS EN DÉVELOPPEMENT EST LIÉE AUX SOCIÉTÉS TRANSNATIONALES, SELON LE NOUVEAU RAPPORT DE LA CNUCED
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
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LA FORTE CROISSANCE DES EXPORTATIONS DANS LES PAYS EN DÉVELOPPEMENT EST LIÉE AUX SOCIÉTÉS TRANSNATIONALES, SELON LE NOUVEAU RAPPORT DE LA CNUCED

TAD/INF/PR/54
17 September 2002

Les sociétés transnationales (STN) jouent un rôle majeur dans les exportations des pays en développement, selon le World Investment Report 2002 (1) (Rapport sur l´investissement dans le monde 2002), publié ce jour par la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED). Dans un certain nombre de pays, elles sont à l’origine d’une large part des exportations, en particulier dans les «pays gagnants», c’est-à-dire ceux qui ont gagné le plus de parts de marché au cours des dernières décennies. La croissance de leurs exportations est directement ou indirectement liée à l’expansion des systèmes internationaux de production des STN. Toutefois, si de plus en plus de pays s’emploient à attirer l’investissement étranger direct (IED) orienté vers l’exportation, des exportations importantes ne sont pas suffisantes, comme le souligne le rapport: elles doivent aussi être améliorées et faire appel à la valeur ajoutée locale si l’on veut que cet investissement rapporte des gains à long terme pour le développement.

Si les pays développés figurent en tête de la liste des principaux pays exportateurs au monde, les pays en développement et les pays en transition sont ceux qui ont le plus augmenté leurs parts de marché d’exportation entre 1985 et 2000 (voir figure). En outre, dans les pays qui ont sensiblement accru leurs exportations de produits manufacturés ne provenant pas de ressources naturelles, les STN ont joué un rôle majeur, principalement par le biais de leurs filiales étrangères mais aussi au travers d’autres liens que des relations de capital social. Le rapport de la CNUCED comprend six études de cas - Chine, Costa Rica, Hongrie, Irlande, Mexique et République de Corée - qui examinent ce phénomène jusqu’au niveau des entreprises (tableau 1). Au Costa Rica, en Hongrie et au Mexique, par exemple, les trois principales STN exportatrices représentent respectivement, 29 %, 26 % et 13 % du total des exportations. Dans le cas du Mexique, les exportations des filiales des cinq constructeurs transnationaux d’automobiles ont représenté 27 milliards de dollars en 2000.

Dans la plupart des pays qui ont réalisé les gains les plus importants de parts de marché d’exportation, le rôle des STN dans ces exportations n’a cessé de croître. En Chine, la part des filiales étrangères dans les exportations est passée de 17 % en 1991 à 50 % en 2001. La République de Corée a enregistré une forte croissance de ses exportations alors qu’elle n’accueille que peu de filiales étrangères. Toutefois, les relations avec des STN étrangères sans prise de participation ont joué un rôle essentiel. Parallèlement, la nature des exportations des pays gagnants a en général évolué, passant de produits de base à des produits manufacturés et de produits manufacturés de faible technicité à des produits à moyenne et à forte intensité technologique. Le rôle des STN est particulièrement important pour les produits pour lesquels les échanges commerciaux ont le plus augmenté entre 1985 et 2000. Il s’agit pour la plupart de produits manufacturés ne provenant pas de ressources naturelles, essentiellement dans l’électronique, l’automobile et l’habillement.

La part des STN dans les exportations varie toutefois grandement d’un pays à l’autre, puisque cette part représente 4 % des exportations au Japon contre 80 % en Hongrie (tableau 2). En outre, leur rôle dépasse le secteur des produits manufacturés les plus dynamiques pour englober celui des services faisant l’objet d’échanges qui s’internationalisent de plus en plus, ainsi que les ressources naturelles et l’agriculture. Au Kenya, par exemple, la croissance rapide des exportations de fleurs, dues pour la plupart à des filiales étrangères, a fait du pays le principal fournisseur de fleurs de l’Union européenne.

L’amélioration de la compétitivité des exportations s’explique en grande partie par l’évolution des stratégies des entreprises, qui s’orientent vers une spécialisation au sein des systèmes internationaux de production des STN, leurs différentes activités étant exécutées dans les pays qui offrent les meilleures conditions en termes de coût, ressources, logistique et accès au marché. En conséquence, le commerce des pièces et des composants revêt une importance croissante. Répondant à la volonté d’accroître la rentabilité des systèmes de production, ces changements aboutissent également à de nouvelles exportations pour les pays en développement et les pays en transition.

Selon le rapport, plusieurs tendances parallèles expliquent la transformation des systèmes internationaux de production. Les obstacles aux échanges internationaux disparaissent sous l’effet de la mondialisation, de la libéralisation et de l’innovation technologique, y compris la rapidité croissante des transports (voir le communiqué électronique du 20 août). Dans ce contexte, la concurrence s’intensifie et oblige les entreprises à devenir plus efficaces et à internationaliser leurs opérations. Ce faisant, de nombreuses STN concentrent de plus en plus leur cœur de métier et sous-traitent leurs autres activités à des entreprises indépendantes, quand elles ne les abandonnent pas complètement. Ces changements entraînent l’émergence de nouvelles formes de systèmes et de réseaux internationaux de production, qui vont de l’établissement de liens par le biais de l’IED à des relations sans prise de participation, ce qui pose des problèmes aux pays en développement mais leur offre aussi des possibilités.

Attirer l’IED axé sur l’exportation

Les pays intensifient leurs efforts pour attirer l’IED axé sur l’exportation et en tirer parti. Cette intense compétition conduit les pays à adopter une démarche beaucoup plus ciblée sur la promotion de l’IED, en particulier dans le cadre de leurs objectifs de développement. Pour rendre attractif un secteur géographique donné, il importe de bien comprendre ses atouts et faiblesses relatifs ainsi que les raisons qui conduisent une entreprise à choisir un secteur plutôt qu’un autre. Le rapport recommande en général aux pays qui souhaitent attirer l’IED axé sur l’exportation d’analyser les structures du commerce et de l’industrie, de tenir des consultations avec les investisseurs, d’étudier les exportations des différents secteurs géographiques en concurrence et le montant de l’IED qu’ils ont attiré jusqu’à présent, et d’examiner les autres facteurs susceptibles d’attirer l’IED axé sur l’exportation (comme l’appartenance à une zone de libre-échange, des programmes de traitement préférentiel, des bouquets d’activités économiques et des parcs industriels).

Le rapport passe en revue un certain nombre de politiques que les gouvernements des pays en développement pourraient adopter pour attirer l’IED axé sur l’exportation. L’un des enjeux majeurs est d’élargir l’accès des biens et services produits dans les pays en développement aux marchés des pays développés. Un renforcement du protectionnisme pourrait saper les efforts déployés par les pays pauvres pour exploiter au mieux leurs avantages comparatifs. Le recours croissant des pays développés à des mesures antidumping, à l’augmentation des droits de douane sur certains produits, à des crêtes tarifaires et à des subventions ciblées est à cet égard préoccupant. Outre les activités de promotion, les principales mesures que peuvent prendre les pays bénéficiaires sont l’amélioration des infrastructures et la facilitation du commerce et des échanges. La plupart des pays gagnants recensés dans le Rapport sur l´investissement dans le monde ont également eu recours à des zones franches industrielles pour attirer l’IED axé sur l’exportation. Le rapport indique que, afin de respecter les règles de l’Organisation mondiale du Commerce (OMC), nombre de pays en développement devront cesser d’offrir des subventions à l’exportation à compter du 1er janvier 2003, ce qui aura des incidences pour de nombreuses zones franches industrielles. Même dans le cas où ces zones auraient encore un rôle important à jouer dans le cadre des stratégies globales de promotion de l’IED axé sur l’exportation, les pays concernés doivent se préparer à respecter les restrictions imposées par l’OMC.

Toutefois, comme le rapport le souligne, l’amélioration de la compétitivité des exportations doit être considérée comme un moyen de promouvoir le développement et non comme une fin en soi. Les gains que l’on peut tirer de l’IED axé sur l’exportation pour le développement à long terme ne sont pas automatiques. Les avantages et les inconvénients des diverses options doivent être examinés avec attention à tous les niveaux de l’élaboration des politiques. La CNUCED note par exemple que si un trop grand nombre de pays accaparent le même marché, ils risquent de produire un engorgement et donc une chute des prix. De même, une concurrence féroce entre les pays qui veulent attirer l’IED axé sur l’exportation pourrait tirer vers le bas les normes sociales et environnementales et conduire à une surenchère en matière d’incitations, en particulier dans le cadre des zones franches industrielles.

Pour soutenir la concurrence, il importe d’améliorer constamment les activités pour proposer des produits à plus forte valeur ajoutée. À elles seules et en l’absence de politiques adaptées, les STN ne peuvent procéder à une telle amélioration. Les mesures spécifiques de promotion doivent être donc complétées par des efforts plus vastes visant à renforcer les compétences et les capacités technologiques locales et à resserrer les liens entre les filiales étrangères exportatrices et les fournisseurs locaux. Cela est essentiel pour que l’IED axé sur l’exportation ait des répercussions positives sur le développement du pays bénéficiaire. «Le développement des capacités locales devrait figurer au premier rang de nos priorités car il contribue non seulement à attirer l’IED de qualité mais aussi à améliorer les activités existantes», note Rubens Ricupero, Secrétaire général de la CNUCED.




Annotations

1. La publication intitulée World Investment Report 2002: Transnational Corporations and Export Competitiveness (Rapport sur l’investissement dans le monde 2002: sociétés transnationales et compétitivité à l’exportation) (numéro de vente: E.02.II.D.4, ISBN 92-1-112551-0) n’est disponible qu’en anglais. Elle peut être obtenue, au prix de US$ 49, et au prix préférentiel de US$ 19 dans les pays en développement et dans les pays en transition, auprès du Service des publications de l’Organisation des Nations Unies, Two UN Plaza, Bureau DC2-853, Dept. PRES, New York, NY 10017, États-Unis d’Amérique, tél.: +1 800 253 9646 ou +1 212 963 8302, fax: +1 212 963 3489, e-mail: publications@un.org; ou auprès de la Section des ventes et commercialisation, Bureau E-4, Palais des Nations, CH-1211 Genève 10, Suisse, tél.: +41 22 917 2614, fax: +41 22 917 0027, e-mail: unpubli@unog.ch, Internet: www.un.org.





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