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LES PAYS DEVELOPPES ACCELERENT LEURS INVESTISSEMENTS ETRANGERS DIRECTS, QUI BAT TOUS LES RECORDS AVEC UNE AUGMENTATION DE 46%
General Electric arrive une fois encore en tête des 100 premières sociétés transnationales

TAD/INF/PR/9926
23 September 1999

Les fusions et acquisitions (F&A) transfrontières ont été le moteur de l’augmentation de l’investissement étranger direct des pays développés, qui bat de nouveaux records. Les sociétés transnationales (STN)(1) de ces pays ont donné un coup d’accélérateur à leurs sorties d’investissement étranger direct (IED)(2) qui ont progressé de 46 % et sont passées à 595 milliards de dollars en 1998. Par ailleurs, les entrées d’IED dans ces pays ont crû de 68 %, pour s’établir à 460 milliards de dollars. C’est ce qu’indique la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), qui publie aujourd’hui le World Investment Report 1999: Foreign Direct Investment and the Challenge of Development, (Rapport sur l’investissement dans le monde, 1999 : l’investissement étranger direct et le défi du développement)(3).

L’investissement en direction et en provenance des Etats-Unis bat des records

L’expansion économique aux Etats-Unis, ainsi que la hausse du prix des actifs dans ce pays, facteur qui accroît la capacité des sociétés à collecter des fonds, ont dopé les sorties de capitaux de ce pays : 133 milliards de dollars l’année dernière, contre 109 milliards en 1997. Un peu plus de la moitié de ces capitaux ont pris le chemin de l’Union européenne, tandis que les flux d’IED vers le Brésil et le Mexique, qui comptent parmi les premiers pays en développement bénéficiaires, ont reculé. Les établissements financiers non bancaires et l’assurance occupent une place prépondérante dans ces flux. Dans le même temps, les entrées d’IED aux Etats-Unis ont progressé de 82 milliards de dollars, pour atteindre 193 milliards, essentiellement sous l’effet de grandes fusions et acquisitions, notamment l’acquisition de Chrysler par Daimler-Benz et celle d’Arco par BP. Les entrées d’IED en provenance de l’Union européenne ont presque triplé, pour passer à 155 milliards de dollars.

Selon la CNUCED, les perspectives immédiates pour les entrées et sorties de capitaux des Etats-Unis risquent d’être affectées par l’évolution à court terme de l’activité et des taux d’intérêt. Un relèvement des taux par la Réserve fédérale pourrait produire un impact négatif. Qui plus est, la hausse des taux peut renforcer le dollar et l’expérience nous a appris qu’une appréciation du dollar a tendance à décourager les entrées d’IED aux Etats-Unis.

Il existe selon la CNUCED une question plus grave encore : une hausse des taux d’intérêt entraînerait-elle une correction de grande ampleur du prix des actifs ? Si les marchés boursiers devaient marquer un repli significatif, les sorties d’IED des Etats-Unis en pâtiraient, compte tenu des difficultés financières que rencontreraient alors les investisseurs de ce pays. D’un autre côté, les investisseurs étrangers pourraient tirer parti d’une baisse du prix des actifs pour prendre pied dans le pays via des fusions et acquisitions et développer leurs activités aux Etats-Unis.

Plusieurs facteurs supplémentaires importants pourraient aussi influer sur les entrées et les sorties de capitaux des Etats-Unis. Par exemple, si la Chine devenait membre de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), cela inciterait les flux provenant des Etats-Unis (et d’autres pays) à se diriger vers l’Empire du milieu.

La conjoncture économique au Japon exerce par ailleurs une influence bien différente, mais tout aussi importante, sur les tendances de l’IED des Etats-Unis. Ainsi, une reprise au Japon pourrait renforcer les mouvements de capitaux vers les Etats-Unis. Au cours des dernières années, ces mouvements se sont caractérisés par des transactions à volume élevé (près de 90 % des sorties de capitaux correspondaient à des investissements de plus de 100 millions de dollars).

Coup de fouet pour l’IED européen

D’une manière générale, l’année 1998 se distingue par des hausses importantes des flux en direction et en provenance d’Europe occidentale, l’Union européenne représentant la quasi-intégralité des volumes constatés pour la région. Il convient aussi de noter l’évolution de l’IED en provenance de la Suisse, qui a progressé de 700 millions de dollars pour passer à 17,4 milliards de dollars.

L’UE dans son ensemble reste le premier destinataire d’IED et le plus important investisseur étranger dans le monde. Les flux entrant en UE sont passés de 100 à 230 milliards de dollars et les sorties ont progressé de 75 % pour s’établir à 386 milliards de dollars, contre 218 milliards en 1997.

Compte tenu de l’ampleur que peuvent revêtir certaines opérations de fusion et acquisitions de nos jours, il suffit de quelques grandes transactions, et dans certains cas d’une seule, pour faire varier les tendances nationales de l’IED d’une année sur l’autre. Ainsi, l’an passé, les entrées d’IED en Suède ont dépassé les 19 milliards de dollars, soit le double du total pour 1997, et près de quatre fois le volume de 1996. L’année dernière, les entrées d’IED aux Pays-Bas ont plus que triplé, pour se hisser à 32 milliards de dollars, tandis que les mouvements en direction de l’Espagne progressaient de plus de 80 %, pour franchir la barre des 11 millions de dollars.

En ce qui concerne les entrées globales d’IED, l’année dernière, le Royaume-Uni est arrivé en tête de l’Union européenne, avec 63 milliards de dollars (37 milliards en 1997), suivi des Pays-Bas et de la France, avec 28 milliards (contre 23 milliards), la Belgique et le Luxembourg, avec 21 milliards (contre 12 milliards), et l’Allemagne, avec 20 milliards, soit le double du volume enregistré en 1997.

Pour les sorties d’IED, la Belgique et le Luxembourg ont triplé leur total pour atteindre plus de 23 milliards de dollars, le volume de la Finlande a presque quadruplé, passant à 20 milliards, la Suède a gonflé ses sorties de capitaux de 10 milliards de dollars, pour les porter à 22 milliards et l’Espagne a augmenté ses flux sortants de plus de 50 %, à 18 milliards de dollars. Cependant, les premiers du classement pour l’Union européenne restent le Royaume-Uni, avec 114 milliards de dollars (64 milliards en 1997), l’Allemagne, avec 87 milliards (contre 40 milliards), la France, avec 41 milliards (contre 36 milliards) et les Pays-Bas, avec 38 milliards (contre 21 milliards).

Le rapport de la CNUCED observe que, contrairement à l’essor de l’investissement intra et extra européen provoqué par l’anticipation du programme du marché unique à la fin des années quatre-vingt et au début des années quatre-vingt-dix, les avancées vers l’intégration monétaire, concrétisées par l’adoption d’une monnaie unique, n’ont jusqu’ici produit que des effets mineurs sur l’IED.

En 1998, les mouvements d’IED en direction des Etats membres de l’Union économique et monétaire (UEM) ont à peine plus progressé que ceux destinés aux pays non membres, et la part des Etats membres de l’UEM dans le total des entrées d’IED dans l’UE a en fait reculé par rapport à 1996. Cette situation pourrait changer à partir de 1999, à mesure que les décideurs auront une idée plus claire des avantages et des inconvénients de l’union monétaire pour la destination de l’IED.

Les grandes tendances mondiales devraient avoir un certain poids sur les flux d’IED de l’Union européenne dans les années à venir. Ainsi, le WIR99 de la CNUCED observe que la tendance aux réseaux mondiaux dans la branche des véhicules à moteur devrait accroître la part de cette dernière dans les entrées et les sorties d’IED revenant à l’industrie manufacturière. D’ailleurs, la part de la branche automobile dans les sorties d’IED de l’Allemagne à destination de l’industrie manufacturière est passée de moins de 3 % en 1991-1992 à près de 16 % en 1996-1997, avant de progresser encore en 1998.

Le Japon sur la touche

Si les Etats-Unis et l’Union européenne jouent les premiers rôles sur la scène de l’IED, compte tenu des difficultés économiques de leur pays, les sociétés transnationales japonaises ne sont en revanche que des participants modestes. Les sorties d’IED du Japon ont reculé de 7 % en 1998 pour retomber à 24 milliards de dollars, tandis que les entrées n’ont pas bougé par rapport à 1997, à 3,2 milliards.

Le rapport de cette année indique que l’IED des sociétés transnationales japonaises ne devrait pas connaître de hausse significative dans un avenir proche. En 1998, seulement un peu plus d’un quart des sociétés transnationales japonaises opérant dans le secteur manufacturier projetaient d’augmenter leur investissement à l’étranger sur la période 1999-2001, contre 40 % en 1997. Si l’IED progresse cette année, il sera tiré par les fusions et acquisitions, et se détournera des installations entièrement nouvelles, qui représentent le mode d’investissement privilégié des sociétés japonaises jusqu’ici.

Les grandes sociétés transnationales sont essentiellement situées dans les pays développés

A deux exceptions près (Petróleos de Venezuela et le Coréen Daewoo), les 100 premières sociétés transnationales du monde sont situées dans des pays développés. Selon le classement des plus grandes sociétés transnationales du monde (dressé en fonction des actifs étrangers) et publié par la CNUCED dans son World Investment Report 1999, on estime que ces entités détiennent ensemble 1 800 milliards de dollars d’actifs étrangers, ont vendu pour environ 2 100 milliards de dollars de produits à l’étranger et employaient en 1997 quelque six millions de personnes dans leurs filiales étrangères.

Dans le nouveau classement, General Electric (Etats-Unis) arrive une fois de plus en tête des plus grandes sociétés transnationales du monde (sur la base des actifs détenus à l’étranger). Elle est suivie par Ford Motor Company. Le groupe Royal Dutch Shell, qui a occupé la première place pendant des années, redescend en troisième position, d’après les données relatives aux actifs étrangers de 1997. Sur les sociétés pour lesquelles toutes les données sont disponibles, Exxon Corporation est le numéro un pour le chiffre d’affaires réalisé à l’étranger, avec 105 milliards de dollars en 1997, tandis que Nestlé SA est le premier employeur à l’étranger, avec 219 442 salariés. Pas moins de 89 % des sociétés figurant dans le classement de la CNUCED se situent dans l’Union européenne, en Amérique du Nord et au Japon, et l’écrasante majorité d’entre elles occupent le haut du classement depuis 1990.




Annotations

1. L’investissement étranger direct est un investissement impliquant le contrôle d’une entité résidant dans un pays par une entreprise résidant dans un autre pays. L’IED suppose une relation à long terme reflétant l’intérêt durable de l’investisseur dans une entité étrangère.

2. Les sociétés transnationales comprennent les sociétés mères et leurs filiales étrangères. La société mère contrôle les actifs d’une ou plusieurs entités dans un ou plusieurs pays autre(s) que son pays d’origine, généralement sous la forme d’une participation au capital. Dans un tel contexte, on considère normalement une participation de 10 % comme le seuil pour contrôler une société.

3. L’édition 1999 du Rapport sur l’investissement dans le monde (World Investment Report, 1999), N° de vente E.99.II.D.3, ISBN 92-1-112440-9) est disponible au prix de 49 dollars des Etats-Unis, et au prix spécial de 19 dollars pour les pays en développement, auprès du service des publications des Nations Unies, Service des ventes, Palais des Nations, CH-1211 Genève 10, Suisse, F: +41 22 917 0027, E: unpubli@un.org, Internet: www.un.org; ou à l’adresse suivante United Nations Publications, Two UN Plaza, Room DC2-853, Dept, PRES, New York, N.Y. 10017, Etats-Unis, T: +1 212 963 83 02 ou +1 800 253 96 46, F: +1 212 963 34 89, E: publications@un.org.





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Service de l´investissement international, des sociétés transnationales et des flux de technologies
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