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COMMUNIQUÉ DE PRESSE
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LA MONDIALISATION DES ECHANGES POURSUIT SON ESSOR
Les pays en développement prennent de l´importance

TAD/INF/PR/9714
09 September 1997

Face à l´accélération de l´internationalisation de la production, il est vital de veiller à ce que les marchés soient concurrentiels et efficaces, souligne la CNUCED.

L´essor de l´investissement étranger direct (IED)(1) dans le monde se poursuit. Les records sont pulvérisés une fois de plus - en termes de niveaux absolus de flux et de stocks d´IED, de nombre de fusions, d´acquisitions et d´accords interentreprises transfrontières ainsi que de ventes totales par les sociétés transnationales (STN) et leurs filiales. Non seulement les pays en développement reçoivent un niveau record d´IED mais ils deviennent eux-mêmes une source croissante de flux vers l´extérieur à mesure que les principales STN installées dans ces pays stimulent avec vigueur leurs investissements dans d´autres pays.

Selon le World Investment Report 1997: Transnational Corporations, Market Structure and Competition Policy(2) (Rapport sur l´investissement dans le monde, 1997: les sociétés transnationales, la structure des marchés et la politique de concurrence) publié aujourd´hui par la CNUCED, les gouvernements s´attachent toujours davantage à encourager les investissements directs de l´étranger. On s´attend donc à ce que l´essor des IED se poursuive sans relâche au siècle prochain.

Mais l´ampleur et la fréquence des fusions et acquisitions internationales ainsi que la taille et le rôle clé joué par les plus grandes STN sont parmi les éléments qui posent des questions quant à la structure de marchés de plus en plus mondiaux et aux politiques de concurrence. Le Rapport 1997 souligne que les politiques visant à libéraliser les investissements internationaux doivent être complétées par des approches qui renforcent la concurrence sur les marchés nationaux et internationaux et en assurent l´efficacité.

Pour le Secrétaire général de la CNUCED, M. Rubens Ricupero, "La mondialisation de la production apporte des avantages à de nombreux pays. Cependant, pour la croissance économique et le développement, il est impératif d´instaurer une véritable culture durable de la concurrence. C´est essentiel à la fois pour les pays en développement et pour les pays industrialisés."

Selon le Rapport 1997, l´essor des IED a été stimulé par l´accélération des fusions et acquisitions, notamment aux Etats-Unis et en Europe occidentale. Si l´on considère seulement les transactions à participation majoritaire, la valeur totale des fusions et acquisitions transfrontières en 1996 a été d´environ 163 milliards de dollars (contre 141 milliards de dollars en 1995), soit un peu moins de la moitié de l´IED total.

Principaux résultats de l´IED

Le total de l´IED(3) a augmenté de 10 pour cent pour atteindre 349 milliards de dollars l´année dernière. Toutefois, il est important de noter que les investissements ne représentent qu´une partie - un quart peut-être - du volume total des ressources financières affectées à la production internationale. En sus des IED, une part substantielle du capital financier investi dans la production par les filiales des STN est mobilisée par elles pour leur propre compte, soit dans les pays où elles sont basées soit dans d´autres pays. Si l´on tient compte de toutes ces sommes, en 1996, la valeur réelle des investissements effectués par les STN à l´étranger - la composante en capital de la production internationale - peut être estimée approximativement à 1400 milliards de dollars.

Bien que les investissements dans les pays développés restent nettement supérieurs à ce qu´ils sont dans les pays en développement, l´écart s´est rétréci. En 1996, les apports dans les pays en développement ont augmenté de 34 pour cent pour atteindre un record de 129 milliards de dollars. En même temps, les entrées dans les pays développés n´ont progressé que légèrement, pour atteindre 208 milliards de dollars. Les sorties des pays développés ont légèrement progressé, atteignant 295 milliards de dollars l´année dernière tandis que celles des pays en développement, situées à 51 milliards de dollars, sont passées à 15 pour cent du total de l´IED en 1996.

Une course à la libéralisation

Entre 1991 et 1996, les gouvernements ont effectué 599 changements dans les régimes législatifs applicables aux IED. Sur ceux-ci, 95 pour cent sont en faveur de la libéralisation. "L´expansion de la production internationale n´aurait pas été possible sans le processus de libéralisation des régimes applicables à l´IED" indique le Secrétaire général, M. Ricupero, qui lance cependant une mise en garde: "la réduction des obstacles aux IED et la mise en place de normes positives de traitement pour les STN doivent s´accompagner de mesures visant à assurer le bon fonctionnement des marchés, et notamment à contrôler les pratiques anticoncurrentielles de certaines sociétés."

Le rythme rapide de croissance de l´IED a été soutenu par un éventail de mesures prises par les gouvernements pour conclure des traités d´investissements bilatéraux assurant la protection des investisseurs. Le Rapport 1997 signale que, au début de cette année, il existait dans le monde 1 330 traités de ce type touchant 162 pays, soit une augmentation du triple en cinq ans. En 1996, en moyenne, un traité de ce type était conclu un jour sur deux. Il est intéressant de noter que nombre de ces traités sont souvent conclus entre pays en développement, appartenant dans bien des cas à la même région.

Le Rapport 1997 souligne que l´objectif final de la libéralisation de l´IED est d´améliorer la croissance économique et le bien-être dans les pays. Pour cela, il faut augmenter les entrées d´IED ainsi que les capitaux, la technologie, les compétences de gestion et les débouchés qui y sont associés. Il faut aussi que les industries et les marchés auxquels participent les STN fonctionnent efficacement.

Le Rapport 1997 met en garde contre le fait que, si les entrées d´IED aboutissent ou sont associées à une concentration des marchés - permettant l´apparition de pratiques restrictives ou anticoncurrentielles - les avantages liés à l´IED risquent de ne pas suivre. Une politique concurrentielle est donc une mesure d´accompagnement essentielle à la libéralisation car elle élimine les restrictions et établit des normes de traitement pour les entreprises étrangères.

Le Rapport 1997 note que le volume croissant d´IED et le développement rapide destratégies régionales et mondiales au sein des STN sont loin de faciliter la formulation de politiques touchant la concurrence sur les marchés nationaux. Les gains d´efficacité qui accompagnent les systèmes internationaux de production intégrée doivent être considérés dans le contexte des éventuels effets anticoncurrentiels de certaines transactions touchant des marchés approvisionnés par ces systèmes.

M. Ricupero suggère donc que, au-delà du renforcement de la coopération bilatérale et régionale, il faut que les discussions au niveau multilatéral mettent davantage l´accent sur les liens entre les politiques en matière d´IED, de commerce et de concurrence. A l´échelle multilatérale, l´ensemble de principes et de règles pour le contrôle des pratiques commerciales restrictives établi par la CNUCED reste le seul instrument multilatéral qui couvre tous les aspects du contrôle de ces pratiques.

Les plus grandes STN du monde

Le nombre de STN augmente mais les 100 plus grandes, classées d´après leurs actifs étrangers, contrôlent aujourd´hui un cinquième du total mondial des actifs étrangers de ces sociétés, estime le Rapport 1997. Toutefois, pour la première fois, en 1996, deux sociétés de pays en développement ont pris place parmi les 100 plus grandes STN du monde: Daewoo Corporation de la République de Corée et Petroleos de Venezuela S.A. Pour la cinquième année consécutive, la Royal Dutch Shell (Royaume-Uni/Pays-Bas) est en tête du palmarès établi par la CNUCED. En 1995, les ventes à l´étranger des 100 premières STN dépassaient les 2000 milliards de dollars. Elles employaient près de 6 millions de personnes et leurs actifs à l´étranger étaient de l´ordre de 1700 milliards de dollars.

Les actifs étrangers des 50 premières STN installées dans les pays en développement se montaient à 79 milliards de dollars en 1995. Ils ont augmenté de 280 pour cent entre 1993 et 1995. D´importants flux d´IED en provenance des pays en développement sont enregistrés en Asie et, de fait, l´investissement interrégional reste la principale source d´IED pour la région. Ainsi, le stock d´IED en Asie attribué à des STN asiatiques - qui représente près de 40 pour cent - est plus élevé que celui de l´Europe, du Japon ou des Etats-Unis.

Principales tendances régionales en matière d´IED

La plus grande partie des entrées d´IED aux Etats-Unis provient des fusions et acquisitions; près de la moitié des entrées dans l´Union européenne prennent la même forme, les STN des Etats-Unis étant à l´origine de la plupart de ces transactions. Selon le Rapport 1997, les obstacles réglementaires et autres aux fusions et acquisitions dans certains pays de l´Union européenne, tels que l´Italie et l´Allemagne, ont contenu le volume de ces opérations. Pendant ce temps, les investissements japonais dans l´Union européenne sont tombés à 2 milliards de dollars à peine en 1994 alors qu´en 1990 ils avaient atteint 7 milliards de dollars, ce qui témoigne de l´ajustement des STN japonaises à l´achèvement du marché unique européen ainsi que de la lenteur de la reprise économique au Japon après l´éclatement de son économie "d´abondance".

Les flux d´investissements en Amérique latine et aux Caraïbes ont augmenté de 52 pour cent en 1996 - la plus forte progression de toutes les régions en développement - atteignant un niveau record de près de 39 milliards de dollars. Cette région, qui a largement libéralisé les régimes d´investissement, est à l´origine de 30 pour cent de tous les IED dans les pays en développement. A noter, la performance du Brésil. En 1996, le montant total des IED au Brésil a atteint 10 milliards de dollars, chiffre qui dépasse celui du Mexique (8 milliards de dollars) et de l´Argentine (4,3 milliards de dollars). Au cours des quatre premiers mois de 1997, les entrées d´IED ont été de 4 milliards de dollars, soit deux fois et demie plus que pendant la même période de 1996. Le Rapport 1997 signale que la confiance des investisseurs étrangers dans les perspectives de la région est élevée, le Mexique, le Brésil et le Chili occupant, dans l´ordre, les premières positions.

Une fois de plus, la Chine est au deuxième rang mondial des bénéficiaires d´IED. Elle absorbe une part très significative du flux total des investissements vers les pays en développement et représente 42 milliards de dollars des 129 milliards atteints en 1996. Ce résultat est dû à l´importance et à la croissance de son marché, aux réformes macro-économiques, à un "atterrissage en douceur" réussi et aux mesures visant à promouvoir les investissements intérieurs. La ruée des investisseurs étrangers pour mettre en oeuvre des projets d´IED avant l´entrée en vigueur des nouvelles politiques du pays (qui abolissent certains traitements préférentiels) a également contribué au chiffre record de 1996. La Chine représentait l´année dernière plus de 50 pour cent du total d´IED en Asie et plus des deux cinquièmes de l´augmentation de 16 milliards de dollars des investissements dans cette région. Singapour a été le deuxième plus grand bénéficiaire d´IED en Asie: 9 milliards de dollars. L´année dernière, les entrées d´IED en Inde ont augmenté de 34 pour cent. Elles ne se montent toutefois qu´à 2,6 milliards de dollars - soit à peine plus du quart de celles de Singapour - alors que l´économie indienne est presque quatre fois plus importante.

L´Asie devient rapidement une source importante d´investissements: ils ont augmenté de 10 pour cent l´année dernière pour atteindre 47 milliards de dollars. A elle seule, la Région administrative spéciale de Hong Kong (Chine) a enregistré 27 milliards de dollars. Certains des pays les moins avancés d´Asie, tels que le Cambodge et le Myanmar, profitent directement de la croissance des IED réalisés par les STN asiatiques. En outre, comme le souligne le Rapport 1997, les flux dépassent les limites de la région et un volume croissant va à l´Union européenne.

Après un désinvestissement important en Asie occidentale en 1995, qui a conduit à des entrées régionales négatives (surtout en Arabie saoudite et au Yémen), les flux dans cette région ont été de 2 milliards de dollars l´année dernière. L´IED allant aux pays producteurs de pétrole a décliné tandis que les flux vers la plupart des pays non producteurs de pétrole sont demeurés modestes. Dans l´ensemble, l´IED commence à se détourner du pétrole au profit des services et du secteur manufacturier.

Une fois de plus, les 48 pays les moins avancés (PMA) n´ont que très peu bénéficié de l´accroissement de l´IED au cours de l´année dernière. Leur part des entrées totales dans les pays en développement a été inférieure à 2 pour cent. Malgré cette performance relativement faible, en chiffres absolus, les entrées dans ces pays ont augmenté de 56 pour cent. Le Cambodge, l´Angola et la République-Unie de Tanzanie sont classés aux premiers rangs des bénéficiaires.

Les flux d´IED vers l´Afrique restent faibles (32 PMA se situent en Afrique subsaharienne), ils n´ont été que de 5 milliards de dollars l´année dernière. Ils ont néanmoins été considérables par rapport à la taille du marché régional. Le Rapport 1997 estime que les perspectives d´augmentation des flux vers certaines parties de l´Afrique sont encourageantes et que l´Afrique du Sud pourrait commencer à jouer un rôle significatif en tant que pôle de croissance et contribuer au développement économique du continent par le biais de l´IED et du commerce.

Les flux d´IED vers l´Europe centrale et orientale sont tombés à 12 milliards de dollars en 1996 contre 14 milliards en 1995. Un des facteurs expliquant cette baisse a été le ralentissement des privatisations dans certains pays. La République tchèque, la Hongrie et la Pologne ont représenté les deux tiers des entrées totales de la région.

Investissements de portefeuille

Parallèlement à l´essor de l´IED, les investissements de portefeuille à l´étranger dans les pays en développement se sont accélérés depuis le début de cette décennie. Ils ont été en grande partie axés sur les marchés émergents les plus solides et l´origine de ces flux a également été trés concentrée. A elle seule, l´Asie a représenté 53 pour cent des investissements nets de portefeuille à l´étranger sur les marchés émergents en 1995. En ce qui concerne les pays d´origine, les Etats-Unis à eux seuls ont représenté plus de 35 pour cent du volume au cours de la période 1992-1994, le Japon ayant 15 pour cent et le Royaume-Uni 11 pour cent. L´impact de ces flux sur l´économie du pays d´accueil devrait être significatif. Le Rapport 97 indique que bien que ces investissements puissent apporter une contribution importante au financement du capital action de l´entreprise locale, certains pays bénéficiaires ont exprimé leur inquiétude, notamment en ce qui concerne la volatilité de ces flux et leur effet sur les taux de change.




Annotations

1. L´investissement étranger direct (IED) est défini comme étant un investissement entraînant le contrôle de la gestion d´une entité résidente d´un pays par une entreprise résidente d´un autre pays.

2. Le World Investment Report, 1997 (numéro de vente E97.II.D.10) peut être obtenu au prix de 45 dollars E.-U. auprès du Service des publications de l´Organisation des Nations Unies bureau DC2-853 Two United Nations Plaza New York N.Y. 10017 - Etats-Unis, T: +1 212 963 8302, F: +1 212 963 3489, E: publications@un.org, sur Internet : Service des publications ou Service des ventes Palais des Nations CH-1211 Genève 10 - Suisse, F: 41 22 907 0027, E: unpubli@unog.ch.

3. Sont considérés comme IED les fonds investis directement à l´étranger par le siège d´une STN, les recettes réinvesties d´une filiale étrangère et les fonds empruntés par une filiale à sa maison mère.





Pour plus de renseignements, s´adresser à :
Chef du Service, Karl Sauvant
Service de l´investissement international, des sociétés transnationales et de la technologie
Division de l´investissement, de la technologie et du développement des entreprises, CNUCED
T: +41 22 917 5707
F: +41 22 907 0194
E: karl.sauvant@unctad.org
ou
Chargée de presse, Muriel Scibilia
Service de presse de la CNUCED
T: +41 22 917 5725/5828
F: +41 22 907 0043
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