unctad.org | LES PAYS LES PLUS PAUVRES DU MONDE SONT CONFRONTES A UN PROCESSUS DE TRANSITION DE L’EMPLOI
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Pour l'utilisation des médias d'information - Ce n'est pas un document officiel
LES PAYS LES PLUS PAUVRES DU MONDE SONT CONFRONTES A UN PROCESSUS DE TRANSITION DE L’EMPLOI

UNCTAD/PRESS/PR/2006/015
20 July 2006

L´intensité de la concurrence mondiale fait qu´il est particulièrement difficile de résoudre la crise de l´emploi, selon un rapport de la CNUCED

EMBARGO
Le contenu de ce communiqué et du Rapport 2006
ne dois pas être cité ni résumé par la presse écrite,
la radio, la télévision et les médias électroniques
avant le 20 juillet 2006, 17 heures TU
(13 heures à New York, 19 heures à Genève)

Selon le Rapport 2006 sur les pays les moins avancés: Développer les capacités productives (1) publié par la CNUCED, les 50 pays les plus pauvres du monde, qui s´urbanisent sans créer d´emplois non agricoles productifs, doivent trouver le moyen de favoriser l´apparition d´entreprises viables et d´accroître l´emploi non agricole à un moment où les marchés mondiaux sont plus concurrentiels que jamais et alors que leurs propres marchés sont largement ouverts.

Si le problème de l´emploi n´est pas abordé avec la détermination et l´efficacité voulues, la pression de la migration internationale vers les pays industrialisés ira en s´intensifiant. Si des efforts durables ne sont pas déployés pour renforcer les capacités productives des pays les plus pauvres, les situations d´urgence humanitaire et les conflits civils qui y sont associés risquent d´être plus fréquents dans les pays les moins avancés (PMA).

L´agriculture employait encore 70 % de la main-d´œuvre des PMA en 2000-2003. Toutefois, dans les PMA en tant que groupe, la décennie 2000-2010 sera la première au cours de laquelle la population active devrait augmenter davantage dans les activités non agricoles que dans l´agriculture.

Si le Bangladesh, qui est le PMA le plus peuplé, contribue fortement à cette tendance, le processus de transition de l´emploi touchera plus de la moitié des 50 PMA au cours de la présente décennie et la plupart des pays restants pendant la décennie 2010-2020.

Cette tendance est sous-tendue par une croissance démographique rapide et par la réduction des surfaces cultivables. Dans 33 des 50 PMA, la superficie moyenne d´une exploitation agricole était inférieure à 1 hectare en 2000-2003. Les inégalités en matière de propriété foncière et d´accès à la terre laissent une proportion croissante de la population pratiquement sans terre, ce qui l´encourage à migrer vers les villes à la recherche d´un emploi.

Par le passé, c´était essentiellement grâce à l´augmentation de la superficie agricole cultivée que la population des PMA trouvait un emploi productif. Bien que les terres puissent encore être considérées comme "abondantes" dans certains PMA, on y exploite de plus en plus de surfaces marginales dont les rendements décroissent avec le temps. L´extrême pauvreté étant généralisée dans les zones rurales, de nombreux agriculteurs n´ont pas les moyens financiers d´accroître la productivité, voire de maintenir leur production actuelle. Dans un tiers des PMA, la productivité du travail agricole était inférieure en 2000-2003 à ce qu´elle était il y a deux décennies.

Selon le rapport de la CNUCED, cette transition est d´autant plus difficile à opérer qu´elle doit s´effectuer dans une économie ouverte. Très peu de PMA ont actuellement un régime commercial restrictif et la plupart d´entre eux ont entrepris une libéralisation rapide et poussée de leurs échanges. Toutefois, leurs structures de production et de commerce offrent très peu de perspectives dans une économie qui se mondialise rapidement avec une forte demande de nouveaux produits à forte intensité de savoir faisant l´objet de conditions strictes d´entrée sur les marchés. Dans le même temps, l´ouverture rapide de secteurs plus traditionnels expose les producteurs à une concurrence mondiale sans précédent.

A ce jour, la compétition reste inégale. En 2000-2003, il fallait cinq fois plus de travailleurs dans les PMA que dans les autres pays en développement pour assurer le même volume de production et 94 fois plus que dans les pays développés. En outre, l´écart de productivité entre les PMA et les autres pays en développement se creuse.

L´inaptitude des agriculteurs des PMA à soutenir la concurrence, ne serait-ce que sur leur propre marché intérieur, accroît la difficulté de trouver des moyens de subsistance dans l´agriculture. En 2000-2003, la productivité du travail agricole dans les PMA s´établissait à tout juste 46 % de celle des autres pays en développement et à moins de 1 % de celle des pays développés.

En outre, la plupart des PMA ont simplement été dans l´incapacité de créer des emplois non agricoles productifs en nombre suffisant. La productivité du travail non agricole a diminué de 9 % dans l´ensemble des PMA entre 1980-1983 et 2000-2003; elle a baissé dans 80 % d´entre eux. D´où une crise importante de l´emploi car il s´avère impossible de créer des emplois productifs pour une main-d´œuvre qui ne cesse de croître dans ces pays.

Quelques PMA exportent désormais des articles manufacturés, mais ce sont essentiellement des produits à forte intensité de main-d´œuvre, à faible valeur ajoutée et peu spécialisés, en particulier des vêtements, dont la production a peu de retombées sur le reste de l´économie. Ces exportations sont aussi très tributaires de contingents spéciaux et de préférences commerciales qui sont susceptibles d´être modifiés.

La réduction notable et durable de la pauvreté dans les PMA dépend désormais non seulement de l´augmentation de la productivité agricole, mais aussi de la capacité économique des pays les plus pauvres de produire des biens manufacturés et des services compétitifs à la fois pour le marché intérieur et pour l´exportation. Elle passe par une accélération de la formation de capital physique et humain, par l´acquisition et l´assimilation plus rapides des technologies déjà utilisées ailleurs et par l´innovation dans de nouveaux secteurs pour créer des changements structurels qui permettront d´accroître les retombées des économies d´échelle et des externalités. Selon le rapport de la CNUCED, tous ces processus sont déficients dans la plupart des PMA.

Le nombre moyen d´années de scolarisation des adultes dans les PMA était de trois ans en 2000 - moins que dans les autres pays en développement en 1960. La fuite des cerveaux est aussi importante: en 2000, 20 % des travailleurs des PMA ayant suivi un enseignement supérieur travaillaient dans des pays de l´OCDE. En 2003, les crédits bancaires au secteur privé ne représentaient que 15 % du PIB des PMA, contre 60 % dans les pays à faible revenu et pays à revenu intermédiaire. En 2000-2003, les importations de machines et de matériel des PMA - qui sont le principal moyen par lequel les entreprises acquièrent des techniques modernes - étaient pratiquement équivalentes en valeur réelle par habitant à ce qu´elles étaient en 1980. Et entre 1990-1993 et 2000-2003, la valeur ajoutée manufacturière en pourcentage du PIB a diminué ou stagné dans 21 des 36 PMA pour lesquels des données étaient disponibles.


ANNEXE

Graphiques

Graphique 1. Évolution de la productivité du travail agricole et du travail non agricole dans les PMA, les autres pays en développement et les pays développés, 1983-2003

Graphique 1. Évolution de la productivité du travail agricole et du travail non agricole dans les PMA, les autres pays en développement et les pays développés, 1983-2003
Source: CNUCED, Rapport 2006 sur les pays les moins avancés: développer les capacités productives, graphique 23.

Graphique 2. Croissance et répartition de la main-d´œuvre des PMA, 1980-2010

Graphique 2. Croissance et répartition de la main-d´œuvre des PMA, 1980-2010
Source: CNUCED, Rapport 2006 sur les pays les moins avancés: développer les capacités productives, graphique 32.

A télécharger [PDF] : | Least Report Developed Countries Report 2006 [386 pages, 2,158 KB] | Aperçu général [41 pages, 263 KB]|



Annotations

1. Le Rapport 2006 sur les pays les moins avancés: Développer les capacités productives (numéro de vente: F.06.II.D.9, ISBN 92-1-112701-7) peut être obtenu auprès des bureaux de vente des Nations Unies aux adresses indiquées ci-après ou auprès des revendeurs des publications des Nations Unies dans de nombreux pays. Le prix est de 50 dollars des États-Unis, mais un prix spécial de 18 dollars des États-Unis est appliqué dans les pays en développement et les pays en transition. Pour toute commande ou demande de renseignements pour l´Europe, l´Afrique et l´Asie occidentale, s´adresser à la Section des ventes et des publications de l´ONU, Palais des Nations, CH-1211 Genève 10 (Suisse), télécopieur: +41 22 917 0027, courriel: unpubli@un.org; pour les Amériques et l´Asie orientale, s´adresser à Publications des Nations Unies, 2 UN Plaza, DC2-853, New York, NY 10017 (États-Unis d´Amérique), téléphone: +1 212 963 8302 ou +1 800 253 9646, télécopieur: +1 212 963 3489, courriel: publications@un.org. Internet: http://www.un.org/publications.






Pour de plus amples renseignements, veuillez contacter :
Le Service de presse de la CNUCED
T: +41 22 917 58 28
E: unctadpress@unctad.org
Web: www.unctad.org/press



Loading..

Attendre, s'il vous plaît ....