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COMMUNIQUÉ DE PRESSE
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RÉDUIRE LA PAUVRETÉ GRÂCE À LA PRODUCTION

UNCTAD/PRESS/PR/2006/014
20 July 2006

Des emplois ? de bons emplois ? sont, pour les nations les plus pauvres du monde, le meilleur moyen d´assurer leur développement, d´après le rapport de la CNUCED


EMBARGO
Le contenu de ce communiqué et du Rapport 2006 ne dois pas être cité ni résumé par la presse écrite,
la radio, la télévision et les médias électroniques
avant le 20 juillet 2006, 17 heures TU
(13 heures à New York, 19 heures à Genève)

Beaucoup des 50 pays les moins avancés (PMA) du monde ont récemment enregistré une croissance économique plus forte ? globalement, leur taux de croissance a été de 5,9 % en 2004 ?, mais le sentiment général est que cela ne s´est pas traduit par une véritable réduction de la pauvreté ni une véritable amélioration des conditions de vie. Le problème, d´après le Rapport 2006 sur les pays les moins avancés: Développer les capacités productives (1) de la CNUCED, est que, pour le citoyen lambda d´un PMA, l´important est non pas l´accroissement global du produit intérieur brut, mais de bénéficier d´un emploi stable permettant de vivre décemment ? et, de plus en plus souvent, d´avoir un emploi en dehors du secteur agricole.

D´après le rapport, la clef pour réduire la pauvreté dans les pays les plus pauvres du monde est un processus dénommé développement des capacités productives. Il est instamment demandé aux gouvernements et aux programmes internationaux d´aide de s´attacher de plus en plus à donner les moyens à ces pays de développer leur capacité de produire efficacement des biens et services pouvant être vendus aussi bien sur le marché intérieur que sur les marchés extérieurs ? des biens et services de plus en plus diversifiés et élaborés ? afin que s´instaure un "cercle vertueux" de croissance de l´emploi et de stabilité de la croissance économique. Un pays qui réussit à enclencher un tel processus réduira automatiquement la pauvreté, n´aura plus besoin à terme de doses périodiques d´aide humanitaire, retiendra ses ressortissants les plus qualifiés et les plus éduqués (au lieu de les voir partir travailler à l´étranger), et réduira les foules d´émigrants désespérés qui se présentent actuellement aux frontières de l´Europe occidentale et de l´Amérique du Nord.

Dans presque tous les PMA, la plupart des travailleurs gagnent leur subsistance dans des entreprises familiales ? actuellement dominées par l´agriculture, sur des parcelles d´une taille inférieure à un hectare en moyenne ? avec des outils et du matériel rudimentaires, peu d´éducation, des infrastructures médiocres et de faibles institutions d´appui. La productivité du travail est faible et le sous-emploi est général. C´est la principale cause de la persistance d´une pauvreté de masse dans les PMA. En 2000-2003, il fallait 5 travailleurs dans les PMA pour produire ce qu´un travailleur produit dans d´autres pays en développement, et 94 travailleurs de PMA pour assurer la productivité d´un travailleur dans un pays développé.

Le développement des capacités productives ne découlera pas automatiquement du seul jeu des forces du marché; il faudra qu´il y ait interaction entre l´entreprenariat, la politique publique et les mesures internationales. Les politiques devraient expressément être concentrées sur les aspects suivants: i) développer les ressources productives intérieures des PMA par un accroissement des investissements publics et privés en capital physique et humain; ii) développer les capacités entreprenariales et faciliter l´apprentissage technologique; et iii) faciliter le changement structurel et la mise en place de relations dynamiques entre les secteurs et les entreprises, y compris entre investisseurs locaux et investisseurs étrangers.

Des simulations dans le rapport montrent que les PMA pourraient enregistrer un taux de croissance de 7 % si leur main-d´œuvre était pleinement utilisée et employée et si diverses sources potentielles de croissance de la productivité de la main-d´œuvre qui existent dans tous les pays pauvres étaient dûment exploitées. Elles indiquent comment il est possible de parvenir à un type de croissance économique qui réduit la pauvreté dans les PMA plutôt que de produire une croissance non créatrice d´emplois. De plus, elles montrent qu´il existe des possibilités de réduire sensiblement et de façon durable la pauvreté pour peu que les choix politiques soient les bons.

Pour assurer le développement des capacités productives, d´après le rapport, il faut que les stratégies nationales contribuent à atténuer les principales contraintes qui pèsent sur l´investissement, le progrès technologique et le changement structurel. Ces contraintes varient selon les pays. Toutefois, le rapport signale trois grands domaines qui valent probablement pour le plus grand nombre de pays:

  • Améliorer les infrastructures physiques: "Dans la plupart des PMA, on trouve les infrastructures de transport, de télécommunication et d´énergie les plus faibles et les plus médiocres au monde", d´après le rapport. Le réseau routier par habitant dans les PMA était plus faible en 1999 qu´en 1990. L´extension et la fiabilité de la fourniture d´électricité sont particulièrement importantes. "La faiblesse des niveaux actuels d´accès à l´électricité accroît les coûts pour les entreprises, réduit leurs ressources disponibles pour l´investissement et constitue une source essentielle de décalage technologique entre les PMA et le reste du monde." Les auteurs du rapport affirment que combler ce fossé en matière de fourniture d´électricité est au moins aussi important pour la croissance économique et la réduction de la pauvreté dans les PMA que réduire la fracture numérique.
  • Remédier aux faiblesses institutionnelles qui entravent l´investissement privé et l´innovation, notamment le déficit en entreprises de taille moyenne et la faiblesse des systèmes financiers et des systèmes de connaissances. La plupart des PMA n´ont pas suffisamment d´entreprises de taille moyenne, entreprises qui sont essentielles pour assurer l´emploi intérieur, l´investissement, l´innovation et pour faire le lien entre les petites et micro entreprises et les grandes entreprises. La faiblesse du secteur bancaire formel, en même temps que des systèmes de crédit informel très onéreux, obèrent considérablement l´investissement privé. De plus, les systèmes modernes de connaissances, qui sont essentiels pour l´apprentissage technologique et la compétitivité internationale, sont souvent morcelés, et les créateurs spécialisés de connaissances, tels que les instituts de recherche, déconnectés de la demande des utilisateurs.
  • Remédier aux contraintes qui pèsent sur la demande. La croissance de la demande intérieure et extérieure de produits fabriqués dans un pays est un aspect fondamental d´un bon climat de l´investissement et c´est aussi un stimulant fondamental du développement des capacités productives. "Les données pour un petit échantillon, cependant diversifié, de PMA montrent que c´est l´expansion de la demande intérieure qui a le plus contribué à la croissance économique dans ces pays", d´après le rapport, et parce que l´agriculture reste la principale source de moyen de subsistance dans la plupart des PMA, les tendances de la demande intérieure sont étroitement liées à ce qui se passe dans le secteur agricole. Les politiques doivent ainsi viser à engendrer un "cercle vertueux" dans lequel la stimulation de la demande provenant de la croissance agricole induit l´investissement, l´entreprenariat et l´emploi dans des activités non agricoles. Mais les exportations sont également importantes, car les importations sont essentielles à l´investissement et à la croissance économique. Les analyses présentées dans le rapport montrent que, à long terme, la contribution positive des exportations à l´atténuation de la contrainte de la balance des paiements sur la croissance économique dans les PMA a été fortement réduite par la détérioration des termes de l´échange et la dépréciation des taux de change. Il est donc essentiel d´améliorer la structure des exportations des PMA pour atténuer les contraintes pesant sur la demande.

La stratégie de réduction de la pauvreté par la promotion de la production et de l´emploi préconisée dans le rapport n´est pas quelque chose de totalement nouveau. Mais c´est une stratégie très différente de l´actuelle orientation des politiques visant à réduire la pauvreté. Ces dernières années, l´aide internationale a été fortement réorientée vers les secteurs sociaux; le pourcentage de l´aide consacrée aux programmes sociaux, aux situations d´urgence et à la réduction de la dette s´est élevé à 62,1 % du total des versements nets d´aide publique au développement (APD) dans les PMA sur la période 2002-2004. En revanche, la proportion de l´aide consacrée à l´amélioration des infrastructures et au renforcement des secteurs productifs n´a cessé de diminuer: 48 % en 1992-1994, 32 % en 1999-2001, 24 % en 2002-2004.

L´expansion du commerce et l´investissement étranger direct (IED) ont sans cesse été présentés comme la clef d´une réduction de la pauvreté. Mais les secteurs d´exportation sont souvent peu connectés au reste de l´économie, et les IED dans les PMA sont surtout concentrés dans les industries dites extractives: quelque 70 % des IED dans les PMA en 2004 ont concerné des PMA exportateurs de pétrole et de minéraux. Le rapport note que ces activités ne favorisent généralement pas une large croissance de l´emploi ou un élargissement de l´activité économique dans les pays d´accueil, en raison du manque de liens avec les autres secteurs économiques.

Une stratégie de promotion de la production et de l´emploi devrait certes s´accompagner d´un accroissement des dépenses consacrées au secteur social et d´un effort accru d´expansion du commerce, mais elle comporterait aussi et surtout un accroissement de l´aide aux secteurs productifs et des mesures en faveur des activités non marchandes ainsi que des efforts pour produire localement des produits de remplacement d´un certain nombre d´importations diverses afin que les emplois et les bénéfices correspondant à la production de ces produits de remplacement profitent au pays. Une plus grande attention serait également accordée à la mobilisation des ressources productives et des capacités entreprenariales dans les PMA eux-mêmes, ressources et capacités actuellement sous-utilisées.

A télécharger [PDF] : | Least Report Developed Countries Report 2006 [386 pages, 2,158 KB] | Aperçu général [41 pages, 263 KB]|



Annotations

1. Le Rapport 2006 sur les pays les moins avancés: Développer les capacités productives (numéro de vente: F.06.II.D.9, ISBN 92-1-112701-7) peut être obtenu auprès des bureaux de vente des Nations Unies aux adresses indiquées ci-après ou auprès des revendeurs des publications des Nations Unies dans de nombreux pays. Le prix est de 50 dollars des États-Unis, mais un prix spécial de 18 dollars des États-Unis est appliqué dans les pays en développement et les pays en transition. Pour toute commande ou demande de renseignements pour l´Europe, l´Afrique et l´Asie occidentale, s´adresser à la Section des ventes et des publications de l´ONU, Palais des Nations, CH-1211 Genève 10 (Suisse), télécopieur: +41 22 917 0027, courriel: unpubli@un.org; pour les Amériques et l´Asie orientale, s´adresser à Publications des Nations Unies, 2 UN Plaza, DC2-853, New York, NY 10017 (États-Unis d´Amérique), téléphone: +1 212 963 8302 ou +1 800 253 9646, télécopieur: +1 212 963 3489, courriel: publications@un.org. Internet: http://www.un.org/publications.






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