unctad.org | Rapport 2009 sur les pays les moins avancés
Rapport 2009 sur les pays les moins avancés
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État, gouvernance et développement
Rapport complet ( 303 Pages, 10676.0 KB )

Repères

La crise mondiale a porté un coup aux facteurs qui ont permis une forte croissance du PIB dans les pays les moins avancés (PMA) entre 2002 et 2008, exposant une nouvelle fois au grand jour les faiblesses structurelles de l´économie de ces pays et faisant voler en éclats le mythe de l´autorégulation des marchés.

Les défauts de l´actuel modèle de développement doivent être corrigés. Un rééquilibrage des rôles respectifs de l´État et du marché est nécessaire pour développer une résilience aux chocs extérieurs par une plus grande diversification et un changement structurel, et promouvoir une trajectoire de croissance à plus forte intensité de main-d´œuvre et plus équitable. Les PMA ont besoin de mettre en place de nouveaux appareils d´État développementistes qui s´appliquent réellement à mettre les ressources administratives et politiques au service du développement économique. Ils doivent trouver de nouvelles formes de gouvernance du développement adaptées au XXIe siècle.

Sur le plan macroéconomique, les PMA doivent avant tout mobiliser les ressources financières dont ils ont tant besoin. Des investissements publics sont nécessaires pour remédier au déficit d´infrastructure et attirer des fonds privés pour accélérer l´accumulation de capital. La politique monétaire devrait servir cet objectif macroéconomique plutôt que de privilégier une maîtrise étroite de l´inflation qui freine les investissements à long terme. S´agissant des taux de change et des mouvements de capitaux, il faudrait adopter des politiques énergiques qui contribuent au développement des capacités productives en réduisant l´instabilité des taux de change et en empêchant la fuite des capitaux. Les PMA doivent aussi renforcer leurs institutions financières nationales, sachant le rôle important qu´elles jouent pour l´investissement privé et la mobilisation de l´épargne.

Les PMA sont actuellement prisonniers d´un cercle vicieux qui conjugue production alimentaire insuffisante, agriculture de subsistance, faible productivité, baisse de l´investissement, raréfaction croissante des terres et des ressources en eau et urbanisation galopante. Dans leurs politiques, les gouvernements de ces pays devraient accorder une priorité beaucoup plus grande à l´agriculture. Ils devraient stimuler l´investissement dans le secteur agricole, en encourageant l´utilisation de technologies nouvelles, en développant les infrastructures (routes, entrepôts, installations pour les marchés de gros, etc.) et en améliorant l´accès au crédit, en particulier pour les petits et moyens exploitants. Ils doivent aussi prendre des mesures pour aider les petits agriculteurs à obtenir des intrants de meilleure qualité, soutenir la recherche-développement agricole et diffuser les connaissances sur les meilleures techniques d´exploitation et de gestion agricoles.

Malgré la forte croissance enregistrée ces dernières années, rares sont les PMA à avoir engagé avec succès un changement structurel et une diversification économique durable; en revanche, ils ont été nombreux à connaître un phénomène de désindustrialisation. L´amélioration de leurs résultats économiques passera par une politique industrielle efficace combinant investissements publics et coordination stratégique des interventions des acteurs privés. Des efforts simultanés pour accroître les investissements, établir de nouvelles relations économiques et améliorer les capacités technologiques - essentielles à la croissance industrielle - sont le plus sûr moyen de promouvoir la diversification et la croissance économique dans les PMA.

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