Le Rapport 2010 met l’accent sur le cycle d’expansion-récession qu’ont connu les pays les moins avancés
(PMA) au cours de la dernière décennie et propose d’autres voies pour la décennie à venir.
Alors que la croissance économique mondiale s’est accélérée au cours des dix premières années du
nouveau millénaire, les PMA sont restés en marge de l’économie mondiale en raison de leurs faiblesses
structurelles et des caractéristiques de leur intégration dans l’économie mondiale. Le Rapport appelle
à la mise en place d’une nouvelle architecture internationale du développement pour les PMA afin: a)
d’inverser la marginalisation de ces pays dans l’économie mondiale et de les aider dans leurs efforts de
rattrapage; b) de soutenir une croissance économique et une diversification accélérées qui amélioreraient
les conditions socioéconomiques en général de l’ensemble de la population de ces pays; et c) d’aider ces
pays à sortir par le haut de la catégorie des PMA.
Ces objectifs peuvent être atteints à la condition d’adopter un nouveau paradigme encourageant des
modes de développement nouveaux et équitables dans les PMA. Cela implique que l’État joue un rôle
plus important dans le développement en créant des conditions favorables à la création d’emplois, à
l’accumulation de capital, au progrès technologique et à la transformation structurelle. La nouvelle
architecture internationale du développement devrait être conçue pour faciliter de nouveaux modes de
développement. Le Rapport montre, à travers divers scénarios possibles, qu’une croissance accélérée et
une réduction de la pauvreté sont possibles grâce à des réorientations stratégiques.
La nouvelle architecture internationale du développement pour les PMA consiste en une nouvelle
architecture d’institutions, de règles - y compris de mesures incitatives - de normes et de processus
formels et informels, qui devraient façonner les relations économiques internationales dans un sens plus
propice à un développement soutenu et équitable. Sa mise en place passerait par: a) des réformes des
régimes économiques mondiaux qui influent directement sur le développement et la réduction de la
pauvreté dans les PMA; et b) la conception d’une nouvelle génération de mécanismes internationaux
spéciaux d’appui aux PMA visant à remédier aux contraintes et aux vulnérabilités structurelles propres
à ces pays. Accroître les flux internationaux Sud-Sud de commerce, d’IED, de financement public et de
connaissances implique également que la coopération Sud-Sud, entre les régions et entre les PMA et
les grands pays en développement à croissance dynamique, pourrait jouer un rôle important dans cette
nouvelle architecture internationale du développement.
Le Rapport propose que la nouvelle architecture internationale du développement repose sur cinq
grands piliers: financement, commerce, produits de base, technologie, et atténuation des changements
climatiques et adaptation à leurs effets. À l’heure actuelle, l’aide apportée aux PMA concerne principalement
le commerce. Le Rapport 2010 propose un programme d’action prospectif dans le cadre de cette nouvelle
architecture internationale du développement dans les cinq domaines, qui se veut une contribution
majeure aux débats de la quatrième Conférence des Nations Unies sur les pays les moins avancés, qui se
tiendra en Turquie en 2011. Associer des mesures internationales d’appui aux PMA à un nouveau cadre
international d’action et de coopération susceptibles de conduire à un développement plus stable, plus
équitable et plus solidaire est l’une des tâches les plus urgentes auxquelles est confrontée la communauté
internationale aujourd’hui.