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Rapport 2012 sur les pays les moins avancés
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Mettre à profit les envois de fonds et les compétences des diasporas pour renforcer les capacités productives

Repères

Les pays les moins avancés (PMA) sont un groupe de pays désignés comme tels par l'Organisation des Nations Unies en raison de la faiblesse de leur revenu national brut par habitant et de leur capital humain ainsi que de leur forte vulnérabilité économique. Dans le présent Rapport, la CNUCED s'intéresse aux envois de fonds vers les PMA et à la contribution potentielle des diasporas au développement de ces pays. Des politiques appropriées et un appui international permettraient aux PMA de tirer davantage parti des envois de fonds ainsi que des connaissances et du savoir-faire accumulés par leurs diasporas. À l'aide de données et d'enseignements tirés de l'expérience d'autres pays, le Rapport montre comment les PMA pourraient mieux exploiter les envois de fonds et les compétences des diasporas pour renforcer leurs capacités productives.

Concernant l'évolution économique récente des PMA, la CNUCED considère que les incertitudes de la reprise économique mondiale continuent de peser sur les facteurs qui ont permis à ces pays d'enregistrer des taux de croissance élevés entre 2002 et 2008. Après une légère amélioration en 2010, la situation du groupe des PMA est apparue moins favorable en 2011, signe d'importantes difficultés à venir. De plus, si un nouveau ralentissement de l'économie mondiale doit venir assombrir les perspectives de croissance des pays en développement, les PMA, en tant que principaux exportateurs de produits de base, seront durement touchés.

La CNUCED examine ensuite l'impact sur les PMA des mouvements migratoires, passés et présents, qui ont créé des diasporas dans différentes parties du monde, et les possibilités de mettre au service du développement des pays d'origine les compétences et l'expérience acquises par ces diasporas. Considérant l'ampleur croissante des envois de fonds vers les PMA ces dernières années, les auteurs du Rapport analysent les effets bénéfiques, mais aussi les éventuels effets négatifs, de ces envois de fonds, dont les données montrent qu'ils contribuent à la réduction de la pauvreté et à l'amélioration des soins de santé et de l'éducation, et constituent une source appréciable de financement extérieur qui, gérée au moyen de politiques appropriées, pourrait s'avérer particulièrement précieuse pour des PMA manquant cruellement de capitaux. Toutefois, les envois de fonds peuvent aussi accroître la dépendance à l'égard des sources extérieures de financement, aggravant ainsi la vulnérabilité des PMA aux chocs extérieurs et réduisant davantage encore leur marge d'action. Si l'on veut qu'ils servent aussi à accroître les capacités productives, les envois de fonds doivent, en tout état de cause, être considérés comme ce qu'ils sont, à savoir des ressources émanant du secteur privé, et les spécificités de chaque pays doivent être dûment prises en compte.

D'autres formes d'interaction des diasporas avec les pays d'origine, telles que les réseaux de partage de savoir des diasporas, peuvent faciliter le rattrapage technologique dans les PMA et contribuer ainsi au renforcement des capacités productives. Si les incidences négatives de l'exode des compétences restent un sujet de préoccupation, les débats récents se sont recentrés sur les moyens de collaborer avec les diasporas et de s'assurer de leur part une contribution maximale au développement. À cet égard, l'accent a été mis sur leur rôle latent de "relais ou passeurs de connaissances" pouvant faciliter de nouvelles modalités de commerce, le transfert de la technologie, le perfectionnement des compétences et l'échange de connaissances. Des formes novatrices de politique industrielle axées sur les réseaux permettraient aux PMA de compenser en partie les effets négatifs de l'exode des compétences. Le Rapport propose des moyens nouveaux de mobiliser les réseaux des diasporas pour améliorer les perspectives de développement des PMA.

Une collaboration active avec les diasporas est un phénomène récent dans les PMA. La CNUCED estime qu'une action plus systématique est nécessaire pour renforcer la contribution des diasporas au développement. Cela passe par la mobilisation et la coordination des efforts et des ressources de différentes parties prenantes dont, en particulier, les institutions et les entreprises des pays d'origine, les gouvernements des pays d'accueil, les organisations de la diaspora, les organisations internationales et les donateurs bilatéraux. En conclusion, le Rapport énonce un certain nombre de mesures, y compris des enseignements tirés de l'expérience d'autres pays, dont les PMA pourraient envisager de s'inspirer pour concevoir les cadres et les instruments qui leur permettront de mettre à profit les envois de fonds et les compétences des diasporas pour renforcer leurs capacités productives.


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