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16 avril 2011 - Déclaration du Secrétaire général de la CNUCED au Fonds monétaire international et à la Banque mondiale

Supachai PanitchpakdiDans sa déclaration aux réunions de printemps du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, le Secrétaire général de la CNUCED a souligné qu'en raison de la reprise timide de la demande privée dans les pays développés et une croissance mondiale qui devrait se situer entre 3 et 3,5 %, un durcissement de la politique budgétaire risquait de se révéler contreproductif.


Dans sa déclaration aux réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale, le Secrétaire général de la CNUCED, Supachai Panitchpakdi, a annoncé que, selon les prévisions, la croissance du PIB mondial devrait osciller entre 3 et 3,5 % en 2011 et 2012, avec des moyennes bien plus élevées dans les pays en transition et dans les pays en développement que dans les pays développés. Il a toutefois appelé l'attention sur le fait que la demande du secteur privé dans les pays développés n'avait pas encore retrouvé le dynamisme qu'elle connaissait avant la crise.

Dans beaucoup de ces pays, la persistance de niveaux élevés de chômage, la modération salariale et le fort taux d'endettement des ménages comme des gouvernements sont autant de freins à la demande intérieure. Cette situation perdurera aussi longtemps que le secteur privé, financier et non financier, ne sortira pas du processus "d'effet de levier inverse" entamé au déclenchement de la crise.

Alors que les décideurs devraient maintenir des politiques de soutien, la plupart d'entre eux semblent s'inquiéter de plus en plus du ratio de la dette publique et de l'inflation. Or, pour M. Panitchpakdi, passer d'une politique de relance à la rigueur budgétaire pourrait aller à l'encontre du but recherché. En effet, dans la mesure où la reprise économique naissante s'en trouverait fragilisée et les recettes budgétaires seraient moindres, la croissance risquerait d'être freinée, sans pour autant que le niveau d'endettement public soit réduit.

M. Panitchpakdi a également relevé que l'anticipation par les marchés financiers d'une reprise avait manifestement joué un rôle disproportionné dans la poussée inflationniste que connaissent actuellement les produits de base. L'impact significatif des investisseurs financiers sur les prix, que l'on peut considérer comme la nouvelle normalité en matière de détermination des cours, touche très profondément l'ensemble de l'activité économique. La hausse des prix des produits de base compromet la reprise car elle est susceptible de provoquer un durcissement prématuré de la politique monétaire.

Le Secrétaire général de la CNUCED a salué les travaux du Groupe de travail du G 20 sur le cadre pour une croissance forte, durable et équilibrée qui a "travaillé d'arrache-pied pour convenir de lignes directrices indicatives comprenant une série d'indicateurs permettant de signaler à temps les grands déséquilibres qui rendent nécessaire l'adoption de mesures préventives et correctives". Il a déclaré que par cette position, le G 20 reconnaissait que "laisser les comptes courants et les taux de change évoluer uniquement en fonction du marché ne donnait pas toujours des résultats macroéconomiques acceptables".

Sur la question des flux de capitaux à court terme, la CNUCED a mis en lumière un facteur qui explique de manière prépondérante la persistance des entrées et la résilience de ces flux après la survenue de chocs: les taux d'intérêt nominaux sont systématiquement élevés dans les pays d'accueil comparés aux taux dans les pays d'origine. "L'on peut aujourd'hui parler d'une nouvelle forme de "syndrome hollandais", même si cette fois le syndrome est provoqué non par les exportations de produits de base mais par les opérations internationales de "carry trade". Les effets sont les mêmes: il y a distorsion des taux de change et les pays ont davantage de difficultés à développer leur industrie manufacturière et à diversifier la production intérieure et les exportations.".

La CNUCED a ajouté que bon nombre de pays à faible revenu avaient rapidement atteint les limites de leur marge de manœuvre budgétaire au lendemain de la récession mondiale et risquaient de plus en plus de se retrouver face à un fardeau de la dette insoutenable. Il fallait prendre sans attendre des mesures pour atténuer et réduire le coût d'éventuelles crises de la dette. Plusieurs mesures pouvaient améliorer la situation, parmi lesquelles: la promotion de nouveaux instruments de dette plus sûrs, l'adoption d'une réglementation visant à réduire la déstabilisation des flux de capitaux, et la mise sur pied d'une série de lignes directrices visant à limiter les crises de solvabilité en incitant à la responsabilité dans les emprunts publics et les prêts aux États.


Accès direct:

Déclarations de Supachai Panitchpakdi au Comité monétaire et financier international du FMI, Washington DC, 16 avril 2011 [En anglais seulement]

 

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