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23 juin 2011 - Assurer la transition vers une économie verte équitable et juste

Heiner Flassbeck. Public Symposium 2011La transition vers une croissance économique verte est, selon les experts du Colloque public de la CNUCED, incontournable mais difficile. Cette croissance devrait, entre autres, soutenir l'amélioration du niveau de vie dans les pays en développement, et non l'entraver.


La table ronde organisée le deuxième jour de ce colloque de trois jours fut consacrée aux moyens à mettre en œuvre pour permettre la transition vers une économie verte "juste et équitable". Les pays en développement jouissent du droit fondamental d'accéder à un meilleur niveau de vie. Pour les experts du Colloque, les efforts déployés pour faire face aux changements climatiques et aux problèmes environnementaux qui en découlent ne doivent pas entraver les attentes de ces pays mais y contribuer. Certains intervenants ont estimé par ailleurs que cette transition pouvait être une force pour les pays en développement.

Les pays développés devraient aider les pays en développement à faire face aux conséquences des changements climatiques et chercher activement à prévenir une aggravation de la situation, a déclaré Jomo Kwame Sundaram, Sous-Secrétaire général chargé du Département des affaires économiques et sociales de l'ONU. Vicente Paolo Yu, Coordonnateur du programme sur la gouvernance mondiale pour le développement du Centre Sud (Suisse), a partagé ce point de vue, en reconnaissant la responsabilité historique des pays développés. Selon lui, une approche plus globale et systémique de l'économie verte était nécessaire pour améliorer le niveau de vie de l'ensemble des êtres humains.

Pour Lucas Assunção, Chef du Service du commerce, de l'environnement, des changements climatiques et du développement durable de la CNUCED, la transition vers une économie verte avait déjà commencé. La responsabilité en matière d'émissions de carbone est par exemple d'ores et déjà prise en considération pour les investissements dans les pays en développement. La difficulté consiste ensuite à mener à bien cette transition en cours, qui doit être solidaire et équitable. Achim Steiner, Directeur exécutif du Programme des Nations Unies pour l'environnement, a soutenu l'idée selon laquelle la transition devait être organisée, plutôt que subie "par la force des choses". Lors de son intervention par vidéo interposée depuis Nairobi, il a évoqué les risques pour les pays en développement de rester dépendants des "technologies du passé", en l'absence d'investissements adéquats.

Mark Halle, Directeur du commerce et de l'investissement à l'Institut international du développement durable (Suisse), a convenu que les investissements dans les énergies propres devaient, de toute évidence, s'accroitre fortement. Or il considérait que le système actuel pour les investissements dans les énergies propres était souvent très dissuasif, au vu des monopoles énergétiques et des politiques tarifaires contre-productives de certains pays en développement.

Chandran Nair, fondateur et Directeur du Global Institute for Tomorrow (RAS de Hong Kong), a estimé pour sa part que l'État devait s'imposer pour endiguer ces pratiques dissuasives, en favorisant la croissance économique verte. Pour ce dernier, il ne fallait pas compter sur le secteur privé pour promouvoir la transition de sa propre initiative. Cet argument a été développé par Petko Draganov, Secrétaire général adjoint de la CNUCED, qui a déclaré que les politiques devraient être coordonnées non seulement au sein des États, mais également aux niveaux régional et international, pour arriver à un système de gouvernance mondiale cohérent.

Anabella Rosemberg, conseillère sur la santé au travail et l'environnement à la Confédération syndicale internationale (France), a décrit la situation du travail dans le monde aujourd'hui comme "catastrophique", avec 80 % des emplois appartenant au secteur informel dans les pays en développement, et un taux de chômage globalement élevé dans ces pays. Elle estimait qu'un changement important était de toute évidence nécessaire pour faire face aux problèmes environnementaux, mais que l'avenir des travailleurs devait également être considéré lors des prises de décisions, pour leur offrir des perspectives viables.

Pour Heiner Flassbeck, Directeur de la Division de la mondialisation et des stratégies de développement de la CNUCED, une transition immédiate vers une croissance économique verte restait toutefois ardue, du fait des difficultés à se remettre de la crise. Il estimait ainsi que ce défi supplémentaire devrait être reporté en attendant que la situation se stabilise. Le moment n'était pas venu, a-t-il déclaré, de "rediriger la locomotive de l'économie mondiale, déjà endommagée, sur une toute nouvelle voie. Il convenait d'abord de la réparer.".

Le Colloque public 2011 de la CNUCED continue jusqu'à vendredi.


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