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05 mai 09 - Le décollage économique du mali passe par une stratégie de développement du commerce ambitieuse

hspace=6Une nouvelle étude de la CNUCED intitulée "Cadrage de la politique nationale de développement du commerce du Mali", sera présentée lors d´un séminaire national sur le commerce et le développement que la CNUCED organise à Bamako du 5 au 7 mai 2009.



Le Mali est confronté à des défis d´une complexité sans précédent du fait de la crise économique mondiale. Ce pays enclavé, parmi les plus pauvres du monde, ne manque toutefois pas d´atouts qu´il pourrait mobiliser afin d´être en mesure de diversifier ses échanges avec le reste du monde dès les premiers signes d´une reprise de l´activité économique.

C´est ce que pointe une nouvelle étude de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) intitulée "Cadrage de la politique nationale de développement du commerce du Mali". Elle sera présentée lors d´un séminaire national sur le commerce et le développement que la CNUCED organise à Bamako du 5 au 7 mai 2009.

Réalisée à la demande et en partenariat avec le ministère malien de l´économie, de l´industrie et du commerce, cette étude dresse un état des lieux de l´économie du pays. Elle propose aussi une stratégie de développement du commerce qui table sur une mise en valeur des atouts du pays à travers un programme ambitieux de diversification des exportations reposant sur trois piliers : institutions, infrastructure et plans d´action sectoriels.

Un séminaire national sur le commerce et le développement que la CNUCED organise à Bamako du 5 au 7 mai 2009
Un séminaire national sur le commerce et le développement que la CNUCED organise à Bamako du 5 au 7 mai 2009

Le Mali dispose de matières premières, en premier lieu le coton et l´or, d´un potentiel touristique et culturel, d´une main d´œuvre compétitive, et de terres agricoles productives une fois résolus les problèmes d´irrigation.

Les bases institutionnelles de l´intégration du Mali dans les circuits commerciaux mondiaux ont d´ores et déjà été jetées, la législation et la politique commerciales étant largement en conformité avec les accords de l´Organisation mondiale du commerce (OMC). Il reste à améliorer la gouvernance et à renforcer les capacités étatiques.

L´infrastructure, en revanche, reste l´une des contraintes majeures à l´intégration économique. Les corridors d´accès à la mer sont chaotiques, le secteur des transports est inefficace et cartellisé, l´infrastructure routière est déficiente, et il n´existe aucune chaîne du froid. En dépit de progrès récents, les télécommunications et l´énergie sont encore trop coûteuses. Supprimer ces goulots d´étranglement constitue un chantier majeur requérant, entre autres, la coopération avec les pays de transit.

Enfin, les multiples plans d´action sectoriels dans les secteurs clef de l´économie - comme le coton, le riz et la viande - progressent trop lentement. Il importe de réformer énergiquement le secteur du coton qui peut jouer un rôle majeur dans la lutte contre la pauvreté. Les plans industriels et agricoles doivent être étroitement coordonnés afin de mettre en valeur les synergies horizontales (effets d´entraînement et liens amont-aval) et de respecter les contraintes multi-sectorielles, en particulier environnementales.

Il n´en demeure pas moins qu´une stratégie nationale seule ne saurait parer en même temps à tous les dangers générés par les turbulences économiques actuelles : baisse des cours des matières premières, tensions sur les marchés financiers internationaux, problèmes de solvabilité de débiteurs privés et souverains, et d´un éventuel regain de tensions protectionnistes.

A plus long terme, les questions qui occupaient le devant de la scène avant la crise - hausse des prix des denrées alimentaires, concurrence pour l´accès aux matières premières, réchauffement climatique - ne manqueront pas de resurgir dès que la demande mondiale repartira vers le haut. D´où la nécessité de progresser rapidement dans la mise en œuvre d´une stratégie commerciale solide.

L´étude met en avant les priorités suivantes :

L´amélioration de la performance des corridors de transit à la mer

  • Poursuite de l´effort de réhabilitation de l´infrastructure,
  • Programme d´incitations, fiscales et autres, à la modernisation de la flotte nationale de camions,
  • Libéralisation du régime règlementaire du transport routier avec pour objectif la fin de la cartellisation du secteur,
  • Elimination énergique des surtaxes et paiements informels sur les corridors routiers, Poursuite de la réhabilitation de la ligne ferroviaire Bamako-Dakar, en conformité avec les recommandations de l´EDIC.

La réforme du secteur cotonnier, en conformité avec les plans approuvés :

  • Respect des engagements en termes de calendrier de privatisation de la CMDT et de réformes annexes
  • Poursuite de l´effort de réhabilitation des pistes rurales
  • Amélioration du fonctionnement de la chaîne d´approvisionnement en intrants

La promotion de la filière riz pour la reconquête du marché national et l´exportation vers les marchés régionaux (Burkina Faso, Côte d´Ivoire, Ghana, Guinée) :

  • Adoption d´urgence de la législation adéquate pour une définition claire du régime foncier pour les terres irriguées, et mise en place des structures judiciaires appropriées
  • Amélioration de la qualité et de la traçabilité, en particulier pour le riz décortiqué, par des programmes de formation et de sensibilisation aux questions phyto-sanitaires
  • Accroissement de la surface aménagée par l´irrigation gravitaire dans la zone de l´Office du Niger, pour atteindre l´objectif de 100´000 hectares de plus en 2015
  • Poursuite de l´effort de réhabilitation des axes routiers à partir de la zone de l´Office du Niger
  • Négociations avec les partenaires de l´UEMOA sur l´application véritable des préférences en ce qui concerne le riz
  • Poursuite de l´effort de lutte contre les distorsions de marché (subventions de certains pays) dans les instances multilatérales

La promotion et l´intégration en aval de la filière bovine :

  • Réhabilitation des abattoirs de Bamako
  • Mise sur pied d´une chaîne du froid crédible, en collaboration avec les acheteurs
  • Amélioration des conditions du transit du bétail sur pied (sécurité, infrastructure, services sanitaires)
  • Mise sur pied d´une procédure de certification crédible pour les acheteurs hors UEMOA (Moyen Orient et Afrique du Nord notamment)
  • Mise sur pied d´un plan d´investissement dans les tanneries
  • Encouragement à la fédération des artisans et producteurs d´articles en cuir, et promotion de leurs produits à l´étranger.

 

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