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12 Sept 11 - Maîtrise des flux de capitaux à court terme: une priorité

Fifty-eighthDes politiques coordonnées aux niveaux national et mondial sont nécessaires pour que les pays émergents ne pâtissent pas des effets négatifs des flux de capitaux spéculatifs.


 
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La cinquante-huitième session du Conseil du commerce et du développement s'est poursuivie hier après-midi avec un débat de haut niveau sur les moyens de remédier à la forte instabilité actuelle des flux de capitaux à court terme. Cette instabilité peut avoir des effets négatifs sur les pays en développement en provoquant des distorsions des taux de change, en freinant le développement de leurs industries manufacturières et en compromettant la diversification de la production intérieure et des exportations.

M. Supachai Panitchpakdi, Secrétaire général de la CNUCED, a dit que la cause principale du problème résidait dans une libéralisation des marchés de capitaux sans réglementation appropriée pour remédier aux carences inhérentes à ces marchés. La position actuelle des autorités de réglementation était délicate, en raison de la nécessité d'utiliser de façon concertée différents instruments pour contrôler différents éléments clefs tels que les taux d'intérêt, la valeur de la monnaie et le niveau des flux de capitaux. Souvent, ces instruments n'étaient ni coordonnés ni utilisés de façon optimale. Par exemple, les pays émergents avaient souvent accumulé de vastes réserves en devises pour atténuer les pressions sur leur monnaie, mais en définitive beaucoup disposaient de bien plus de réserves qu'ils n'en avaient en réalité besoin. Ce faisant, ils avaient contribué à financer les déficits des pays développés et avaient immobilisé un capital qui aurait pu servir ailleurs à réaliser des investissements productifs. M. Panitchpakdi s'est demandé quelle pouvait être la viabilité d'un système monétaire mondial reposant sur seulement quelques grandes monnaies et a fait référence au Rapport sur le commerce et le développement 2011, récemment publié par la CNUCED pour une autre solution.

M. Sergio Chodos, Directeur de la Banque centrale d'Argentine, a rappelé aux participants que la solution était d'isoler et de cibler l'investissement à court terme, qui était de nature plus spéculative que fondamentale. Il a donné un aperçu de quelques-unes des mesures adoptées en Argentine à cette fin, par exemple imposer une période minimale de détention d'un an pour ce type d'investissement. Selon M. Carlos Márcio Bicalho Cozendey, Secrétaire aux affaires internationales du Ministère brésilien des finances, des mesures analogues étaient désormais en place au Brésil; ainsi, le pays taxait les flux à court terme, mais pas l'investissement étranger direct, ce qui décourageait les opérations de "carry trade". M. Cozendey a confirmé la nécessité d'une approche internationale coordonnée pour remédier au problème de l'instabilité des taux de change, même si des mesures unilatérales nationales restaient entre-temps la seule option.

Selon M. Heiner Flassbeck, Directeur de la Division de la mondialisation et des stratégies de développement de la CNUCED, les marchés s'étaient avérés, sur ce point particulier, incapables de s'acquitter de leur tâche essentielle consistant à établir les prix. Il a souligné la corrélation étroite entre le montant des flux financiers à court terme entrant dans un pays et les prix des produits de base. Si ces flux n'entraînaient pas de modifications des fondamentaux de l'offre et de la demande, alors pourquoi les marchés réagissaient-ils à ces flux de façon si prévisible, a-t-il demandé. De toute évidence, les marchés ne reconnaissaient pas "les fondamentaux" et le processus d'établissement des prix ne fonctionnait pas.

M. Gilbert Terrier, Directeur du département Hémisphère occidental du Fonds monétaire international a évoqué les problèmes actuels rencontrés par les pays développés. À son sens, une approche équilibrée prévoyant des mesures aussi bien monétaires que budgétaires était nécessaire pour maîtriser des niveaux de déficit croissants. Cela était toutefois devenu difficile en raison d'une marge de manœuvre budgétaire réduite et de l'affaiblissement de la position des pouvoirs publics par rapport à la situation qui prévalait quelques années auparavant. Les données communiquées sur l'ampleur de la reprise aux États-Unis étaient peu probantes et cette reprise n'entraînait pas de créations d'emplois, tandis que dans l'Union européenne, le règlement de la crise de la dette restait la préoccupation majeure. Un nouvel épisode mondial "d'aversion pour le risque" n'était pas impossible, a-t-il averti.

Les intervenants sont convenus qu'aucune solution unique ne permettrait de résoudre tous les problèmes recensés, mais que cela ne devait pas empêcher de rechercher une action coordonnée au niveau mondial sur cette question essentielle.

La cinquante-huitième session du Conseil du commerce et du développement se poursuit jusqu'au 23 septembre.


 

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