COMMUNIQUÉ DE PRESSE
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Il faut libérer le potentiel commercial des petits agriculteurs pour permettre un développement durable

EMBARGO
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17 décembre 2015, 12:00 à Genève

UNCTAD/PRESS/PR/2015/050
Geneva, Suisse, (17 décembre 2015)

​Les petits agriculteurs ne gèrent que 12 % des terres cultivables dans le monde, mais assurent plus de 80 % de la production alimentaire mondiale (en valeur). D’où la nécessité, selon le Commodity and Development Report 2015 de la CNUCED, d’agir pour libérer tout leur potentiel commercial. Si l’on veut réduire la pauvreté, qui frappe plus particulièrement cette population, il faudra reconsidérer la manière dont les politiques doivent être conçues et coordonnées pour répondre à ses besoins.

Leur superficie moyenne varie beaucoup selon les pays et les régions, mais on estime que 570 millions d’exploitations recensées dans le monde sont dans plus de 90 % des cas gérées par une seule personne ou une seule famille. Elles dépendent le plus souvent de la seule main-d’œuvre familiale. Toujours selon les estimations, environ 2,5 milliards de personnes tirent leurs moyens de subsistance des systèmes de production agricole. De plus, en préservant la biodiversité agricole, les petits exploitants contribuent de façon fondamentale à la réalisation des objectifs de viabilité environnementale, y compris en matière d’atténuation des effets des changements climatiques.

Comme l’a déclaré Mukhisa Kituyi, Secrétaire général de la CNUCED, « le moment est venu pour la communauté internationale de reconnaître que les petits agriculteurs assument une fonction vitale à l’échelle de la planète, en assurant la production de produits naturels et nutritifs et en contribuant à la sécurité alimentaire mondiale ». « J’invite tous les partenaires de développement qui se sont engagés à consacrer plus de ressources à la lutte contre les changements climatiques à porter une attention particulière aux petits agriculteurs, acteurs essentiels de pratiques agricoles durables. »

Or, le rapport montre que les petits agriculteurs continuent de se heurter à un certain nombre de problèmes récurrents : accès limité aux facteurs de production agricole (engrais, semences, terre, main-d’œuvre) et au crédit ; incapacité d’exploiter pleinement leur potentiel commercial en raison d’infrastructures défaillantes ou inexistantes (par exemple, absence de routes praticables) et accès insuffisant à l’information commerciale, ce qui les place en position de faiblesse sur les marchés.

Le rapport présente plusieurs cas où des petits agriculteurs sont progressivement devenus plus productifs et plus présents sur les marchés grâce à différents facteurs : mécanismes de financement novateurs, accès à l’agriculture contractuelle, renforcement de la formation, du savoir-faire et de la motivation, ou encore services agricoles et financiers faisant appel aux technologies de l’information et de la communication.

Si l’on veut faire évoluer la situation et atteindre les objectifs de développement durable, il faudra, selon le rapport, établir une meilleure cohérence entre les orientations, les engagements et les mesures adoptés aux niveaux national, régional et international. Il faudra aussi veiller à cibler principalement, en matière de financement du développement et de l’action climatique, les petits agriculteurs ainsi que les femmes et les jeunes, dont il est reconnu que ce sont des acteurs clefs de la transformation du secteur agricole.

Une plus grande participation des petits agriculteurs à une production et à un commerce durables des produits de base peut aussi être bénéfique pour les pays en développement. C’est pourquoi le rapport propose à ces pays d’adopter des mesures pour promouvoir un développement agricole durable, renforcer les capacités institutionnelles, remédier au manque d’infrastructures, faciliter l’accès à la technologie, garantir les droits fonciers et créer un environnement commercial favorable aux petits agriculteurs. Il donne des éléments d’appréciation, pour un échantillon de pays en développement, du degré d’intégration des petits agriculteurs dans les chaînes de valeur à l’exportation, et souligne la nécessité de leur porter plus d’attention dans l’élaboration des politiques nationales et dans les accords internationaux de commerce et d’investissement.

Enfin, le rapport met en garde contre le manque de bonnes pratiques qui permettraient de préserver les intérêts des petits agriculteurs dans le cadre des actuels accords d’investissements de grande ampleur dans l’agriculture, surtout en Afrique. Il est en outre rare que les politiques d’investissement tiennent compte des besoins des petits investisseurs locaux, ce qui est pourtant indispensable pour stimuler l’investissement intérieur dans le secteur agricole.


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