COMMUNIQUÉ DE PRESSE
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Faits et Chiffres
Rapport 2018 sur les pays les moins avancés : L’entreprenariat au service de la transformation structurelle − Changer de cap

EMBARGO
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20 novembre 2018, 18:00 à Genève

UNCTAD/PRESS/IN/2018/009
Genève, Suisse, (20 novembre 2018)
Cette année, le Rapport sur les pays les moins avancés est riche en informations sur la manière dont les entreprises sont créées et se développent dans les 47 pays les plus défavorisés du monde. Ensemble, les pays les moins avancés (PMA) comptent plus d’un milliard d’habitants (soit 13 % de la population mondiale), mais ils représentent seulement 1,3 % du produit intérieur brut (PIB) mondial et 1,1 % du commerce mondial.

Le paysage entreprenarial dans les pays les moins avancés

• On dénombrait près de 270 millions de travailleurs indépendants dans les PMA en 2017. Le travail indépendant, qui est généralement considéré comme une forme d’entreprenariat, représente 70 % de l’emploi total dans les PMA, contre 50 % dans les autres pays en développement.
• Près de la moitié de la population adulte est employée dans une forme d’activité entreprenariale, qu’il s’agisse d’une activité naissante (29 %) ou d’une entreprise établie (18 %). La probabilité que des adultes participent à des activités entreprenariales (au sens large) est deux fois plus élevée dans les PMA que dans les autres pays en développement.
• L’économie souterraine (c’est-à-dire les activités économiques dissimulées aux autorités pour des raisons monétaires, réglementaires ou institutionnelles) représente en moyenne 35 % du PIB dans les PMA.
• Dans ces pays, les jeunes entrepreneurs sont 1,7 fois plus nombreux à se dire entrepreneurs par choix plutôt que par nécessité, alors qu’ils sont 2,8 fois plus nombreux dans les autres pays en développement et 3,6 fois plus nombreux dans les pays développés et les pays en transition considérés dans leur ensemble.
• 63 % des jeunes entrepreneurs et 57 % des entrepreneurs établis sont présents dans le secteur des services aux consommateurs, généralement dans des activités à faibles marges et qui copient des activités existantes.
• Les taux de survie sont faibles parmi les jeunes entreprises ; plus de la moitié des nouvelles entreprises quittent le marché avant leur cinquième année d’existence.
• Dans les PMA, les jeunes entrepreneurs sont pour 28 % de jeunes adultes (18 24 ans) et pour 35 % des personnes âgées de 25 à 34 ans.
• Les jeunes entrepreneuses sont presque aussi nombreuses que les jeunes entrepreneurs, mais les femmes ont cinq fois moins de chances de posséder leur propre entreprise.
• Les ménages ruraux qui sont proches de grandes agglomérations sont plus susceptibles d’exercer des activités entreprenariales non agricoles, parce qu’ils ont plus facilement accès aux marchés, au crédit et aux moyens de télécommunication.
• La répartition des entreprises du secteur formel est marquée par une prédominance des établissements de taille réduite au détriment des établissements de taille intermédiaire : 58 % des entreprises ont moins de 20 employés, et seulement 12 % ont plus de 100 employés.
• Les petites entreprises et les jeunes entreprises sont essentielles à la création d’emplois, mais les grandes entreprises jouent un rôle clef dans l’augmentation du coefficient d’intensité capitalistique et de la productivité.

L’entreprenariat local dans les systèmes mondiaux de production

• La participation des PMA aux chaînes de valeur mondiales reste faible et concentrée dans des biens qui sont sensibles aux variations de la demande mondiale.
• Les exportations des PMA dans le cadre des chaînes de valeur mondiales n’ont guère progressé entre 2010 et 2017 (+2 % en moyenne par année), alors que les exportations totales d’articles manufacturés ont augmenté de 8 % par année au cours de la même période.
• La principale voie d’accès des PMA aux chaînes de valeur mondiales est l’investissement étranger direct, et non la croissance de l’entreprenariat local.
 Si, dans les chaînes de valeur mondiales, les PMA participent surtout aux activités en aval (exportations de matières premières qui serviront à la fabrication d’articles manufacturés dans d’autres pays), la part de la valeur ajoutée étrangère qui est utilisée dans la production de leurs exportations (9 %) est la plus faible de l’ensemble des pays en développement. Autrement dit, pour la plupart des PMA, la participation aux chaînes de valeur mondiales n’est pas encore une véritable source de diversification économique et de transformation structurelle.
• Plusieurs PMA ont pu accroître leurs exportations en participant aux chaînes de valeur mondiales du secteur de l’habillement, mais leurs capacités d’augmenter la valeur ajoutée et de développer l’entreprenariat local restent entravées par une concurrence accrue et par les stratégies appliquées par les entreprises de file pour conserver leur avantage concurrentiel.
• Les stratégies de délocalisation de proximité favorisent le développement des compétences et la mise à niveau de la main-d’œuvre locale et des petits entrepreneurs dans les PMA d’Asie et d’Afrique australe. 
• Il existe bel et bien dans les PMA des entrepreneurs locaux à fort impact, capables de surmonter les obstacles ainsi que de libérer et d’exploiter les possibilités offertes sur les marchés intérieurs. Mais ils n’usent pas pleinement de ces capacités.

Les obstacles à la création et à la croissance des entreprises

• Dans les PMA, 3 entreprises sur 4 subissent des coupures d’électricité, ce qui occasionne des coûts supplémentaires, en particulier pour les microentreprises et les petites entreprises.
• En 2017, 17,5 % de la population des PMA utilisaient Internet, contre 41,3 % dans les autres pays en développement et 81 % dans les pays développés.
• En ce qui concerne l’utilisation d’Internet, les inégalités entre hommes et femmes sont plus marquées dans les PMA que dans les autres pays en développement et les pays développés ; dans les PMA, 14,1 % des femmes utilisent Internet, contre 21 % des hommes.
• 32 PMA ont des lois qui interdisent aux femmes d’exercer certaines professions, au risque de limiter les résultats des entreprises gérées par des femmes.
• En 2015-2017, les coûts supportés par les jeunes entreprises de pointe représentaient 40 % du revenu par habitant dans le PMA médian, contre 26 % en moyenne dans le monde.
• Dans 21 des 46 PMA, la création d’une entreprise nécessite un nombre de procédures supérieur à la moyenne mondiale.
• En ce qui concerne la facilité de faire des affaires (telle qu’elle est habituellement évaluée par l’indice correspondant de la Banque mondiale), 32 des 47 PMA se situent dans le quartile inférieur, ce qui indique un environnement peu favorable aux entreprises.

Cadres directeurs applicables

• Dans seulement un tiers des plans de développement des PMA, les microentreprises et les petites et moyennes entreprises sont considérées comme pouvant être des moteurs de croissance économique et des sources d’emplois et de revenus, qui permettront de réduire la pauvreté.
• L’entreprenariat est mentionné expressément dans 36 des plans nationaux de développement et des cadres stratégiques de réduction de la pauvreté qui ont été examinés, mais les mesures spécifiques en faveur de l’entreprenariat sont généralement limitées et parfois vagues.
• Au moins 20 PMA ont des politiques industrielles nationales qui définissent, selon des degrés variés, l’interaction entre l’entreprenariat et la transformation structurelle ; en revanche, ces politiques accordent beaucoup moins d’attention aux déterminants de l’entreprenariat et à l’adaptation de l’appui aux entreprises en fonction des différentes étapes de leur cycle de vie.

Outre le Rapport 2018 sur les pays les moins avancés, la CNUCED publie un ensemble de données statistiques détaillées et actualisées sur la situation économique et sociale des PMA, qui est disponible ici.


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