COMMUNIQUÉ DE PRESSE
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À contre-courant de la tendance mondiale, les investissements étrangers directs progressent de 11 % en Afrique, selon un rapport de l’organisation des Nations Unies

EMBARGO
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12 juin 2019, 19:00 à Genève

UNCTAD/PRESS/PR/2019/016
Geneva, Suisse, (12 juin 2019)

La conclusion d’un accord commercial entre les différents pays du continent est de bon augure pour l’investissement en Afrique

L’apparition de zones économiques spéciales vient étayer ces perspectives encourageantes


Selon le World Investment Report 2019 (Rapport sur l’investissement dans le monde, 2019) de la CNUCED, l’Afrique a été épargnée par la baisse mondiale des investissements étrangers directs (IED). En 2018, les entrées d’IED sur le continent ont augmenté de 11 % par rapport à l’année précédente, pour s’établir à 46 milliards de dollars.

Cette augmentation s’explique par la progression de la demande et, par voie de conséquence, du prix de certains produits de base et par la croissance des investissements non liés aux ressources naturelles dans un petit nombre de pays.

La baisse des IED dans certains grands pays du continent, dont le Nigéria et l’Égypte, a été compensée par leur hausse dans d’autres pays, notamment l’Afrique du Sud.

Pour Mukhisa Kituyi, Secrétaire général de la CNUCED, « l’accord portant création de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) renforcera la coopération régionale. Conjugué à des prévisions de croissance optimistes, cela est de bon augure pour les entrées d’IED sur le continent ».

Afrique du Nord

En Afrique du nord, les entrées d’IED ont progressé de 7 % et atteint 14 milliards de dollars.

L’Égypte reste le premier pays africain bénéficiaire d’IED, malgré un recul des investissements de 8 %, à 6,8 milliards de dollars.

Au Maroc, les entrées d’IED ont augmenté de 36 % et se sont élevées à 3,6 milliards de dollars, sous l’impulsion d’investissements importants dans les secteurs financier et automobile.

Afrique subsaharienne et Afrique australe

En Afrique subsaharienne, les entrées d’IED ont progressé de 13 %, à 32 milliards de dollars, amorçant un rattrapage après une série de contractions au cours des deux dernières années.

La plus forte reprise est observable en Afrique australe, qui a attiré 4,2 milliards de dollars après un désinvestissement net de 925 millions de dollars l’année précédente.

En Afrique du Sud, les entrées d’IED ont plus que doublé et atteint 5,3 milliards de dollars, mais cette augmentation résultait dans une large mesure de transferts intragroupe par des investisseurs établis dans le pays.

En Angola, les flux d’IED sont restés négatifs (-5,7 milliards de dollars), principalement en raison des transferts de fonds effectués par des entreprises pétrolières et gazières à leur société mère par la voie de prêts intragroupe.

Afrique de l’est

En Afrique de l’est, la région du continent à la croissance la plus rapide, les entrées d’IED sont restées stables, à 9 milliards de dollars.

L’Éthiopie a été le principal pays bénéficiaire de la région, malgré un recul des entrées d’IED de 18 %, à 3,3 milliards de dollars.

Au Kenya, les entrées d’IED ont bondi de 27 %, à 1,6 milliard de dollars, grâce aux investissements réalisés dans différents secteurs, notamment les secteurs manufacturier, hôtelier, chimique, pétrolier et gazier.

Afrique de l’ouest

En Afrique de l’ouest, les entrées d’IED ont reculé de 15 %, à 9,6 milliards de dollars, en grande partie parce que les investissements au Nigéria ont été réduits de 43 %, à 2 milliards de dollars.

Au Ghana, on constatait également une baisse des IED, bien que plus modérée (‑8 %), à 3 milliards de dollars.

Perspectives

Si les entreprises multinationales des pays en développement étendent leurs activités en Afrique, les investisseurs des pays développés restent les maîtres du jeu.

D’après des données allant jusqu’en 2017, la France est le principal pays de provenance des investissements réalisés en Afrique, même si les montants concernés n’ont guère évolué depuis 2013. Elle est suivie par les Pays-Bas, les États-Unis, le Royaume-Uni et la Chine.

La progression de la demande et, par voie de conséquence, des prix des produits de base, dont l’Afrique est l’un des principaux producteurs, devrait soutenir les flux d’IED à destination du continent en 2019.

Une intégration régionale plus poussée, grâce à la ZLEAf, peut aussi attirer de nouveaux investissements.

Les investissements dans l’industrie manufacturière et les services devraient se maintenir, mais seulement dans quelques pays d’Afrique du nord et d’Afrique australe et dans les nouveaux pôles manufacturiers d’Afrique de l’est.

Des perspectives étayées par le développement des zones économiques spéciales

Les zones économiques spéciales, qui se multiplient, pourraient devenir un autre facteur d’attraction des investissements dans les prochaines années.

On recense 237 zones économiques spéciales en Afrique, dont certaines sont encore en construction, et plus de 200 zones créées pour une seule entreprise (points francs).

Les zones économiques spéciales sont présentes dans 38 des 54 pays africains, le Kenya étant le pays qui en compte le plus grand nombre (61).

Les trois plus grandes puissances économiques du continent (Nigéria, Afrique du Sud et Égypte) ont toutes des programmes de zones économiques spéciales bien développés.

Beaucoup de pays plus petits ont seulement établi les cadres applicables à ces zones au cours des dix dernières années, et en comptent généralement un moins grand nombre.

Grâce au renforcement de la coopération régionale, il sera possible de mener à bien des projets plus ambitieux de zones transfrontières et régionales.

En 2018, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire et le Mali ont mis en place une zone économique spéciale dans les régions jouxtant leurs frontières communes. De même, l’Éthiopie et le Kenya ont récemment fait part de leur intention de transformer la région de Moyale en une zone de libre-échange transfrontalière.

Figure 1 - Entrées d’IED en Afrique : Les cinq premiers pays bénéficiaires
(En milliards de dollars)
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Source : CNUCED, World Investment Report 2019.

Figure 2 - Pays qui investissent le plus en Afrique, 2013 et 2017
(En milliards de dollars)
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Source : CNUCED, World Investment Report 2019.
Note : Ces chiffres se fondent sur les données relatives aux stocks d’IED des pays partenaires.


Figure 3 - Afrique : Pays ayant le plus grand nombre de zones économiques spéciales, 2019
(Nombre de zones)
PR19016f3_fr.jpg



Source : CNUCED, World Investment Report 2019.


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