COMMUNIQUÉ DE PRESSE
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Faits et chiffres

EMBARGO
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19 novembre 2019, 18:00 à Genève

UNCTAD/PRESS/IN/2019/003
Geneva, Suisse, (19 novembre 2019)

Rapport 2019 sur les pays les moins avancés : Le financement extérieur du développement, aujourd’hui et demain – Dépendance persistante, difficultés nouvelles

Faits et chiffres principaux du Rapport 2019 sur les pays les moins avancés, publié par la CNUCED aujourd'hui.

Transformation structurelle, objectifs de développement durable et financement extérieur du développement

  • Les PMA génèrent à peine 1 % du PIB mondial et leur participation à l'économie mondiale reste marginale. Pourtant, ils représentent plus de 13 % de la population mondiale.
  • Les pays les moins avancés (PMA) sont tributaires d'un financement extérieur important. En 2015-2017, le déficit de ressources (défini comme la différence entre l'épargne intérieure et la formation brute de capital fixe) dans l'ensemble des PMA représentait en moyenne 8% du produit intérieur brut (PIB). Pour près de la moitié des PMA, les déficits de ressources étaient supérieurs à 15 % du PIB.
  • Le financement devant être mis à la disposition des pays en développement conformément au Programme d'action d'Addis-Abeba ne s'est pas concrétisé. En revanche, le total des financements extérieurs a diminué de 12 % en termes réels entre 2013 et 2016.
  • Les recettes d'exportation (de biens et services) des PMA ont augmenté à un taux moyen de 2,7 % par an entre 2010 et 2017.
  • La croissance des exportations des PMA a été dépassée par celle des importations de marchandises, qui ont été multipliées par 3,5 depuis 2000.
  • Les entrées d'investissements étrangers directs (IED) dans les pays en développement en 2018 ont été inférieures de 3 % à celles de 2015. Les PMA ont enregistré une contraction encore plus forte, à 37 %, au cours de la même période.
  • Pour les PMA, la transformation économique structurelle est une condition à la fois d’échapper à la dépendance à l'égard de l'aide et de réaliser le droit au développement par la quête du développement durable.

Les flux publics et l'évolution des conditions de l'aide au développement

  • La plupart des membres du Comité d'aide au développement (CAD) de l'OCDE n'ont toujours pas respecté l'engagement pris par les donateurs d'allouer l'équivalent de 0,15 à 0,20 % de leur revenu national brut (RNB) à l’aide aux PMA. Cet engagement remonte à 1981 et a été réaffirmé dans la cible 17.2 des objectifs de développement durable.
  • Si les donateurs avaient honoré leur engagement en 2017, les PMA auraient reçu 33 à 58 milliards de dollars supplémentaires. Cela signifie un déficit considérable de financement externe du développement pour les ODD.
  • Pour la plupart des PMA, les décaissements au titre de l'aide publique au développement (APD) ont augmenté à un rythme plus lent dans le cadre du Programme d'action d'Istanbul (2011-2020) - 2 % par an - par rapport à la décennie du Programme d'action de Bruxelles (2001-2010), où ils avaient augmenté à 7 % par an.
  • En 2017, le total des flux officiels vers les 47 PMA est estimé à 54,4 milliards de dollars en décaissements bruts, ce qui éclipse à la fois l'investissement étranger direct et les envois de fonds, et confirme la prominence de l'APD comme source de financement extérieur pour les PMA.
  • Depuis 2003, l'accélération de la croissance économique dans les PMA s'est traduite par une diminution constante du poids relatif des flux d'aide dans leurs sources de financement du développement. En 2017, le ratio de l'APD par rapport au RNB dans l'ensemble des PMA était de 7 %, contre 13 % en 2003.
  • Les modalités de l'APD favorisent de plus en plus l'aide liée ; elles représentent en moyenne 15 % du total des engagements bilatéraux des donateurs du CAD entre 2016 et 2017. Certains donateurs déclarent que jusqu'à 40 % de leur aide est liée. Jusqu'à 65 % des contrats sont généralement attribués à des entreprises du pays donateur, la pratique consistant à lier l'aide de manière "informelle" est répandue.
  • Plus de 25 % des décaissements d'APD en faveur des PMA prennent la forme de prêts, en particulier pour financer des investissements dans les secteurs productifs.
  • L'encours total de la dette extérieure des PMA a plus que doublé entre 2007 et 2017, passant de 146 à 313 milliards de dollars.
  • Dans certains PMA actuellement en situation de surendettement ou à haut risque de surendettement, le poids des prêts dans le total des décaissements d'APD a augmenté de plus de 15 points de pourcentage, alors que les dons n'ont augmenté que de 1 ou 2 points de pourcentage par an en termes réels entre 2010 et 2012.

Coopération privée au développement

  • Dans le cadre de l'engagement international de générer des fonds supplémentaires pour atteindre les ODD, les pays donateurs ont lancé une nouvelle génération d'actions de développement menées par le secteur privé en 2014, donnant à leurs institutions de financement du développement la responsabilité première d'aider le secteur privé à entreprendre une coopération au développement. Dans l'immédiat, il est préoccupant de constater que cette pratique n'est pas alignée sur les principes reconnus de l'efficacité du développement.
  • L'utilisation d'instruments du secteur privé soutenus par l'APD dans la coopération au développement conjugue l'APD avec le financement commercial et les stratégies d'investissement. Compte tenu de la prévalence de l'aide liée, l'appui au secteur privé par l'APD renforce les intérêts commerciaux stratégiques des pays donateurs.
  • Il n'existe toujours pas de définitions universellement acceptées de nombre des concepts liés à l'engagement du secteur privé et à leur application dans la coopération au développement. Par conséquent, la compréhension de l'engagement du secteur privé dans la coopération au développement est superficielle dans les PMA.
  • La répartition des fonds collectés grâce à l'engagement du secteur privé est inégale et concentrée dans quelques pays. Les trois premiers bénéficiaires (Angola, Sénégal et Myanmar) représentaient près de 30 % de l'ensemble des financements privés supplémentaires et les 10 premiers pays près de 70 %.
  • De 2012 à 2017, les organisations multilatérales ont fourni la plus grande part (52 %) des flux de capitaux mobilisés par le secteur privé pour le développement dans les PMA. Les donateurs bilatéraux ont contribué à hauteur de 47 % aux investissements du secteur privé.
  • Jusqu'à 36 PMA ont reçu des apports supplémentaires de capitaux privés entre 2012 et 2017. Cependant, ils n'ont pas tous obtenu des financements supplémentaires chaque année. Jusqu'à 30 % des PMA n'attirent pas de capitaux privés supplémentaires tous les ans. Cela souligne le fait que les capitaux privés (même lorsqu'ils sont soutenus par l'APD) ne représentent pas une source viable de financement du développement pour de nombreux PMA et constituent une source imprévisible pour la majorité.
  • Les garanties d'investissement (qui ne sont pas actuellement évaluées en tant qu'APD dans le cadre de la nouvelle génération d'actions de développement menées par le secteur privé par les donateurs) restent l'instrument le plus demandé par les investisseurs privés dans les PMA.
  • Les investisseurs privés ciblent les secteurs générateurs de recettes dans les PMA, tels que l'énergie, les télécommunications et les services bancaires et financiers.
  • Au fur et à mesure que de nombreux nouveaux acteurs, y compris le secteur privé, gagnent en importance et en influence dans l'action de développement autour des ODD et dans la formulation des politiques de développement mondiales et nationales, les gouvernements des PMA sont confrontés au défi d'éviter une relégation totale à un rôle de spectateur.

Dépendance à l'égard du financement extérieur du développement, marge de manœuvre budgétaire et du manque d'alignement sur les plans de développement nationaux

  • L'investissement privé stimule l'activité économique, mais nécessite des investissements publics complémentaires substantiels dans les PMA. La plupart des PMA sont confrontés à des déficits budgétaires à long terme, ce qui témoigne d'une faiblesse persistante des recettes, mais aussi d'une augmentation des dépenses consacrées aux biens et services publics. De 2000 à 2017, la dette publique intérieure a dépassé l'APD dans 40 % des PMA.
  • Les recettes fiscales des PMA sont passées d'une moyenne de 11 % du PIB en 2000 à 19 % en 2017, soit au-dessus du seuil minimum de 15 % généralement considéré comme nécessaire pour soutenir une croissance et un développement durables.
  • De nombreux PMA ont des assiettes fiscales étroites et très sensibles aux chocs négatifs, ce qui entraîne des périodes d'expansion et de contraction de la marge de manœuvre budgétaire. Les déficits budgétaires se sont creusés, passant d'une moyenne de 1.8 % du PIB en 2013 à 3.6 % en 2018.
  • Les PMA doivent continuer d'améliorer l'efficacité fiscale et les efforts de recouvrement, mais les faibles progrès réalisés dans la transformation structurelle limitent l'élargissement de l'assiette fiscale et limiteront tôt ou tard tout progrès ultérieur dans la mobilisation des recettes intérieures.
  • L'exposition des PMA à l'évasion fiscale et à la sortie de flux de capitaux illicites par les entreprises multinationales était estimée à 36-115 % des recettes fiscales en 2018. D’autres facteurs qui réduisent le potentiel fiscal dans les PMA sont la faiblesse des institutions et des politiques, l'importance du secteur informel, l'évasion fiscale et la corruption.
  • En 2017, seulement 32 % des initiatives des donateurs avaient des objectifs directement tirés des plans nationaux de développement. La plupart de l'aide est fournie par l'intermédiaire de structures parallèles des donateurs qui tendent à affaiblir la complémentarité entre le financement extérieur et l'effort fiscal national. Les structures parallèles détournent également des ressources des priorités nationales planifiées.

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T: +41 22 917 5828
T: +41 79 502 43 11
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